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jeudi 22 avril 2010

La dernière Croisade… Le livre made in Facebook. Par Nicolas Grondin, éditeur


La dernière Croisade
Véronique Anger
L'Arganier 2009. 15 €

"Une création intellectuelle tangible, dans l’économie réelle, réalisée en direct sur le virtuel de leur mur.". Nicolas Grondin, éditeur.


Pari réussi(1) ! Le buzz sur la blogosphère et les réseaux sociaux sont beaucoup plus efficaces que les services de presse croulant sous les nouveautés, qui ne s'intéressent qu'aux "grosses machines" à vendre des livres... Nous avons appliqué cette maxime d'André Schiffrin : "Notre rôle est d'être contre-cyclique. C'est précisément quand tout le monde est d'accord qu'il faut commencer à se poser des questions" (Le contrôle de la parole. La Fabrique, 1999) et le public a suivi...


Article reproduit avec l'aimable autorisation de Nicolas Grondin. Source : site web des éditions L’Arganier, Un arbre au seuil du désert.



"Je ne sais pas si c’est une première, si c’est LE premier livre strictement issu d’une relation Facebook. Peut-être. Mais au fond, je m’en tamponne, cela a été une expérience édifiante à de nombreux égards et oui, tout s’est construit sur ce réseau.

Partons du début.
Je ne suis pas un geek, loin s’en faut. Un poil ours, passéiste et rétrograde, même. Ce n’est que tardivement que je me suis intéressé personnellement aux réseaux sociaux du Web. Jusqu’au début de 2009, ça représentait pour moi un bizarre phénomène réservé aux drogués de l’écran, potentiellement dangereux pour mon intimité, vu l’espionnite aiguë de nos sociétés mercantiles.
Et puis, deux amis auteurs m’ont convaincu qu’il y avait quelque intérêt à faire sa «page» sur un réseau comme Facebook. Autant prendre le plus célèbre, n’est-ce pas ? Après tout, je passe déjà mes journées devant un écran pour des raisons professionnelles ; et ce que l’on va savoir de moi ne sera que ce que j’y livrerai. Bon… Je me suis fendu, à tâtons, d’un «mur» en remplissant les «infos» puis… enfin, vous connaissez le processus, puisque vous lisez ce texte.
Comme tout le monde, une fois connecté aux deux amis en question, j’ai cherché d’autres contacts avec une vague idée : constituer un petit réseau de gens intéressés de près ou de loin par le Livre, son actualité, ses soubresauts, éventuellement mon actualité éditoriale, etc. Donc, je cherchais des auteurs, des collègues, des lecteurs, des illustrateurs, des libraires… De clic en clic, ma foi, la chose s’est un peu étoffée. Je découvrais que le Livre était bel et bien présent, tant en qualité qu’en quantité, sur le réseau francophone au moins.

Nous sommes en septembre 2009, je dois être connecté depuis deux mois environ. Je tombe un jour dans la liste d’amis d’un ami — comme nous le faisons tous, sans doute —, sur Patrick de Friberg, que je ne connais que de nom pour l’avoir vu en librairie sur quelques couvertures. Je fais ma demande gentiment, comme pour les autres, sans le moindre dessein. Je découvre qu’il réside au Canada : ah ! ivresse de l’abolition des distances et de la communication instantanée par-delà les océans… Lisant sur son mur quelques interventions pertinentes d’une certaine Véronique Anger-de Friberg, dont je découvre qu’elle est son épouse, mais surtout un auteur, une éditrice, une Numide — mon mot pour ces nègres littéraires qui font un boulot de Romain. Lors je fais ma demande itou. Au fil des statuts des uns et des autres, je découvre avec intérêt quelques articles de Véronique sur ce qu’elle appelle l’Écolomania. Je ne sais plus exactement comment les choses se sont emmanchées, ni ce que j’ai pu écrire en commentant ceci ou cela : «les paroles s’envolent, les écrits restent», rien n’est moins vrai sur le réseau. Toujours est-il que Patrick, par message personnel FB, m’informe que Véronique met la dernière main à un manuscrit autour de cette question. Le sujet du livre n’étant pas le propos direct de cette histoire, je ne m’étendrai pas.
J’avais supposé évidemment que cette fenêtre sur la toile où je m’affichais en tant qu’éditeur allait m’attirer un certain nombre de propositions de ce type… Normal, et d’ailleurs sain puisque, après tout, c’est en publiant des manuscrits que je gagne ma vie. CQFD.
Je prends donc contact avec Véronique — par message perso FB, toujours — qui me confirme que oui, son travail est quasiment terminé et qu’elle n’est pas contre une publication, si le livre me convient. Alors qu’elle m’envoie son texte, je lui transmet quelques informations sur ma modeste maison et les conditions dans lesquelles elle serait éventuellement imprimée. J’ai l’habitude de ne jamais mentir sur l’état de ma dot avant de passer la bague au doigt. Ma diffusion, notamment, n’est pas la Rolls d’un Albin Michel : nous serons présents en librairie, en FNAC et autres mégastores, mais pas en grandes surfaces, par exemple.

En l’espace de quoi ? une semaine… dix jours peut-être, «l’affaire est dans le sac» comme le filmèrent les frères Prévert.
L'auteur
Le livre est bon, son propos judicieux et bien au centre de la réflexion ambiante (sans jeu de mot), son ton est exactement celui que je veux proposer dans ma collection d’essais, Pertinences. Bien sûr, Véronique ne hurle pas avec les loups, elle va même à contre-courant, mais c’est bien comme ça que je conçois mon rôle d’éditeur. De son côté, Véronique sait avec qui elle s’engage, et elle a quelques exigences. Entre autres que le livre soit en librairie avant la conférence sur le climat de Copenhague ; et qu’il soit disponible en ligne, gratuitement, deux mois après sa parution papier, soit janvier. Aïe, cette volonté-là m’est une violence : j’ai le sentiment que je me coupe l’herbe sous le pied. Cependant Véronique, qui a pas mal réfléchi au livre en ligne, m’assure que cette disponibilité ne devrait pas gêner la vente papier… et puis je veux jouer le jeu numérique jusqu’au bout.
Allez ! Banco, j’envoie un contrat rédigé dans ce sens. Véronique le signe.
Dans ce métier, ni l’un ni l’autre ne sommes tombés de la dernière pluie : nous parlons le même langage, même si nous ne nous sommes jamais vus. C’est une surprise et une première pour moi, instinctif viscéral, qui ai l’habitude de jauger — et d’être jaugé — face à face. À l’exception des échanges d’e-mails nécessaires à l’envoi de documents lourds, et de deux coups de fil, tous nos échanges ont lieu sur Facebook, par message perso, mais aussi sur nos murs respectifs. D’ailleurs, de mon côté, le réseau marche mieux que ma messagerie qui pédale dans le yaourt. Petit à petit, là non plus sans véritable préméditation, nous décidons comme une évidence de ne plus compter que sur le réseau pour la phase déterminante de l’existence d’un livre : sa promotion. Véronique a un lacis serré de plus de trois mille contacts, le mien est beaucoup plus modeste, mais en tout cela fait près de quatre mille.

Alors que je commence la correction et la mise en page, nous allons tester sur nos murs les projets de couvertures. C’est un élément essentiel pour un livre imprimé : sa vitrine, ce qui le distingue des autres sur les tables de librairie. Je vais donc proposer trois ébauches différentes, respectant chacune ma charte graphique, et demander à nos «amis» de donner leur avis, de critiquer, d’éreinter ou d’adhérer à l’une ou à l’autre. Toujours avançant le travail de maquette du texte, je suis les débats, pose des questions, réponds à d’autres. Puisque j’y suis, je teste aussi le texte du verso, premier contact du futur lecteur-acheteur avec le contenu du livre. Les choses s’affinent.
De son côté de l’Atlantique, Véronique entreprend avec quelques amis la réalisation de deux films promotionnels qui seront, eux aussi, mis en ligne et relayés sur nos murs… et celui de nos «amis» qui voudront bien les «partager», selon la terminologie idoine. Un premier est très court, plus une annonce qu’autre chose. Un second est nettement plus élaboré, dans lequel Véronique, face caméra dans leur maison canadienne, avec sa forêt, ses chiens, son bureau, explique son propos.
Le livre est imprimé en offset à 1 200 exemplaires chez Horizon à Gémenos (13), et il arrive comme prévu en librairie dans la semaine du 24, soit dix jours en moyenne avant la conférence de Copenhague qui envahit peu à peu nos médias, à coup de pages spéciales, de reportages «en situation» et autres billevesées complaisantes, Nicolas Hulot sort sur les écrans son pensum culpabilisant, après que Yann Artus-Bertrand ait notablement alourdi son bilan carbone… Bref, l’actualité est au consensus mou sur ces questions, et le livre de Véronique va faire tâche, mais alors tâche de bolognaise sur la chemise immaculée d’un présentateur de JT.

Les débuts sont foutrement difficiles. Le diffuseur est 40% au-dessous des chiffres annoncés, les services de presse — constitués essentiellement à partir du réseau Facebook de Véronique — ne donnent rien, sinon des reprises éhontées des affirmations et démonstrations du livre, non sourcées bien sûr. Éric Zemmour — qui n’est pas encore dans la tourmente de son dérapage à Canal +— cite Véronique quasiment dans le texte sur France2 et RTL, sans faire la moindre mention au livre que je lui ai envoyé et que visiblement il a lu. D’autres journalistes, dont certains «en vue», joignent Véronique pour lui dire qu’ils goûtent fort ce son de cloche différent dans le mièvre concert unanime, mais… qu’ils ne se sentent pas «libres» d’en parler.Chacun en tirera la conclusion qu’il voudra.
L'éditeur
Mais sur Facebook, où le livre est présenté, où le film est mis en lien… le débat est rageur : Véronique se fait insulter, je perds quelques «amis»… Beaucoup néanmoins sont curieux, cherchent le titre, présent en librairie, mais à quelques quatre cent cinquante exemplaires sur l’ensemble du territoire français. Quinze jours encore pour qu’enfin il arrive en Belgique, en Suisse. Quant au Canada, il faudra attendre… mai2010 ! Certes, ce n’est pas vraiment un livre cadeau et bien peu ont dû se retrouver sous le sapin. Là aussi, les manquements de la diffusion, et des libraires qui ne veulent pas commander en pleine période des fêtes, sont pointés sur Facebook par nos nombreux correspondants. L’occasion de lancer quelques débats sur la diffusion dans ce pays.

Puis, Copenhague prend fin. La montagne a accouché d’une souris, aussitôt boulottée par le gras matou de la Real politic… Le ton médiatique commence à changer : certains se demandent si les arcs de triomphe bâtis à la va-vite autour des climato-alarmistes n’étaient un peu prématurés. Comme sur Facebook plus tôt, les positions se radicalisent dans les colonnes et sur les antennes. Le GIEC, hier encore Vatican écolomaniaque, se fissure un peu partout. On donne la parole à des gens qui, hier encore, passaient au mieux pour de doux dingues ; Claude Allègre sort «L’Imposture climatique», chez Plon, en mars2010. Il cite au moins trois fois le livre de Véronique, et indique «La dernière Croisade» dans sa bibliographie.
Nous avons pris la décision, sur proposition de Véronique, de reporter au 15mars la mise en ligne du livre. On ne sait jamais…
Et les ventes décollent doucement. Oh, pas de quoi pavoiser, mais les libraires semblent découvrir qu’ils ont eu en rayon un titre qui donnait, un peu avant la grand-messe danoise, un autre son de cloche. Aujourd’hui «La dernière Croisade» est en ligne, lisible gratuitement et les ventes ne tarderont pas à atteindre les mille exemplaires réels, ce qui, dans le contexte de l’édition française, est loin d’être ridicule.
Et surtout, le discours a changé sur cette question : la foi du charbonnier n’est plus de mise sur la question des bouleversements climatiques. Je ne vais pas jusqu’à avoir la prétention d’y être pour quelque chose. Quoique… Véronique, elle, est persuadée que si ! Néanmoins, cette petite pierre aura enrichi le débat, suscité la polémique et la remise en cause dans le Landernau de nos réseaux. Petite pierre qui a du tomber dans la chaussure de quelques-uns car, puisque début février ma première page Facebook disparaît dans les limbes, «dispersée façon puzzle», comme disait l’autre.

Je considère surtout que j’ai fait le travail pour lequel j’ai choisi ce métier : permettre à une opinion non consensuelle d’être entendue sur l’agora.
Enfin ce texte-ci, en donnant à tous ceux qui ont participé à cette expérience de près ou de loin — par des avis, des commentaires, des conseils, des saillies, des colères, des adhésions — clos en quelque sorte le cycle d’une création intellectuelle tangible, dans l’économie réelle, réalisée en direct sur le virtuel de leur mur.".

Nicolas Grondin, éditeur. L’Arganier, Un arbre au seuil du désert



(1) A titre d'information, le nombre moyen des ventes de la catégorie "essais" est de 153 exemplaires... (Source : Rapport 2008 des chiffres de la culture en France. Télécharger le document PDF du Ministère de la Culture). Lire aussi cet article stupéfiant sur la réalité des chiffres de l'édition : "Flops en stock" (Bibliobs). Lire aussi "Le jeu de l'oie du web éditeur...


Nicolas Grondin s’engage dans les métiers du livre en rachetant, à 26 ans, la Librairie des Arcades à Pont l’Abbé (Finistère) qui fut l’une des librairies associées au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Huit ans et une belle réussite plus tard, il développe avec succès la Librairie L’Atelier (Paris, XX°). Après un passage chez Vilo, Nicolas Grondin prend, en 2001, prend la direction éditoriale des Éditions Carnot, puis en 2004 celle de L’Arganier. Entre 1998 et 2006, il écrit une vingtaine d’ouvrages pour divers éditeurs dont deux polars édités chez Fleuve Noir.


Véronique Anger s’intéresse aux théories sur le réchauffement climatique au début des années 2000 et a écrit une trentaine d'articles (dont « Claude Allègre, hérétique ? » en 2006) sur la montée de ce qui ressemble de plus en plus à une nouvelle intolérance d'ordre religieux. Dans son dernier essai La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! elle tente de décrypter l'écolomania sous l'angle religieux. N'étant pas scientifique, son propos n'est pas un plaidoyer pour ou contre les thèses sur le réchauffement climatique de nature anthropique, mais les questions principales sont : Doit-on accepter sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? A qui profite l'écolomania ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Tout savoir sur La dernière Croisade. Présentation vidéo par l’auteur.

mardi 20 avril 2010

5.587 sources citées par le GIEC ne sont pas scientifiques

Reproduction de l'article publié dans ContrePoints, webzine libertaire, le mardi 20 avril 2010.

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Sur 18.531 références

5.587 sources citées par le GIEC ne sont pas scientifiques


Malgré le fait que Rajendra Pachauri, président du GIEC, assure que la Bible de l’alarmisme climatique n’utilise que des sources « peer-reviewed », plus de cinq mille sources citées dans le rapport font référence à des textes qui ne remplissent pas ce critère.

Ce sont quelques 43 volontaires à travers 12 pays, recrutées par le site Internet Noconsensus.org, qui ont analysé le rapport du GIEC afin de classifier les sources, séparant celles qui se réfèrent à des articles scientifiques de celles qui ont été obtenues à partir de la « littérature grise », c’est-à-dire issues de revues d’alpinisme ou de travaux d’étudiants, de rapports d’organisations écologistes ou même de manuel de nettoyage de bottes. Chaque chapitre du rapport a été étudié par trois volontaires différents et chaque fois que des différences dans les résultats sont apparues – toujours moins de 5% –, c’est l’option la plus favorable au GIEC qui a été choisie,

Les résultats sont sans appel : 30% des sources ne font pas référence à des articles publiés dans des revues scientifiques – qui exigent une révision des pairs pour garantir un minimum de qualité –, mais dans d’autres types de publications. Pour noter les chapitres du rapport du GIEC, l’étude emploie le système utilisé dans l’enseignement américain, attribuant un échec (F) à 21 d’entre eux, un satisfaisant (D) à 4, un bien (C) à 6, une distinction (B) à 5 et une grande distinction (A) à 8.

Des trois groupes de travail qui forment le GIEC, c’est le premier – celui qui étudie les bases scientifiques de la théorie du réchauffement climatique – qui s’en sort le mieux, « avec seulement » 7% de références à de la littérature grise. Le second groupe – qui rend compte de la vulnérabilité des systèmes naturels et socio-économiques – arrive, en revanche, à 35% de références. Tandis que le dernier groupe – chargé d’étudier les options pour réduire les émissions – atteint un total stupéfiant de 57% de sources qui ne font pas référence à de la littérature scientifique « peer-reviewed ».

jeudi 1 avril 2010

400 CLIMATOLOGUES EN COLERE : 2 versions pour une même pétition !


Quelle ne fut pas ma surprise, en ce jour de 1er avril, de découvrir qu’une grande partie du texte d’origine(1) de « L’appel Ethique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte » avait été remplacée par de nouveaux paragraphes.


Oubliés le « sentiment d’impunité totale », « la mauvaise foi », « la théorie du complot », « la provocation », la longue envolée sur « la compréhension des liens entre gaz à effet de serre et climat » dans la nouvelle version datée du 29 mars(2). En revanche, s’il est toujours question des « principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société », les pétitionnaires s’obstinent à ignorer les 7 publications scientifiques sur le climat dont M. Courtillot est l’auteur (avec M. Le Mouël).


Sept publications pourtant passées par le filtre standard des publications scientifiques et relues par des pairs : « Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire ». Cette affirmation tendancieuse me semble une bien curieuse façon de lancer un débat « serein », puisque tel serait le désir des 400 chercheurs-climatologues qui affirment : « Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi. ».


Enfin, la nouvelle version mentionne en post-scriptum : « Une version initiale de cet appel ayant été diffusée publiquement le 29 mars, nous avons informé les destinataires de notre initiative ; la lettre et la liste définitives des signataires seront envoyées le 7 avril. ». Et oui, votre serviteur a éventé le projet de cabale en publiant le texte de la pétition en primeur sur AgoraVox mardi dernier... et se félicite d’avoir copié/collé tout le texte plutôt que le lien ! (cf : Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-Office ?).


Une « fuite » qui a tout de même un tantinet gâché le bel effet de surprise sur lequel comptaient nos 400 scientifiques-réchauffistes épris d’éthique pour lancer leur cabale. Résultat: un nouveau texte rédigé dans la hâte et relayé par les médias « officiels » le jour du poisson d’avril. De là à y voir un fake… A l’ère d’internet, l’information circule plus vite que son ombre… et on ne se méfie jamais assez de la blogosphère et de sa résonance.


(1) Paragraphes supprimés, indiqués en rouge dans la version datée du 27 mars 2010 et copiée/collée à la suite de la nouvelle version.


(2) Changements importants signalés en rouge dans la version datée du 29 mars 2010 ET copiée/collée à la suite de ce billet.

Illustration de Le Honzec

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(1) Première version du 27 mars 2010 (copiée/collée à la fin de mon article « Galilée convoqué devant le Saint-Office ? » publié en primeur sur AgoraVox le 29 mars 2010) :

TEXTE DE LA PETITION

en ligne sur le site du club des argonautes, à l’initiative de Valérie Masson-Delmotte.

« Le samedi 27 Mars 2010

277 Internautes ont signé l’appel Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Cette page, http://www.clubdesargonautes.org/iF... est destinée aux scientifiques, (universitaires et chercheurs) compétents en Sciences du Climat.

Les signataires s’engagent sur leur expertise scientifique propre. En aucun cas leur signature ne peut engager leurs organismes de tutelle, dont la mention n’est faite qu’au titre de la transparence.

En signant ici, vous acceptez que vos nom et qualité apparaissent dans une liste qui sera rendue publique. A contrario, votre adresse E-mail ne sera pas divulguée, mais pourra être utilisée par les premiers signataires, dans le but exclusif de vous informer des suites de cette démarche.

ATTENTION, VOTRE SIGNATURE NE SERA ENREGISTRÉE QUE SI VOUS LA CONFIRMEZ PAR E-MAIL. N’OUBLIEZ PAS DE LE FAIRE !

Les signatures de ce texte seront recueillies jusqu’au 6 avril au soir, puis le texte signé sera d’abord envoyé le 7 avril par lettre recommandée aux instances scientifiques mentionnées. Nous vous remercions de respecter ce calendrier. Seulement après réception de ces courriers, le texte sera mis en ligne publiquement.

En parallèle, nous vous invitons à faire suivre les erreurs identifiées dans les ouvrages et séminaires mentionnés (numéro de page ou minute, description, et explications par rapport aux faits scientifiques disponibles dans les bases de données ou la littérature scientifique) à valerie.masson@lsce.ipsl.fr"

________________________________________

Destinataires :

Mme la Ministre de la Recherche

M. le Directeur de la Recherche

Mr le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche

M. le Président de l’Académie des Sciences

M. le Président Directeur Général du CNRS

Mrs. les Directeurs et Directeurs adjoints de l’INSU et l’INEE du CNRS

M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences, qui n’ont pas réagi aux accusations calomnieuses lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (« Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie ») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’« erratum », le GIEC a publié son « mea culpa » (http://www.ipcc.ch/pdf/presentation... ;), reconnaissant l’erreur, et pointant que les processus de relecture du groupe 2 (rédigé et relu par les spécialistes des impacts du changement climatique sur les écosystèmes et l’économie) n’avaient pas fonctionné. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs, membres actifs de l’Académie des Sciences, dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues « erreurs du GIEC », comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009), dans son séminaire de rentrée de l’Institut de Physique du Globe de Paris ( http://www.ipgp.fr/pages/040805.php...) ou bien dans les « libres points de vue d’Académiciens sur l’environnement et le développement durable » ( http://www.academie-sciences.fr/act...). Leurs accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ignorons le dénigrement, la théorie du complot et les aspects politiques. Appliquons-leur simplement la même exigence de rigueur qu’à n’importe quel manuscrit scientifique. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique.

Plusieurs hypothèses sont possibles, pour expliquer la publication d’ouvrages dont certains battent tous les records en termes d’erreurs de forme et de fond pour l’ensemble des arguments scientifiques : s’agit-il d’une provocation délibérée, pour se placer en position de victime, et attirer la sympathie du grand public ? S’agit-il d’incompétence, ces auteurs croyant sincèrement à leurs affirmations fausses, faute d’une connaissance de la littérature scientifique ? D’une mauvaise foi délibérée, l’éthique scientifique étant mise aux oubliettes, et l’apparence pseudo-scientifique (références fausses, courbes inventées, résultats scientifiques détournés…) étant mise au service d’un message avant tout politique ?

Dans tous les cas, la publication de ces affirmations témoigne d’un sentiment d’impunité totale de la part de leurs auteurs, qui oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Nos observations, nos études des processus physiques, nos outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale, nous montrent que :

• les émissions de gaz à effet de serre, en augmentation, modifieront durablement le bilan radiatif terrestre ;

• la compréhension des liens entre gaz à effet de serre et climat ne repose pas sur des corrélations empiriques, mais sur l’étude de mécanismes physiques, amplement démontrés. Les modèles de climat sont très largement testés sur leur capacité à représenter les processus clés du changement climatique en cours ainsi que des variations climatiques passées ;

• l’amplitude et la structure des changements observés depuis 50 ans sont cohérents avec les conséquences théoriques d’un réchauffement induit par un surplus de gaz à effet de serre ;

• les conséquences d’une poursuite au rythme actuel des rejets de gaz à effet de serre peuvent être graves, d’ici quelques décennies.

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les hautes instances scientifiques françaises : Ministère de la Recherche, Centre National de la Recherche Scientifique, et Académie des Sciences au sujet de leur silence vis-à-vis d’accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat, accusations qui sortent du cadre déontologique.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS). ».

(2) Deuxième version du 29 mars 2010 (copiée/collée à partir du lien : version de la « lettre ouverte »)

« Le jeudi 1 Avril 2010
489 Internautes ont signé l'appel Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Cette page, http://www.clubdesargonautes.org/iFPXAGvdz/php/index.php est destinée aux scientifiques, (universitaires et chercheurs) compétents en Sciences du Climat.

Les signataires s'engagent sur leur expertise scientifique propre. En aucun cas leur signature ne peut engager leurs organismes de tutelle, dont la mention n'est faite qu'au titre de la transparence.

En signant ici, vous acceptez que vos nom et qualité apparaissent dans une liste qui sera rendue publique. A contrario, votre adresse E-mail ne sera pas divulguée, mais pourra être utilisée par les premiers signataires, dans le but exclusif de vous informer des suites de cette démarche.

ATTENTION, VOTRE SIGNATURE NE SERA ENREGISTRÉE QUE SI VOUS LA CONFIRMEZ PAR E-MAIL. N'OUBLIEZ PAS DE LE FAIRE !

Les signatures de ce texte seront recueillies jusqu'au 6 avril au soir, puis le texte signé sera d'abord envoyé le 7 avril par lettre recommandée aux instances scientifiques mentionnées. Nous vous remercions de respecter ce calendrier. Seulement après réception de ces courriers, le texte sera mis en ligne publiquement.

En parallèle, nous vous invitons à faire suivre les erreurs identifiées dans les ouvrages et séminaires mentionnés (numéro de page ou minute, description, et explications par rapport aux faits scientifiques disponibles dans les bases de données ou la littérature scientifique) à valerie.masson@lsce.ipsl.fr"


PS : une version initiale de cet appel ayant été diffusée publiquement le 29 mars, nous avons informé les destinataires de notre initiative; la lettre et la liste définitives des signataires seront envoyées le 7 avril.



Deuxième version, 29 mars 2010.

Destinataires :

Mme la Ministre de la Recherche
M. le Directeur de la Recherche
M. le Président de l’Académie des Sciences
Mmes et MM. les Directeurs des acteurs de la recherche publique regroupés au sein de l’Alliance thématique AllEnvi (BRGM, CEA, CEMAGREF, CIRAD, CNRS, CPU, IFREMER, INRA, IRD, LCPC, Météo France, MNHN)
M. le Président de l’Agence d’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur
M. le Président du Comité d’Éthique du CNRS

Éthique scientifique et sciences du climat : lettre ouverte

Nous, scientifiques du climat, attachés au devoir de rigueur scientifique, interpellons les structures référentes de la recherche scientifique française, face aux accusations mensongères lancées à l’encontre de notre communauté.

Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société peut accorder à ses chercheurs.

Reconnaître ses erreurs fait également partie de l’éthique scientifique. Lorsqu’on identifie, après la publication d’un texte, des erreurs qui ont échappé aux processus de relecture, il est d’usage de les reconnaître, et de les corriger, en publiant un correctif. Ainsi, des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4ème rapport du Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat («Impacts, Adaptation et Vulnérabilité, chapitre 10 : Asie») concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. En l’absence de procédure formelle d’«erratum», le GIEC a publié son «mea culpa» ( http://www.ipcc.ch/pdf/presentations/himalaya-statement-20january2010.pdf), reconnaissant l’erreur, et soulignant que les processus de relecture du rapport n’avaient pas fonctionné pour ce paragraphe. En cela, le GIEC a respecté la déontologie scientifique.

Depuis plusieurs mois, des scientifiques reconnus dans leurs domaines respectifs dénigrent les sciences du climat et l’organisation de l’expertise internationale, criant à l’imposture scientifique - comme le fait Claude Allègre dans L’Imposture climatique ou la fausse écologie (Plon, 2010), pointant les prétendues «erreurs du GIEC», comme le fait Vincent Courtillot dans Nouveau voyage au centre de la Terre (Odile Jacob, 2009) et dans des séminaires académiques. Ces accusations ou affirmations péremptoires ne passent pas par le filtre standard des publications scientifiques. Ces documents, publiés sous couvert d’expertise scientifique, ne sont pas relus par les pairs, et échappent de ce fait aux vertus du débat contradictoire.

Ces ouvrages n'auraient pu être publiés si on leur avait simplement demandé la même exigence de rigueur qu'à un manuscrit scientifique professionnel. De nombreuses erreurs de forme, de citations, de données, de graphiques ont été identifiées. Plus grave, à ces erreurs de forme s’ajoutent des erreurs de fond majeures sur la description du fonctionnement du système climatique. Leurs auteurs oublient les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société.

Ces attaques mettent en cause la qualité et la solidité de nos travaux de recherche, de nos observations, études de processus, outils de modélisation, qui contribuent à une expertise nécessairement internationale.

Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux. Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi.

Liste des premiers signataires

Valérie Masson-Delmotte (LSCE)- Edouard Bard (Collège de France / CEREGE)- François-Marie Bréon (LSCE)- Christophe Cassou (CERFACS)- Jérôme Chappellaz (LGGE)- Georg Hoffmann (LSCE)- Catherine Jeandel (LEGOS)- Jean Jouzel (LSCE)- Bernard Legras (LMD)- Hervé Le Treut (IPSL)- Bernard Pouyaud (IRD)- Dominique Raynaud (LGGE)- Philippe Rogel (CERFACS) ».

mercredi 31 mars 2010

400 scientifiques français appellent à un Ordre Nouveau de la Science pour le salut des générations futures. "Que nul n'entre s'il n'est pas géomètre


"Un commentaire à l’article de Véronique Anger ("Galilée convoqué par le Saint-Office") par une certaine Virginie – quelle époque, où les scientifiques se cachent derrière des pseudos- me fait rebondir sur un autre, celui de Christian Delacroix ; alors que je ne suis pas habitué à la mêlée, ni ne suis en période de promotion d’un nouveau roman (je soupçonnais là une remarque possible d’un gentil contributeur…).

La, maintenant connue, pétition, et sa réponse (oui, d’accord, un écrivain peut être l’époux d’une journaliste), me sont apparus soudain comme dans une pièce de la tragédie grecque, pour ce qu'ils sont, et surtout pas le combat pro-domo ou contre le réchauffement anthropique. Cette pétition est la conclusion du lent mouvement de paupérisation culturelle des scientifiques français, séparés de la Cité par la recherche du/des crédits politique(s), fonctionnarisés par la Nation, déçus de n'avoir pas la mission nobélisée de sauver les générations futures, seuls.

Il est question dans le texte principale -celui publié avant que Véronique n'en lance la lecture publique, le faisant résonner jusqu'à l'Élysée comme un poisson de Premier avril- d’éthique scientifique et de ses contrevenants, nommément cités. Les signataires nous proposent une profession de foi en trois points sur l'oeuvre satanique de l'homme, manipulateur de la Nature et demandent que soient soumis au contrôle de la majorité –non pas la probité, ni la validité- toutes les voies de recherches contestataires de cette science balbutiante dont on veut nous faire croire qu’elle s’appelle « science du climat », alors qu’elle n'est que le reflet compliqué de la somme totale de ce que les présocratiques et Aristote nomment l’étude contradictoire des phénomènes naturels.

Je rappelle que le physiologoï qu’est Hippocrate ou Thalès se permet une approche globale des lois gouvernant le monde et en appelle à toutes les disciplines pour en comprendre sa mécanique. Il est mathématicien ou philosophe, il observe et tente de reproduire par la démonstration et la réplication. Il refuse aux "sens" de le tromper. Jusqu'à ce que je comprenne que j'étais en dehors de "leur" vérité, je pensais qu’un mathématicien, un historien, un géologue, tout expert dans sa spécialité, entrant volontairement dans la discussion climatologique n’avait pour moi -celui qui observe- aucune « illégitimité » et rassurait plutôt mes « sens » citoyens.

Ma surprise du matin, est conséquente au commentaire de cette inconnue -que son adresse IP porte vers des terres connues de la controverse, une filiale du CEA- que tous, de la journaliste, le scientifique non « légitimé » par ses pairs, le citoyen, disons, même, un simple écrivain comme moi, ne puissent s’immiscer dans la réflexion sur l’un des sujets principaux de notre vie planétaire. Dont acte.

Il n’y aurait donc plus qu’un seul bon camp « légitime », les prêtres et leurs disciples baptisés. Ce seraient les ONG validées par le corps scientifique du GIEC, les auteurs et acteurs favorables à l’épilation à froid comme message planétaire, les chanteurs – Attention , je n’ai pas parlé de ceux qui ne paient pas leurs impôts et se cachent dans des paradis fiscaux – et tous les « bons » citoyens qui diffusent la parole cataclysmique de la fin du monde, celle qui prévient les générations futures de l'imminence des mètres d’eau salant tous les verres de Bourbon du monde riche et civilisé et de son envers infernal de tonnes de sables asséchant les rizières des populations déjà affamées. Tous ceux qui n’ont pas le badge offert par Al Gore après le séminaire de crétinisation doivent continuer à diffuser « La mauvaise foi et les erreurs criantes (qui) n'ont pas leur place dans les journaux scientifiques soumis à la relecture par les pairs (mais) malheureusement, (qui) trouvent leur place dans les médias » (sic).

Laissons-nous donc porter vers ceux qui essayent de dénaturer ce terrible terme de négationnisme en oubliant que le corps scientifique sans éthique ni contrôle citoyen a permis l’Inquisition et les tests « in-vivo » du docteur Mengele. Pourtant, leur discours autour du CO2, « nos usines nucléaires rejettent moins de CO2 que nos forêts » promeut non seulement d’autre lobbies que le tout puissant monde du pétrole (vade retro !) mais surtout la décroissance, vieille rengaine des années soixante-dix, qui a conduit au retour à la nature et aux bons airs de la campagne, nos riches enfants intellos jusqu'aux fermes du Larzac, avant de les faire revenir à la capitale pour terminer Science Po. Pour les autres de cette génération -les plus pauvres et les oubliés- ce furent les champs de PolPot et de Mao.

Le mauvais bourgeois est donc de retour ! Il est partout ! Entrez chez lui pour lui couper l’eau chaude ! Coupez-lui la tête, bonnes gens ! Il est le mal incarné quand il veut « des oranges en hiver venues de l'autre bout du monde ? Trois voitures chacun ? Un 4x4 capable de monter à 250 km/h pour aller acheter du pain à l'autre bout de la rue ? ». (Reprends un peu de ce Bourgogne, ma Chérie, je l’ai eu en contrebande). Nous l’avons entendu de la bouche du ministre français, réduisant la discussion écologique au « Allez ! Continuez à consommer 15 litres aux cent ! ». Sous-entendu, l’État français n’a jamais empêché la vente des véhicules électriques, l’émission des magiques « cartes grises » permettant un marché secondaire, ni la libéralisation de l’énergie électrique pour tous, solaire ou éolien. Là on touche à la richesse de notre industrie nationale. Quand il veut vivre libre et fumer son cigare en paix, chauffé au solaire en attendant que les états veuillent bien lui offrir cette énergie verte dont il rêve, le bourgeois nouveau doit battre sa coulpe en plus de le payer avec les dollars qu’il a eu un « mal » fou à gagner.

En cette période d'après Carême catholique, voici donc revenue la notion scientifique de l'éthique envisagée par la civilisation chrétienne du haut moyen-âge et dont s’inspirent tous les systèmes totalitaires. Une éthique « pour le seul bien des générations futures » qu'on voudrait contrôlée par l’État, quand il nous est favorable dogmatiquement, sous excuse de « validation », une éthique scientifique qui n’appartiendrait qu’au monde scientifique.

Je suis pourtant un écologiste convaincu, qui connait mieux la vie sous-marine qu’un Le Treut ou une Delmotte (j’hésite à lâcher une méchanceté sur la dame, mais la lecture de ses publications pour les enfants me fait furieusement penser aux publications soviétiques enfantines montrant le futur paradis communiste –un blond au torse puissant- désignant du doigt le présent bourgeois –un petit malingre avec un gros nez- ), j’observe et je constate que l’opinion change. Plus personne n’accepte qu’on continue à jouer du « légitime » pour un Al Gore et un Harisson Ford, un Hulot ou un Artus-Bertrand, un Kempf ou un Foucard, et d’un illégitime pour un scientifique Courtillot ou un Allègre, un Serge Galam ou tout autres scientifiques, ainsi que de n’importe lequel de ces dizaines de milliers de chercheurs de tous horizons qui se découvrent en désaccord avec le grand montage scientifique de la décroissance des pays riches. Oui, mais là, les budgets, ceux qui se réduisent après le fiasco de Copenhague, ne peuvent être donnés à tous… Zut, j’ai mis le doigt sur la plaie ouverte de la climatologie contemporaine.

Allons, revenons aux fondamentaux. Rappelons qu’il n’y a « science sans conscience », comme le rappelle l’excellent rapport de l’UNESCO cité par Véronique, que la dialectique contradictoire, le "dianoia" grec, est l’essence de la recherche scientifique. Félicitons le directeur de l'académie des sciences qui répond aux pétitionnaires que "la science n'est pas l'éco-religion punitive".

J’aime beaucoup la dispute qu'il y eut chez les philosophes et les traducteurs classiques autour de l'avertissement gravé sur le fronton de l'Académie d’Athènes. Il fut longtemps traduit par les moines de notre culture chrétienne en une interdiction de penser, adressée aux non-scientifiques : «Que nul n’entre s’il n’est géomètre ». Il doit pourtant être pris au sens passif du "geômetrètos", « qui peut être objet de géométrie ».

Le texte de Véronique Anger, tout comme l'avertissement gravé par les Athéniens, n'est pas adressé à ceux qui sont ou ne sont pas "géomètres", ces "légitimés" de la bonne conscience décroissante. Je le reçois comme la réponse à tous ceux, les inquisiteurs et les étroits d’esprit, qui ne voudront pas s’ouvrir à l’esprit même de la "géométrie", c’est-à-dire : partager les sciences et les connaissances pour le seul bien commun.".

Patrick de Friberg

(article également en ligne sur Le Post).


Patrick de Friberg est écrivain (thrillers et romans d'espionnage). Il a publié Passerelle Bankovski (JML éditeur, 2005), Homo Futuris et Exogènes (Des idées et des Hommes, 2007), Dossier Déïsis (Le castor astral, 2009), Le Représentant (Alibis, 2010), ... Plus d'infos.