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vendredi 26 novembre 2010

Entretien avec le professeur Henri Atlan : « Il faut se méfier non seulement du mensonge, mais aussi des puristes. ».



Par Véronique Anger-de Friberg pour Les Di@logues Stratégiques (interview réalisée le 22 octobre 2010)


Rencontre avec le professeur Henri Atlan, un esprit libre, un homme engagé et inclassable, qui porte un regard sans concession sur la place de l’éthique dans notre monde moderne, mais aussi sur nos leaders, notre élite intellectuelle et scientifique, trop souvent adeptes de la fraude verbale et de la dénaturation du langage pour imposer leur volonté ou leurs idées.


Dans la lignée des grands scientifiques humanistes, opposé aux dogmes et idéologies, le Professeur Atlan nous invite à partager sa passion et son immense curiosité pour la science et la philosophie. Dans ses deux derniers livres (De la fraude. Le monde de l’Onaa, Seuil. 2010 et La philosophie dans l’éprouvette avec Pascal Globot, Bayard, 2010), il livre ses interrogations, ses révoltes ou ses réflexions sur la place de l’éthique dans la science et la société. Il dénonce aussi le recours de plus en plus systématique au mensonge qui aboutit aujourd’hui, dans une relative indifférence, au règne de la désinformation et de la propagande.


Médecin biologiste, chercheur en biologie cellulaire et en immunité engagé dans la lutte contre le sida, ancien chef de biophysique à l’hôpital de l’Hôtel Dieu, pionnier des théories de la complexité et de l’auto-organisation du vivant, écrivain, Henri Atlan*, est tout cela à la fois. Homme de sciences, philosophe, il a été membre du Comité consultatif national d’éthique pour les Sciences de la vie et de la santé de 1983 à 2000, professeur émérite de biophysique, directeur du centre de recherche en biologie humaine de l'hôpital universitaire Hadassah à Jérusalem, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, il est l’un de ces penseurs phare au savoir interdisciplinaire qui ont illuminé leur siècle.


Depuis sa jeunesse, le Professeur Atlan étudie les textes grecs anciens, les grands mythes de la Kabbale et du Talmud pour trouver des réponses à ses questions philosophiques ou existentielles, dont beaucoup sont nées de son histoire personnelle liée à la Seconde Guerre mondiale. Il s’inspire également des grands philosophes occidentaux (Kant, Nietzsche, Bergson, Wittgenstein, Spinoza,…) tout en s’initiant à la littérature hindoue… Dans les années 1980, il se passionne pour Spinoza qu’il considère dès lors comme « le philosophe le plus adéquat dans l’état actuel des sciences ».


Véronique Anger : « Dans vos deux derniers livres, La philosophie dans l’éprouvette et Le monde l’Onaa, vous déplorez que la science soit « contaminée par l’industrie du mensonge ». Qu’entendez-vous par là ?

Pr Henri Atlan : Je fais allusion entre autres à la pénétration des techniques de communication et de marketing dans la transmission de l’information scientifique au grand public, qui avait déjà été dénoncée par un rapport du Comité National d’Ethique il y a presque 20 ans et qui n’a fait que s’amplifier depuis.


VA : Vous critiquez aussi la vision trop « informatique » de certains biologistes, pour qui le programme ADN est la réponse à toutes les questions.

Pr HA : C’est une vieille histoire. En ce qui me concerne, cette réflexion a commencé à l’époque des grandes découvertes de la biologie moléculaire et de l’interprétation de ces découvertes en termes de « programme ». L’idée selon laquelle un programme serait écrit (au sens littéral) dans la séquence ADN m’a toujours semblé approximative. Il ne s’agit pas là bien sûr de mensonge, mais de facilité dans l’usage d’un langage métaphorique. Cette métaphore est trompeuse, mais elle a eu un effet extraordinaire dès lors que de nombreux biologistes l’ont eux-mêmes prise au sérieux ! Aujourd’hui encore, cette idée persiste dans le grand public, mais la plupart des biologistes ont réalisé que cela ne fonctionnait pas de cette façon, ne serait-ce que parce que les analyses des génomes censées confirmer la réalité de cette métaphore en ont, au contraire, montré les limites.


VA : Vous critiquez aussi la confusion entre la valeur heuristique des modèles informatiques de systèmes complexes et le statut de vérité scientifique établie qui leur est trop souvent accordé.

Pr HA : Cette question des modèles est directement reliée au débat sur le réchauffement climatique[1]. Je ne suis pas un spécialiste du climat, mais je sais que le climat est une affaire complexe et fait intervenir de nombreux paramètres. Je sais également, pour avoir travaillé sur la modélisation de systèmes complexes en biologie, que tous les systèmes complexes (en particulier si on ne peut pas les expérimenter) ont cette propriété de présenter des modèles sous-déterminés par rapport aux observations. En d’autres termes, le problème n’est pas de réaliser un bon modèle ; le problème est qu’il existe trop de bons modèles capables d’expliquer les mêmes observations.

J’ai constaté cette sous-détermination des modèles à l’époque où je faisais de la modélisation de systèmes immunitaires. Pourtant, les systèmes biologiques présentent l’avantage, par rapport aux systèmes écologiques ou climatiques, d’autoriser quelques expériences suggérées par les modèles et permettant éventuellement d’en éliminer certains.

L’intérêt des modèles se limite, le plus souvent, à suggérer de nouvelles expériences, mais dans le cas des recherches sur le climat ou sur une niche écologique, il n’y a pas d’expérience possible pour trancher entre différents « bons » modèles, et les scientifiques qui utilisent des modèles en connaissent parfaitement les limites. J’ai participé à une réunion rassemblant des mathématiciens, des informaticiens et des physiciens qui créaient des modèles pour la biologie. Tous étaient parfaitement conscients du fait que leurs modèles étaient bons du point de vue du modélisateur puisqu’ils expliquaient des phénomènes connus, mais tous s’accordaient aussi à dire qu’ils ne décrivaient pas forcément la réalité et qu’il fallait réaliser des expériences pour tenter de réduire leur sous-détermination.


VA : Que pensez-vous de la biologie de synthèse qui prétend recréer le vivant ? Je pense notamment à cette expérience menée par les chercheurs américains de l’institut Venter largement médiatisé en mai dernier[2].

Pr HA : Premièrement, que veut dire « créer le vivant » ? Ce qui est actuellement faisable, c’est un développement de la biologie moléculaire, des techniques de transgénèse. On est capable d’insérer un gène d’origine étrangère dans un organisme, par exemple à partir d’une bactérie et de l’insérer dans une souris.

Dans le cas que vous évoquez, des gènes d’origine étrangère ont été synthétisés. Qu’est-ce que ça signifie « synthétisés » ? Il s’agit de morceaux d’ADN qu’on a collés les uns aux autres. Cela ne veut pas dire « synthétiser le vivant », mais synthétiser des molécules d’ADN qui deviendront fonctionnelles si on arrive à les faire entrer dans le génome d’un organisme ou comme ici de remplacer le génome d’une bactérie par cet ADN synthétique. Ce type d’expérience n’est que la conséquence de la continuité déjà établie par la biologie moléculaire entre le non-vivant et le vivant.

La vie n’existe pas en tant que notion explicative… Vous voyez, ce n’est pas la vie qui fait que quelque chose est vivant. Un organisme est vivant, cela veut dire qu’il possède un certain nombre de propriétés que n’ont pas les non-vivants, mais ces propriétés-là sont toutes liées à telle ou telle propriété ou à un ensemble de propriétés d’un ensemble de molécules par exemple. Manipuler ces structures-là devient possible au fur et à mesure que nous les connaissons. Mais cela ne signifie pas que nous avons réussi la synthèse de la vie ou que nous avons créé la vie, comme il a été rapporté par tous les médias, comme si la vie était quelque chose de très mystérieux et donc de sacré en tant que tel. Il y a là confusion entre nos expériences de vécu plus ou moins subjectives et la vie comme ensemble de phénomènes objets des sciences biologiques. Contrairement à ce qui était autrefois le cas, on sait aujourd’hui fabriquer des objets artificiels vivants. Il ne s’agit pas là de synthèse de « la vie ». Je ne serais pas étonné outre mesure que des chercheurs parviennent un jour à fabriquer une cellule. Pour le moment, on en est encore très loin. Ce qui a été fait et annoncé comme étant la « synthèse de la vie » (et le résultat de l’aboutissement de dix années de recherche) n’est en réalité que la synthèse d’un ADN fonctionnel avec son insertion réussie dans une bactérie. Il s’agit bien de la fabrication d’un organisme vivant artificiel et cela semble toujours choquant parce que le public n’y est pas encore habitué. Des techniques assez compliquées permettent à une bactérie de lire cet ADN et de l’exprimer, voilà tout ! Il s’agit seulement d’effets d’annonce. Quand on fabrique une souris transgénique en ayant transféré un gène humain dans la souris, on n’a pas pour autant « humanisé » la souris ainsi qu’on le trouve parfois publié dans des revues scientifiques. Cette confusion provient d’une mauvaise approche philosophique des avancées de la biologie moléculaire. Une approche essentialiste, qui consiste à vouloir absolument localiser quelque part l’essence de la vie, l’essence de l’humain. Certains veulent la localiser dans les gènes qui ne sont que des molécules évidemment pas vivantes en elles mêmes. Il faut accepter des définitions évolutives non essentialistes : ce qui n’est pas vivant peut devenir vivant, ce qui n’est pas humain peut le devenir, etc.


VA : Votre livre, De la fraude. Le monde de l’Onaa, traite notamment du rapport que les individus entretiennent avec la vérité. Vous évoquez la recherche d’un juste milieu entre vérité absolue et mensonge systématique (l’Onaa étant entre les deux, un quasi-mensonge ou une quasi-vérité… et donc une tromperie). Il s’agit donc, si j’ai bien compris, de trouver un juste équilibre entre la vérité pure et le mensonge systématique, entre l’inacceptable et le tolérable. Vous dénoncez la « fraude verbale », la dénaturation du langage (l’euphémisation et « la perversion des mots »), « la guerre de la propagande » et ce que vous appelez « la magie verbale » à des fins de manipulation. Pensez-vous que cette dérive, de plus en plus répandue et acceptée avec résignation aujourd’hui, représente une menace pour notre démocratie ?

Pr HA : Contrairement à ce que je croyais, et à ce que beaucoup de personnes croient encore, la propagande n’a pas été inventée par Goebbels, mais par Edward Bernays[3], dans la grande démocratie américaine au début du XX° siècle ! Il est incontestable que les techniques de propagande trouvent un terreau fertile dans nos démocraties et qu’elles vont se développer de plus en plus grâce à la publicité, à la communication professionnalisée, aux moyens de communication et à internet, ainsi que Bernays l’avait annoncé. Aujourd’hui, ce qui, normalement, devrait être de l’information est presque immédiatement transformé en communication et orienté de manière à servir tel ou tel intérêt commercial, politique ou autre. C’est effectivement un enjeu pour la démocratie, et je ne suis pas le premier à dénoncer cette dérive. Certains, comme Noam Chomsky qui a beaucoup écrit à ce sujet, pointent du doigt le caractère « non démocratique » de l’usage de ces informations concernant la communication. Selon Chomsky, « La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures[4] ». Cela est absurde car, contrairement aux démocraties, le régime totalitaire c’est à la fois la violence et la propagande.

La propagande d’un régime démocratique est régulée par quelques garde-fous… ne serait-ce que par les contre-propagandes. Cela ne signifie pas pour autant que la vérité va éclater. Même si on peut regretter que « le ver soit dans le fruit » dans la démocratie, malgré tout, la démocratie vaudra toujours mieux qu’un régime totalitaire où la « guerre des propagandes » n’est pas possible. Ceux qui pensent le contraire ont peut-être, comme Chomsky, la nostalgie d’une vérité pure et absolue. Selon eux, s’il n’y a pas de vérité absolue, comme c’est le cas dans les démocraties, alors tout est « pourri », bon à jeter, et la démocratie ne vaudrait donc guère mieux qu’un régime totalitaire… ce qui est faux évidemment. Il faut se méfier non seulement du mensonge, mais aussi des puristes !


VA : Dans la plupart de vos livres, vous vous référez à la tradition juive et au Talmud pour illustrer vos propos et expliquer le cheminement de votre pensée sur les grandes problématiques actuelles. Etes-vous croyant?

Pr HA : Il se trouve que mon intérêt pour la philosophie a commencé quand j’étais très jeune, au moment où je démarrais en parallèle des études de médecine et de biologie. Je me suis intéressé aux textes de la tradition hébraïque ancienne pour des raisons personnelles liées à mon expérience de la Seconde guerre mondiale. Je ne l’ai pas vécue de manière dramatique en comparaison à ce que les Juifs ont vécu en Europe puisque je vivais en Algérie et, fort heureusement, les Allemands ne nous ont pas occupés grâce à nos alliés anglais et américains. Il n’en reste pas moins que pendant deux ans, nous avons vécu sous le régime des lois antisémites de Vichy. J’avais 10 ans et, en grandissant, je me suis posé des questions. J’ai commencé à étudier ces textes qui continuent à me servir de sources d’inspiration de nature critique, philosophique, juridique, en association avec les autres grands textes de la philosophie occidentale, grecque notamment. Et à votre question « Etes-vous croyant ? », je vous réponds : croyant en quoi… ?


VA : Dans ce cas permettez-moi de terminer sur cette citation, extraite de votre livre Le monde de l’Onaa : « La notion de Parole ou d’Écriture révélée ne peut se comprendre que si elle est athée »…


*Le Professeur Henri Atlan est l’auteur de nombreux ouvrages dont les plus connus sont : Entre le cristal et la fumée (Seuil. 1979), Les Étincelles de hasard (Seuil. 1999, 2003), L’Utérus artificiel (Seuil. 2005), Les chemins qui mènent ailleurs (avec Roger Pol Droit. Stock. 2006), Les frontières de l’humain (avec François de Waal. Le Pommier/Cité des Sciences. 2007) et, plus récemment De la fraude. Le monde de l’Onaa (Seuil. 2010) ou La philosophie dans l’éprouvette (Bayard, 2010. Texte recueilli à partir des entretiens filmés à Paris et à Jérusalem par Pascal Globot dans son documentaire « Rencontre avec Henri Atlan ».). Son prochain titre, Qu’est-ce que l’auto-organisation ? (Odile Jacob) est annoncé pour 2011 et fera immanquablement l’objet d’une recension par votre serviteur...


Pour aller plus loin :

- Comité consultatif national d’éthique (CCNE) pour les Sciences de la Vie et de la Santé

- L'École des hautes études en sciences sociales (EHESS).



[1] Lire l’article du Pr Atlan publié le 27 mars 2010 dans Le Monde, « La religion de la catastrophe ».

[2] En mai 2010, l’équipe de chercheurs dirigée par le généticien américain Craig Venter, fondateur de l’Institut Venter, a annoncé avoir fabriqué le premier génome synthétique d’une bactérie et ainsi réussi à « créer le premier organisme vivant artificiel ».


[3]Edward Bernays, spécialiste des relations publiques, et co-inventeur avec Willy Münzenberg de ce système de domination et de manipulation méthodique des masses via les médias de masse. La propagande, mise au service du capitalisme américain dans les années 1920, inspirera Joseph Goebbels dix ans plus tard avec le succès que l’on sait…


[4] In La fabrique de l’opinion publique (éditions Le Serpent à Plumes, 2003. Titre original Manufacturing Consent).

mercredi 31 mars 2010

400 scientifiques français appellent à un Ordre Nouveau de la Science pour le salut des générations futures. "Que nul n'entre s'il n'est pas géomètre


"Un commentaire à l’article de Véronique Anger ("Galilée convoqué par le Saint-Office") par une certaine Virginie – quelle époque, où les scientifiques se cachent derrière des pseudos- me fait rebondir sur un autre, celui de Christian Delacroix ; alors que je ne suis pas habitué à la mêlée, ni ne suis en période de promotion d’un nouveau roman (je soupçonnais là une remarque possible d’un gentil contributeur…).

La, maintenant connue, pétition, et sa réponse (oui, d’accord, un écrivain peut être l’époux d’une journaliste), me sont apparus soudain comme dans une pièce de la tragédie grecque, pour ce qu'ils sont, et surtout pas le combat pro-domo ou contre le réchauffement anthropique. Cette pétition est la conclusion du lent mouvement de paupérisation culturelle des scientifiques français, séparés de la Cité par la recherche du/des crédits politique(s), fonctionnarisés par la Nation, déçus de n'avoir pas la mission nobélisée de sauver les générations futures, seuls.

Il est question dans le texte principale -celui publié avant que Véronique n'en lance la lecture publique, le faisant résonner jusqu'à l'Élysée comme un poisson de Premier avril- d’éthique scientifique et de ses contrevenants, nommément cités. Les signataires nous proposent une profession de foi en trois points sur l'oeuvre satanique de l'homme, manipulateur de la Nature et demandent que soient soumis au contrôle de la majorité –non pas la probité, ni la validité- toutes les voies de recherches contestataires de cette science balbutiante dont on veut nous faire croire qu’elle s’appelle « science du climat », alors qu’elle n'est que le reflet compliqué de la somme totale de ce que les présocratiques et Aristote nomment l’étude contradictoire des phénomènes naturels.

Je rappelle que le physiologoï qu’est Hippocrate ou Thalès se permet une approche globale des lois gouvernant le monde et en appelle à toutes les disciplines pour en comprendre sa mécanique. Il est mathématicien ou philosophe, il observe et tente de reproduire par la démonstration et la réplication. Il refuse aux "sens" de le tromper. Jusqu'à ce que je comprenne que j'étais en dehors de "leur" vérité, je pensais qu’un mathématicien, un historien, un géologue, tout expert dans sa spécialité, entrant volontairement dans la discussion climatologique n’avait pour moi -celui qui observe- aucune « illégitimité » et rassurait plutôt mes « sens » citoyens.

Ma surprise du matin, est conséquente au commentaire de cette inconnue -que son adresse IP porte vers des terres connues de la controverse, une filiale du CEA- que tous, de la journaliste, le scientifique non « légitimé » par ses pairs, le citoyen, disons, même, un simple écrivain comme moi, ne puissent s’immiscer dans la réflexion sur l’un des sujets principaux de notre vie planétaire. Dont acte.

Il n’y aurait donc plus qu’un seul bon camp « légitime », les prêtres et leurs disciples baptisés. Ce seraient les ONG validées par le corps scientifique du GIEC, les auteurs et acteurs favorables à l’épilation à froid comme message planétaire, les chanteurs – Attention , je n’ai pas parlé de ceux qui ne paient pas leurs impôts et se cachent dans des paradis fiscaux – et tous les « bons » citoyens qui diffusent la parole cataclysmique de la fin du monde, celle qui prévient les générations futures de l'imminence des mètres d’eau salant tous les verres de Bourbon du monde riche et civilisé et de son envers infernal de tonnes de sables asséchant les rizières des populations déjà affamées. Tous ceux qui n’ont pas le badge offert par Al Gore après le séminaire de crétinisation doivent continuer à diffuser « La mauvaise foi et les erreurs criantes (qui) n'ont pas leur place dans les journaux scientifiques soumis à la relecture par les pairs (mais) malheureusement, (qui) trouvent leur place dans les médias » (sic).

Laissons-nous donc porter vers ceux qui essayent de dénaturer ce terrible terme de négationnisme en oubliant que le corps scientifique sans éthique ni contrôle citoyen a permis l’Inquisition et les tests « in-vivo » du docteur Mengele. Pourtant, leur discours autour du CO2, « nos usines nucléaires rejettent moins de CO2 que nos forêts » promeut non seulement d’autre lobbies que le tout puissant monde du pétrole (vade retro !) mais surtout la décroissance, vieille rengaine des années soixante-dix, qui a conduit au retour à la nature et aux bons airs de la campagne, nos riches enfants intellos jusqu'aux fermes du Larzac, avant de les faire revenir à la capitale pour terminer Science Po. Pour les autres de cette génération -les plus pauvres et les oubliés- ce furent les champs de PolPot et de Mao.

Le mauvais bourgeois est donc de retour ! Il est partout ! Entrez chez lui pour lui couper l’eau chaude ! Coupez-lui la tête, bonnes gens ! Il est le mal incarné quand il veut « des oranges en hiver venues de l'autre bout du monde ? Trois voitures chacun ? Un 4x4 capable de monter à 250 km/h pour aller acheter du pain à l'autre bout de la rue ? ». (Reprends un peu de ce Bourgogne, ma Chérie, je l’ai eu en contrebande). Nous l’avons entendu de la bouche du ministre français, réduisant la discussion écologique au « Allez ! Continuez à consommer 15 litres aux cent ! ». Sous-entendu, l’État français n’a jamais empêché la vente des véhicules électriques, l’émission des magiques « cartes grises » permettant un marché secondaire, ni la libéralisation de l’énergie électrique pour tous, solaire ou éolien. Là on touche à la richesse de notre industrie nationale. Quand il veut vivre libre et fumer son cigare en paix, chauffé au solaire en attendant que les états veuillent bien lui offrir cette énergie verte dont il rêve, le bourgeois nouveau doit battre sa coulpe en plus de le payer avec les dollars qu’il a eu un « mal » fou à gagner.

En cette période d'après Carême catholique, voici donc revenue la notion scientifique de l'éthique envisagée par la civilisation chrétienne du haut moyen-âge et dont s’inspirent tous les systèmes totalitaires. Une éthique « pour le seul bien des générations futures » qu'on voudrait contrôlée par l’État, quand il nous est favorable dogmatiquement, sous excuse de « validation », une éthique scientifique qui n’appartiendrait qu’au monde scientifique.

Je suis pourtant un écologiste convaincu, qui connait mieux la vie sous-marine qu’un Le Treut ou une Delmotte (j’hésite à lâcher une méchanceté sur la dame, mais la lecture de ses publications pour les enfants me fait furieusement penser aux publications soviétiques enfantines montrant le futur paradis communiste –un blond au torse puissant- désignant du doigt le présent bourgeois –un petit malingre avec un gros nez- ), j’observe et je constate que l’opinion change. Plus personne n’accepte qu’on continue à jouer du « légitime » pour un Al Gore et un Harisson Ford, un Hulot ou un Artus-Bertrand, un Kempf ou un Foucard, et d’un illégitime pour un scientifique Courtillot ou un Allègre, un Serge Galam ou tout autres scientifiques, ainsi que de n’importe lequel de ces dizaines de milliers de chercheurs de tous horizons qui se découvrent en désaccord avec le grand montage scientifique de la décroissance des pays riches. Oui, mais là, les budgets, ceux qui se réduisent après le fiasco de Copenhague, ne peuvent être donnés à tous… Zut, j’ai mis le doigt sur la plaie ouverte de la climatologie contemporaine.

Allons, revenons aux fondamentaux. Rappelons qu’il n’y a « science sans conscience », comme le rappelle l’excellent rapport de l’UNESCO cité par Véronique, que la dialectique contradictoire, le "dianoia" grec, est l’essence de la recherche scientifique. Félicitons le directeur de l'académie des sciences qui répond aux pétitionnaires que "la science n'est pas l'éco-religion punitive".

J’aime beaucoup la dispute qu'il y eut chez les philosophes et les traducteurs classiques autour de l'avertissement gravé sur le fronton de l'Académie d’Athènes. Il fut longtemps traduit par les moines de notre culture chrétienne en une interdiction de penser, adressée aux non-scientifiques : «Que nul n’entre s’il n’est géomètre ». Il doit pourtant être pris au sens passif du "geômetrètos", « qui peut être objet de géométrie ».

Le texte de Véronique Anger, tout comme l'avertissement gravé par les Athéniens, n'est pas adressé à ceux qui sont ou ne sont pas "géomètres", ces "légitimés" de la bonne conscience décroissante. Je le reçois comme la réponse à tous ceux, les inquisiteurs et les étroits d’esprit, qui ne voudront pas s’ouvrir à l’esprit même de la "géométrie", c’est-à-dire : partager les sciences et les connaissances pour le seul bien commun.".

Patrick de Friberg

(article également en ligne sur Le Post).


Patrick de Friberg est écrivain (thrillers et romans d'espionnage). Il a publié Passerelle Bankovski (JML éditeur, 2005), Homo Futuris et Exogènes (Des idées et des Hommes, 2007), Dossier Déïsis (Le castor astral, 2009), Le Représentant (Alibis, 2010), ... Plus d'infos.

Climat : l'appel à la censure" de la bande des XIII...

Quand les chercheurs français du GIEC appellent à la censure des "hérétiques"...

lundi 29 mars 2010

CLIMATO-SCEPTICISME : Galilée convoqué devant le Saint-Office ?



Les scientifiques climato-sceptiques seront-ils contraints, comme Galilée en 1633, d’abjurer à genoux la formule prévue par le Saint-Office ? Devront-ils faire eux aussi leur profession de Foi et déclarer sur les Saints-Evangiles du « réchauffisme » qu’ils jurent qu’ils tiennent, et tiendront toujours pour vrai, avec l’aide du dieu écolomaniaque, tout ce que la Sainte Eglise affirme, présente et enseigne ? Décidément, l’écologie est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls écologistes surtout s’ils sont climatologues*…

Au nombre des « scientifiques compétents en sciences du climat » (pour reprendre les termes consacrés) signataires de l’appel initié par la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, citons les plus médiatisés, le climatologue Hervé Le Treut et le climatologue et géochimiste Jean Jouzel. « Anti-sceptiques » virulents(1), Le Treut, Jouzel et Masson-Delmotte sont tous membres du Groupe International d’Experts Intergouvernemental (le fameux GIEC). Plus intéressant encore, depuis près de dix ans, chacun d’entre eux a tout misé sur la démonstration de la réalité du réchauffement d’origine humaine pour asseoir sa carrière et sa réputation scientifiques. Une carrière qui risque fort de connaître un ralentissement -et les budgets, des coupes sévères- en raison des révélations publiques sur les « erreurs » à répétition du GIEC. Pour ces chercheurs qui soutiennent le GIEC et ses thèses alarmistes sur le réchauffement, empêcher les « hérétiques » de s’exprimer devient une question de survie. Et cette tentative désespérée de faire taire les voix qui s’opposent au discours officiel, dicté par le GIEC à la communauté scientifique mondiale, résonne déjà comme le chant du cygne…
Le retour de la censure et de la mise à l’index ?
Ainsi, 275 personnes (dont la signature n’engage pas leur organisme de tutelle) se sont laissé embarquer, plus ou moins de bonne foi, dans une croisade contre les climato-sceptiques. Car il s’agit bien d’une guerre de religion opposant croyants et non croyants si l’on se réfère à la « profession de Foi » de cette lettre ouverte, ou plutôt de cette « pétition ». Un texte qui sera adressé le 7 avril prochain par courrier recommandé (juste avant sa mise en ligne sur le Net) à : Mme la ministre de la Recherche, M. le directeur de la Recherche, M. le président de l’agence d’évaluation de la Recherche, M. le président de l’académie des Sciences, M. Le président directeur général du CNRS, MM. Les directeurs et directeurs adjoints de l’INSU et l’INEE du CNRS et enfin à M. le président du comité d’Ethique du CNRS. Il ne manque plus que le pape Benoît XVI pour que la liste soit tout à fait complète…
Titrant « Ethique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte » (ce texte -qui circule en privé parmi les chercheurs mais sur un lien ouvert- ainsi que la liste des signataires, sont visibles sur le site du club des argonautes et reproduits à la fin de cet article) les chantres scientifiques du « réchauffisme » rappellent le dogme et exigent du Saint-Office(2) (les hautes instances citées plus haut et sollicitées pour prendre position) qu’elles obligent les scientifiques à se conformer à la Règle sous peine d’une mise à l’index…
« Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l’académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internatinale, criant à l’imposture scientifique, comme le fait Claude Allègre dans L’imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010) pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) dans son séminaire de rentrée de l’IPGP(…). ». Revoilà les bêtes noires(3) des alarmistes… Il faut décapiter les hérauts du climato-scepticisme, ou peut-être brûler vifs ces hérétiques sur un bûcher ? Au train où vont les choses, cela ne saurait tarder : il suffirait que le Saint-Office donne raison à ces inquisiteurs des Temps modernes… Mais il faudra alors allumer, non pas deux, mais des dizaines de milliers de bûchers car plus de quarante mille scientifiques(4) dans le monde ont déjà signé des pétitions, appels ou lettres ouvertes, pour alerter les gouvernements de leur pays sur les dangers du catastrophisme ambiant et les mettre en garde contre les extrapolations non scientifiques de certains travaux.
Le GIEC n’est plus vraiment en odeur de sainteté auprès des politiques, et les alarmistes n’ont plus le vent en poupe dans l’opinion publique depuis le fiasco du sommet de Copenhague, il semble donc peu probable que les hautes instances souhaitent se fourvoyer dans ce qui s’apparente plus à une tentative de cabale qu’à un véritable appel à l’aide pour faire respecter l’éthique scientifique. Les signataires l’affirment : « Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d’un sentiment d’impunité totale de la part de leurs auteurs. ». Un « sentiment d’impunité totale »… voyez-vous ça... serions-nous revenus à l’époque où la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome accordait aux savants des dispenses pour accréditer leurs travaux ? Les scientifiques climato-sceptiques seront-ils contraints, comme Galilée(5) en 1633, d’abjurer à genoux la formule prévue par la censure du Saint-Office, des inquisiteurs généraux et de leurs cardinaux ? Devront-ils faire eux aussi leur profession de Foi et déclarer sur les Saints-Evangiles du « réchauffisme » qu’ils jurent qu’ils tiennent, et tiendront toujours pour vrai, avec l’aide du dieu écolomaniaque(6), tout ce que la Sainte Eglise affirme, présente et enseigne ? Décidément, l’écologie est une chose trop sérieuse pour la confier aux seuls écologistes surtout s’ils sont climatologues…

Un combat politique pour la décroissance… au nom de la science !
A l’heure où les plus gros émetteurs de CO2 (la Chine est le premier producteur d’éolien et les Etats-Unis investit massivement dans les énergies durables) la vieille Europe -et tout particulièrement la France (empêtrée dans sa taxe carbone...)- ont laissé des scientifiques idéologues discréditer la communauté scientifique aux yeux des élites dirigeantes et du public en utilisant la science –au nom du réchauffement climatique, du principe de précaution et des générations futures- pour servir une cause politique : leur combat pour la décroissance. Des chercheurs climato-alarmistes qui, en refusant le doute scientifique émis par leurs pairs, ont aussi trahi la science et le « pacte moral qui relie les scientifiques et la société ».
A ces scientifiques qui ont une notion dogmatique, religieuse même, de la vérité scientifique, je me permets de rappeler la définition du principe de précaution dont ils se réclament. Définition, publiée dans le Rapport sur le principe de précaution rédigé par le groupe d’experts de l’UNESCO et adoptée par la Commission Mondiale d’Ethique des Connaissances Scientifiques et des Technologies (COMEST) : « Il faut que les scientifiques modèrent l’ambition irréalisable de quantifier sérieusement tous les risques et qu’ils s’orientent vers une ambition plus modeste consistant à caractériser les dangers sous-jacents.(…) L’évaluation des risques et la fixation d’une politique doivent par conséquent avoir l’assentiment du public et bénéficier de sa participation. ». Le principe de précaution, appliqué à tort et à travers, est un frein au progrès parce qu’il n’y a pas de progrès possible sans prise de risque. Il n’est jamais trop tard pour faire son mea culpa...

______________________________


*Pour paraphraser la formule célèbre de Georges Clémenceau : "La guerre est une chose trop sérieuse pour la confier à des militaires".

(1) Les figures de proue des signataires de cette « lettre ouverte » :

- Né en 1947, Jean Jouzel, climatologue, géochimiste, est l’ancien directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (UVSQ-CEA-CNRS), directeur de recherche au commissariat à l’énergie atomique. Il a été vice-président du premier goupe de travail du GIEC sur les principes physiques et écologiques du changement climatique. De même que tous les autres scientifiques membres du GIEC, il partage avec Al Gore et le président du GIEC Rajendra Pachauri le prix Nobel de la paix 2007.

- Né en 1956, Hervé Le Treut, climatologue, spécialiste de la modélisation numérique du système climatique et des évolutions futures du climat. Ses travaux ont donné lieu à une centaine de publications. Il est membre de l’académie des Sciences, directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace (IPSL), professeur de mécanique à l’école Polytechnique. Il a publié Nouveau climat sur la terre : comprendre, prédire, réagir (Flammarion, 2009) etL’effet de serre, allons-nous changer le climat ? ( Flammarion, Poche 2009) avec Jean-Marc Jancovici, ingénieur spécialiste de l’énergie et du climat, connu pour ses idées « réchauffistes », Réchauffement climatique avec Lionel Charles (Syllepse éd., 2006), Le changement climatique avec Guy Jacques (Eds Unesco, 2004), Effet de serre avec Jean-Marc Jancovici (Dictionnaire et encyclopédie poche, Flammarion, 2001). Sa communication grand public est axée sur la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement climatique.

- Née en 1971, paléoclimatologue ingénieur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), Valérie Masson-Delmotte, qui est à l’initiative de cette pétition, ne bénéficie certes pas de la notoriété des personnes qu’elle cherche à atteindre à travers cette pétition. Inconnue du grand public, son œuvre de vulgarisation scientifique se limite à quelques livres pour la jeunesse publiés par Le Pommier dans sa collection MiniPommes : Atmosphère, quel effet de serre ! (2009), Le climat de nos ancêtres à nos enfants (2005) ou Atmosphère, atmosphère (2008). Cet ouvrage (si l’on se réfère au mot de l’éditeur) « entre fiction et documentaire, aborde les enjeux liés au climat. Un habitant venu du futur enseignera bien des choses sur les changements climatiques. ».

(2) La Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome (dit Saint-Office) fondée sous le nom de Sacrée congrégation de l’inquisition romaine et universelle par le pape Paul III dans la bulle Licet ab initio le 21 juillet 1542, Cette congrégation avait pour mission de définir et lutter contre les hérésies.

(3) Claude Allègre est géophysicien, géochimiste, ancien ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Jospin de 1997 à 2000, membre de l’académie des Sciences. Médaille Fields, médaille d’or du CNRS, prix Crafoord pour la géologie, médaille Wollaston. Dernier titre publié : L’imposture climatique, ou la fausse écologie (avec Dominique de Montvalon. Plon, février 2010).

Vincent Courtillot est géophysicien, spécialiste du paléomagnétisme, professeur de géophysique à l’université Paris-Diderot, membre de l’académie des Sciences, directeur de l’Institut du Globe de Paris (IPGP). Ses recherches actuelles s’orientent vers la modélisation des conséquences climatiques des grands "traps" (plateaux basaltiques). Il est l’auteur de nombreuses publications scientifiques (dont 7 publications sur le climat passées par le filtre standard des publications scientifiques, avec Jean-Louis Le Mouël. Cf : "Publications les plus représentatives" sur le site de l’académie des Sciences). Dernier ouvrage publié : Nouveau voyage au centre de la terre (Odile Jacob, septembre 2009).

Je rappelle que MM. Allègre et Courtillot prônent une écologie "réparatrice" plutôt que "culpabilisatrice" et n'ont de cesse d'alerter sur les grandes urgences écologiques, notamment l'accès à l'eau potable, le traitement des déchets urbains, la surpopulation, la faim, l'éducation, la transition vers les énergies durables, etc.


(4) Plus de 40.000 chercheurs dans le monde ont signé des pétitions, appels ou lettres ouvertes pour alerter les gouvernements de leur pays sur les dangers du catastrophisme ambiant et les mettre en garde contre les extrapolations non scientifiques de certains travaux (sources : La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! (annexes) et le site de Climat-sceptique) :
Global warming petition (pétition de l’Oregon) : 31.000 Scientifiques declarent que le réchauffement climatique est un mensonge sans fondement scientifique (OISM)
4.000 Scientifiques signent L’appel de Heidelberg (Science & Environmental Policy Project)
500 Scientifiques émettent des doutes sur le réchauffement climatique anthropogénique (Heartland Institute)
400 Scientifiques éminents ont contesté le réchauffement climatique anthropogénique en 2007 (US Senate Committee on Environment & Public Works)
150 scientifiques, économistes et théologiens signent une lettre ouverte adressée aux signataires de Changement climatique : Un appel évangélique pour l’action (ISA)
105 Scientifiques signent la Déclaration de Leipzig sur le changement climatique global (Science & Environmental Policy Project)
100 Scientifiques signent une Lettre ouverte au Secrétaire Général des Nations Unies (National Post, Canada)
77 scientifiques sceptiques (Business and Media Institute)
60 Scientifiques en appellent à Harper Pour un réexamen de la science du réchauffement global (Financial Post, Canada)
47 Scientifiques signent la Déclaration par des scientifiques de l’atmosphère sur le réchauffement par effet de serre (Science & Environmental Policy Project)
41 scientifiques démontent l’alerte au réchauffement climatique (The Daily Telegraph, UK)
35 scientifiques sceptiques : Les « négationnistes » (National Post, Canada).

(5) Physicien, astronome italien (1564-1642), père de l’observation astronomique et de la physique moderne, Galileo Galilei dit Galilée est célèbre pour avoir soutenu une conception copernicienne de l’univers, ce qui l’a voué aux gémonies des partisans du géocentrisme et de l’Eglise catholique romaine comme chacun sait. Il laisse à la postérité son livre Le dialogue sur les deux grands systèmes du monde commandé par le pape Urbain VIII vers 1620 et publié en 1632, dans lequel il soutient la thèse héliocentrique alors interdite par l’Eglise catholique.

(6) Aboutissement d’une réflexion initiée il y a plusieurs années, par l’article « Claude Allègre, hérétique ? », j’ai abordé le thème de l’écolomania dans une trentaine d’articles. Dans mon dernier essai, La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! (publié aux éditions L’Arganier en novembre 2009 et en version intégrale sur Calaméo depuis le 15 mars 2010) je tente de décrypter « l’écolomania » sous l’angle religieux. N’étant pas scientifique, le propos n’est pas un plaidoyer pour ou contre les thèses sur le réchauffement climatique, mais bien une analyse sur la montée de ce qui ressemble de plus en plus à l’émergence d’une nouvelle intolérance d’ordre religieux. Les questions principales sont : Doit-on accepter sous couvert de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? A qui profite l’écolomania ? Ma vidéo de présentation du livre. Plus d’infos sur le livre.

Lire aussi :
- Le point de vue de Marcel Leroux, climato-sceptique (décédé en 2008).
- « Sur le réchauffement climatique » exposé à Nantes de Vincent Courtillot (septembre 2009)
- Serge Galam : « Le réchauffement n’est pas scientifiquement prouvé ». Son dernier livre : Les scientifiques ont perdu le Nord (Plon, 2008)
- Benoît Rittaud : « Jean Jouzel en panne d’arguments contre « Le Mythe climatique » et son dernier livre : Le mythe climatique (Seuil, 2010).

Illustration : Le procès de Galilée par le tribunal de l’Inquisition catholique romaine. Peinture du XIXème siècle de Joseph-Nicolas Robert-Fleury.

Cet article a été publié en primeur à la Une d'AgoraVox et a suscité plus de 250 réactions en une journée.

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TEXTE DE LA PETITION
en ligne sur le site du club des argonautes, à l’initiative de Valérie Masson-Delmotte :

« Le samedi 27 Mars 2010
277 Internautes ont signé l’appel Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte
Cette page, http://www.clubdesargonautes.org/iF... est destinée aux scientifiques, (universitaires et chercheurs) compétents en Sciences du Climat.
Les signataires s’engagent sur leur expertise scientifique propre. En aucun cas leur signature ne peut engager leurs organismes de tutelle, dont la mention n’est faite qu’au titre de la transparence.
En signant ici, vous acceptez que vos nom et qualité apparaissent dans une liste qui sera rendue publique. A contrario, votre adresse E-mail ne sera pas divulguée, mais pourra être utilisée par les premiers signataires, dans le but exclusif de vous informer des suites de cette démarche.
ATTENTION, VOTRE SIGNATURE NE SERA ENREGISTRÉE QUE SI VOUS LA CONFIRMEZ PAR E-MAIL. N’OUBLIEZ PAS DE LE FAIRE !
Les signatures de ce texte seront recueillies jusqu’au 6 avril au soir, puis le texte signé sera d’abord envoyé le 7 avril par lettre recommandée aux instances scientifiques mentionnées. Nous vous remercions de respecter ce calendrier. Seulement après réception de ces courriers, le texte sera mis en ligne publiquement.
En parallèle, nous vous invitons à faire suivre les erreurs identifiées dans les ouvrages et séminaires mentionnés (numéro de page ou minute, description, et explications par rapport aux faits scientifiques disponibles dans les bases de données ou la littérature scientifique) à valerie.masson@lsce.ipsl.fr"
________________________________________
Destinataires :
Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
Mr le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
M. le Président Directeur Général du CNRS
Mrs. les Directeurs et Directeurs adjoints de l’INSU et l’INEE du CNRS
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS
Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte
Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences, qui n’ont pas réagi aux accusations calomnieuses lancées à l’encontre de notre communauté.
Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.
Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (« Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie ») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’« erratum », le GIEC a publié son « mea culpa » (http://www.ipcc.ch/pdf/presentation... ;), reconnaissant l’erreur, et pointant que les processus de relecture du groupe 2 (rédigé et relu par les spécialistes des impacts du changement climatique sur les écosystèmes et l’économie) n’avaient pas fonctionné. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.
Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l’Académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009), dans son séminaire de rentrée de l’Institut de Physique du Globe de Paris (http://www.ipgp.fr/pages/040805.php...) ou bien dans les « libres points de vue d’Académiciens sur l’environnement et le développement durable » (http://www.academie-sciences.fr/act...). Leurs accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.
Ignorons le dénigrement, la théorie du complot et les aspects politiques. Appliquons-leur simplement la même exigence de rigueur qu’à n’importe quel manuscrit scientifique. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique.
Plusieurs hypothèses sont possibles, pour expliquer la publication d’ouvrages dont certains battent tous les records en termes d’erreurs de forme et de fond pour l’ensemble des arguments scientifiques : s’agit-il d’une provocation délibérée, pour se placer en position de victime, et attirer la sympathie du grand public ? S’agit-il d’incompétence, ces auteurs croyant sincèrement à leurs affirmations fausses, faute d’une connaissance de la littérature scientifique ? D’une mauvaise foi délibérée, l’éthique scientifique étant mise aux oubliettes, et l’apparence pseudo-scientifique (références fausses, courbes inventées, résultats scientifiques détournés…) étant mise au service d’un message avant tout politique ?
Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d’un sentiment d’impunité totale de la part de leurs auteurs, qui oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.
Nos observations, nos études des processus physiques, nos outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale, nous montrent que :
les émissions de gaz à effet de serre, en augmentation, modifieront durablement le bilan radiatif terrestre ;
la compréhension des liens entre gaz à effet de serre et climat ne repose pas sur des corrélations empiriques, mais sur l’étude de mécanismes physiques, amplement démontrés. Les modèles de climat sont très largement testés sur leur capacité à représenter les processus clés du changement climatique en cours ainsi que des variations climatiques passées ;
l’amplitude et la structure des changements observés depuis 50 ans sont cohérents avec les conséquences théoriques d’un réchauffement induit par un surplus de gaz à effet de serre ;
les conséquences d’une poursuite au rythme actuel des rejets de gaz à effet de serre peuvent être graves, d’ici quelques décennies.
Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences au sujet de leur silence vis-à-vis d’accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat, accusations qui sortent du cadre déontologique.
Liste des premiers signataires
Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS).