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jeudi 9 décembre 2010

Cancun : une empreinte carbone de 20.000 tonnes de CO2 !

Jeudi 09 décembre 2010, 07:48, dépêche AFP

"20.000 tonnes de CO2, soit l’émission annuelle d’un millier d’Américains. Tel devrait être le bilan carbone de 12 jours de conférence de l’ONU sur le climat à Cancun, où plus de 190 pays réfléchissent au moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Deux hôtels de luxe et un autre espace pour les ONG, des autobus qui transportent les 20.000 participants depuis et vers leurs propres hôtels, l’air conditionné, la lumière, les systèmes de communication… Tout a été calculé, a assuré mercredi le ministère mexicain de l’Environnement.

« Nous allons compenser » toute l’empreinte carbone de la conférence qui s’achève vendredi, a promis un responsable du ministère, Manuel Herrero.

20.000 tonnes représente l’émission moyenne par an d’environ 1.050 Américains ou encore 20.000 Philippins.

Le gouvernement mexicain, en coopération avec l’ONG Pronatura, a annoncé qu’il débloquerait des fonds pour des communautés rurales de l’Etat de Oaxaca (sud-est) afin qu’elles conservent 1.400 ha de forêts, efficaces puits à carbone.

Le bilan carbone ne prend pas en compte le transport par avion des délégués, ministres, membres d’ONG et journalistes qui sont venus de plus de 190 pays, des quatre coins de la planète.".

mercredi 3 novembre 2010

Sondage ADEME : le climato-alarmisme ne fait plus recette...


... et le climato-scepticisme gagne du terrain !


L'influence des grands médias est toute relative ! Et les journalistes écolos, qui ont la prétention de penser que les grandes décisions se prennent dans les salles de rédaction, et les climato-alarmistes extrémistes devront revoir leur stratégie : lynchage médiatique et dialectique trotskyste ne sont plus adaptés à notre époque. Et non, les Français ne sont pas des veaux et il faudra mieux que du dénigrement systématique ou des pétitions appelant à la censure des climato-sceptiques pour les convaincre que le réchauffement est l'urgence planétaire du moment... de vrais arguments scientifiques peut-être ?

Selon les résultats rendus publics vendredi dernier d'une enquête menée par l'institut ISL pour l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) en septembre 2010 par téléphone auprès d'un échantillon de 1.000 personnes, représentatif de la population âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas) :
- Le réchauffement climatique n'est cité parmi les problèmes d'environnement les plus préoccupants que par 19% des personnes interrogées, contre 28% en 2009 et 33% en 2007 (la même enquête est réalisée pour l'ADEME chaque année depuis 2000).

- Il s'agit du plus faible total depuis 2005, a précisé Daniel Boy, directeur de recherches au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), qui a dévoilé les résultats au cours d'une table ronde sur les "controverses climatiques" organisée à Sciences Po Paris.

- Quelque 30% des sondés, contre 17% en 2009, estiment que le réchauffement de la planète est "un phénomène naturel qui a toujours existé" et ils ne sont plus que 65%, contre 81% en 2009, à l'attribuer aux activités humaines, qui est la thèse retenue par la communauté scientifique.

(Sources : 20minutes.fr - Ouest- France - AFP)



mercredi 28 avril 2010

CLAUDE ALLEGRE : POUR UNE VRAIE ECOLOGIE !

« Il est temps que les dirigeants européens reviennent au principe de réalité, et surtout acceptent de vivre dans les temps présents, qu’ils cessent d’escamoter au profit d’un avenir mythique les dures réalités d’aujourd’hui.». *Claude Allègre, L’imposture climatique ou la fausse écologie.


Géophysicien, géochimiste, académicien des sciences, ancien ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Jospin, Claude Allègrefait régulièrement la Une des journaux pour ses petites phrases assassines ou ses interventions spectaculaires dans la controverse sur le climat. Dans L’imposture climatique ou la fausse écologie, le pionnier (en France) du climato-scepticisme s’entretient avecDominique de Montvalon. Son discours a été perçu comme une véritable déclaration de guerre par les journalistes qui ont choisi le camp de l’idéologie « réchauffiste » et par ses habituels détracteurs (scientifiques, politiques ou médiatiques, tous climato-alarmistes) prétendant le renvoyer à sa propre « imposture » en l’accusant d’avoir laissé passer des erreurs grossières(2) et introduit des mensonges dans son anti-thèse. Une goutte d’eau qui a fait déborder le vase des climatologues alarmistes qui ne supportent pas la contradiction et rêvent de museler une fois pour toutes leur pire ennemi et, début avril, ils faisaient part de leur exaspération dans une pétition(3) adressée en grandes pompes aux plus hautes instances scientifiques et politiques françaises. Une première dans l’histoire de la science moderne française !


Le combat du bon sens et de la mesure contre la pensée unique

Alors que les fondamentalistes du climat se battent pour contrer une hypothétique hausse de 2 à 3°C dans un siècle, Claude Allègre rappelle quelques règles de bon sens : « Comment définir la température moyenne du globe ? Entre les zones polaires et la zone intertropicale, il y a 120°C de différence. Entre le jour et la nuit dans la zone tempérée, 10°C de différence. Entre l’été et l’hiver, 20°C de différence (11°C en moyenne pour l’hémisphère Nord). Comment définir une température moyenne dans ces conditions de variabilité ? Déjà, définir une température annuelle moyenne à 0,1°C près en un lieu précis n’est pas un problème simple, mais à l’échelle du globe, ça paraît impossible. ». Bien que cette partie constitue un élément important et intéressant du livre, je laisserai de côté la bataille des arguments scientifiques et des règlements de comptes personnels. La plupart des journalistes ne se sont intéressés qu’aux aspects polémiques et aux regrettables erreurs qu’auraient commises M. Allègre. Pour ma part, je préfère me concentrer sur l’engagement de l’ancien homme politique contre le dogme et pour le droit d’exprimer ses doutes.

Une question brûle les lèvres de tous ceux qui s’intéressent au « climatologiquement correct » : comment a-t-on pu monter un tel scénario et mobiliser la planète entière autour d’un « mythe sans fondement, d’un enjeu virtuel : le climat de la Terre dans un siècle » pour reprendre les termes de M. Allègre ? Celui qui se définit lui-même comme « l’agnostique des prédictions climatiques » rappelle qu’« Il faut dire que le changement climatique est réel et, quel qu’il soit, demain, qu’il faudra s’y adapter. Depuis 10 000 ans, l’homme fait la démonstration qu’il sait s’adapter à des changements climatiques qui n’ont jamais cessé.(…)Mon combat, c’est contre l’extrémisme sous toutes ses formes, contre l’alarmisme, la peur, le totalitarisme vert, contre les excès de toutes origines. C’est celui du bon sens et de la mesure. ».


Un monde plus « respirable » ?

La guerre livrée par les écologistes « ultra » a pour but « de faire la démonstration de l’inaptitude des dirigeants politiques, puis dénoncer la société dans laquelle on vit (et qu’ils veulent détruire) et, chemin faisant, la mondialisation (qu’ils combattent). ». Des ultras qui veulent imposer une vérité officielle «comme en URSS du temps de Lyssenko(5) » affirme M. Allègre. Un jugement sans appel pour qualifier la posture actuelle adoptée par des personnalités qui se réclament de la deep ecology(6) et refusent d’entendre toute argumentation contradictoire émise par des scientifiques indépendants (hors GIEC) en décrétant que le « consensus » a force de Loi. En 2008, Al Gore, le pape de la cause réchauffiste, qui se fait payer ses conférences 200 000 $ de l’heure -celui par qui tout a commencé- achevait l’une de ses conférences par cette recommandation : « Vous avez le devoir de réduire au silence ceux qui s’opposent aux avis du GIEC. ». Comme le fait remarquer Claude Allègre, c’est invraisemblable ! Daniel Cohn-Bendit, qu’on ne peut taxer d’être anti-écolo, n’a-t-il pas mis en garde « contre la dérive du risque de l’écologie politique totalitaire » ? rappelle-t-il.

Parmi les meneurs de l’offensive réchauffiste, on retrouve aussi Stephen Schneider et bien sûr notre « alarmiste en chef » James Hansen, deux chantres duglobal cooling dans les années 1970… Le club de Rome avait, en effet, annoncé un futur désastre climatique provoqué (lui aussi) par l’activité humaine (les aérosols qui allaient faire baisser les températures). Les « experts » d’alors prévoyaient que la Terre allait entrer dans un nouveau « petit âge glaciaire ». Le Club de Rome est un échec et est dissout en 1984. Qu’à cela ne tienne, l’année suivante, les mêmes alarmistes qui ont soufflé le froid commencent cette fois à souffler le chaud ! On prend les mêmes et on recommence… et en 1988 le GIEC (IPCC en anglais) voit le jour, co-fondé par le climatologue suédois Bert Bolin (décédé en janvier 2008) et l’ancien général adjoint des Nations Unies et ex-secrétaire de la conférence des NU sur l’environnement et le développement, le canadien Maurice F. Strong. Strong, l’homme de l’ONU, le sésame financier, l’homme de réseaux, sans qui rien n’était possible. « Le trio britannique Thatcher-Blair-Houghton » aurait également joué un rôle moteur en accordant le plus grand crédit aux scénarios catastrophes propagés dans le monde entier par David King, conseiller scientifique de M. Blair, ce qui prouve, selon M. Allègre, que « même les chefs d’Etat perdent le sens commun ».

Notre ancien ministre de la Recherche raconte aussi comment, au GIEC, « une poignée de militants météo-climatologues, dotés de moyens financiers et du prestige que donne l’ONU » ont pris les rênes des revues scientifiques et ont cadenassé tout le système des publications : « Lorsqu’un éditeur scrupuleux acceptait un article en contradiction avec la thèse officielle, on organisait une cabale pour l’acculer à la démission ». Un mouvement bien organisé, qui ne s’est pas contenté de verrouiller journaux et revues, mais a aussi utilisé la rétention de données et la coupure des crédits de recherche pour obliger les chercheurs à respecter le credo du GIEC, le fameux « consensus » sur le climat. En privant « les éventuels « déviants » de tous moyens de recherche » poursuit-il, « les tenants du global warming ont petit à petit pris en main les directeurs scientifiques des agences de recherche, lesquelles ont coupé les crédits à tous les hétérodoxes en choisissant comme référents les tenants des thèses du GIEC(7). ». Résultat : « Personne ne bouge, faute de se retrouver sans moyens de recherche. ». Claude Allègre n’oublie pas non plus de souligner les motivations purement corporatistes d’un petit groupe « de scientifiques de second ordre pour la plupart » qui, en une décennie seulement, a bien failli réussir à imposer la volonté du GIEC aux Grands de ce monde :« Quelques météorologistes ont foncé sur l’étude du climat pour justifier leur activité scientifique, et protéger ainsi leurs équipes et leurs crédits. Ces leaders n’étaient pas des scientifiques du secteur de la recherche libre, universitaire, mais des directeurs de services scientifiques d’Etat, habitués aux contacts avec les responsables politiques. ».


Un climato-sceptique en colère

« Il est temps que les dirigeants européens reviennent au principe de réalité, et surtout acceptent de vivre dans les temps présents, qu’ils cessent d’escamoter au profit d’un avenir mythique les dures réalités d’aujourd’hui. ». En s’engageant dans la lutte contre le réchauffement, les leaders politiques espéraient «redorer leur image » estime Claude Allègre. Voilà qui résume parfaitement le malaise qui ronge, depuis plus d’une décennie, les politiques et chefs d’Etat occidentaux impuissants à se projeter avec sérénité dans l’avenir et à résoudre les grandes crises économico-politiques, mais aussi existentielles, de citoyens qui aspirent à un monde plus juste, plus « respirable ». Preuve de leur bonne foi, en dix ans, nous apprend l’ancien ministre, plus 20 milliards d’euros ont été versés aux organismes et laboratoires des chercheurs en climatologie répartis aux quatre coins de la planète au lieu de régler les urgences les plus criantes : « Cette somme correspond à ce que demandent les responsables qui s’occupent du dossier de l’eau pour sauver un demi-milliard de personnes(…) D’un côté, des défenseurs autoproclamés de la planète ; de l’autre, des centaines de milliers de morts par manque de nourriture ou d’eau, et le plus souvent des deux. Voilà pourquoi, oui, je suis en colère. ». Des urgences (la démographie mondiale, l’éducation, l’accès à l’eau potable et à la nourriture, la pollution de l’eau, de l’air, du sol et des océans, le traitement des déchets urbains, la santé, les économies d’énergie, le développement des énergies durables, la pauvreté…) sur lesquelles Claude Allègre tente d’attirer l’attention(4) depuis une trentaine d’années. « Alors que 10.000 personnes meurent chaque jour par manque d’eau potable, le sommet de l’eau à Ankara l’an dernier s’est déroulé dans l’indifférence générale. Aucun chef d’Etat ne s’est déplacé, ni non plus à Rome en novembre 2009 pour le sommet de la FAO. ». En revanche, plus d’un demi-milliard d’euros ont été dépensés pour aboutir au fiasco de Copenhague… Un investissement qui aurait permis de sauver 100 000 enfants, nous assure-t-il. Vu sous cet angle en effet, on se demande si sauver les vivants intéresse ceux qui imposent leurs choix pour les générations futures ?


La « résistance » s’organise…

Heureusement, la « résistance » contre le totalitarisme climatique s’est organisée dans le sillage de l’américain Richard Lindzen, professeur de météorologie et de climatologie au MIT. L’un des spécialistes parmi les plus compétents et les plus respectés au monde ne craint pas de dire haut et fort ce qu’il pense des thèses alarmistes. Pour cela, il a été calomnié sans relâche et accusé d’être à la solde des pétroliers, donc d’être pro-Bush puisque Bush est lié au grand lobby du pétrole… Le même raisonnement vaut d’ailleurs à l’encontre de tous ceux qui s’opposent à la théorie réchauffiste, que ce soit de ce côté ou de l’autre de l’Atlantique, dénonce Claude Allègre.

Parmi les scientifiques spécialistes du climat qui ont eu le courage de s’opposer au GIEC, il cite encore Fred Singer, ancien responsable des observations climatiques à la Nasa, qui a rassemblé une équipe pour former un contre-GIEC ; l’australien Edwart Bryant, qui a dénoncé les exagérations de l’hypothèse de l’influence du CO2 sur le climat ; le géographe français Marcel Leroux, professeur de climatologie à Lyon qui, jusqu’à sa mort l’an dernier, a lutté contre les thèses « ultra » ; le climatologue danois Henrik Svensmark(8), chercheur au Centre spatial national du Danemark qui propose une autre explication au réchauffement planétaire. Des scientifiques non climatologues se sont aussi intéressés au débat climatique, par la magie de l’interdisciplinarité. C’est le cas de l’Américain Freeman Dyson, l’un des physiciens et mathématicien les plus respectés ; du statisticien danois Bjorn Lomborg ou du Français Pierre-Gilles de Gennes (décédé en 2007) prix Nobel de physique 1991 qui constatait, comme le souligne M. Allègre que : « Les problèmes d’environnement sont souvent gérés par des spécialistes des « simulations », c’est-à-dire des gens dont la compétence est davantage dans l’ordinateur que dans les données scientifiques. ». Il évoque également quelques journalistes, notamment Laurent Cabrol et, bien sûr, ses collègues académiciens des sciences, les géophysiciens spécialistes du magnétisme : Vincent Courtillot(9) (actuel directeur de l’Institut Physique du Globe de Paris) et Jean-Louis Le Mouël (ancien directeur de l’IPGP). Il cite aussi : le physicien Serge Galam, Christian Gérondeau, Benoît Rittaud, André Legendre ou Yves Lenoir (écologiste, ancien militant de Bulle bleue). La liste des « résistants » est assez longue, aussi j’invite le lecteur à se reporter au chapitre 4 pour en prendre toute la mesure.


La décroissance chère aux Verts… nous y sommes !

« Les Verts ont gagné : on est effectivement dans le scénario de la décroissance » regrette Claude Allègre. « Pour certains, cet engagement est proche d’un nouveau mysticisme : la Nature, la Nature, la Nature….(…) C’est la nouvelle idéologie(…). Nous vivons à cause de ces écologistes-là le temps de l’écologie dénonciatrice et castratrice. Moi, je défends l’écologie réparatrice et motrice. ». Il y a 30 millions d’Européens sans emploi et l’Europe présente des indices proches de la croissance zéro alors que la Chine connaît une croissance de +9%, l’Inde de +7%, le Brésil de +5% et les Etats-Unis -qui ont fait le choix de poursuivre leur croissance tout en faisant le pari des énergies renouvelables- flirte avec les +3%. Pourtant, selon Claude Allègre : « Pour l’Europe, la priorité, c’est la reprise économique et la lutte contre le chômage galopant. Ce n’est pas la lutte contre un imprévisible changement climatique.D’autant qu’il est possible de mener cette politique sans sacrifier l’environnement mais, au contraire, en l’utilisant comme levier de croissance(…) Non seulement je ne crois pas que les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui sont des obstacles au développement » assure-t-il avec conviction, « mais je pense, à l’inverse, qu’ils constituent un terreau d’une extraordinaire fécondité pour la croissance à venir. Nous sommes au seuil d’une nouvelle ère de prospérité pour l’humanité(…) Pour sauver la planète, tournons le dos aux tentations réactionnaires, sectaires et millénaristes, et croyons en nous-mêmes, en nos capacités, en notre élan. Oui, regardons devant nous, et croyons au progrès ! ».


*Scientifique de réputation internationale, prix Crafoord pour la géologie en 1986, médaille Wollaston en 1987, médaille d’or du CNRS en 1994, Claude Allègrea été ministre de l’Education nationale, de la Recherche et de la Technologie du gouvernement Jospin (de 1997 à 2000). Auteur d’une trentaine de livres depuis 1973, il a consacré un titre à Galilée (Galilée. Plon, 2002), signé de nombreux ouvrages de vulgarisation scientifique (La science est le défi du XXI° siècle. Plon, 2009 ; La science et la vie. Fayard, 2008 ; Un peu plus de science pour tout le monde. Fayard, 2006…) et plusieurs livres sur l’écologie (Economiser la planète. Fayard, 1990 ; Ecologie des villes, écologie des champs. Fayard, 1993). Repères biographiques sur le site de l’Académie des Sciences.


(1) L’imposture climatique ou la fausse écologie, avec Dominique de Montvalon (Plon, février 2010)

(2) Lire : « Claude Allègre : Les questions qui restent posées » (Le Monde du 3 mars 2010)

(3) Lire : « La religion de la catastrophe » (Pr Henri Atlan, Le Monde du 27 mars 2010) ; «Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-Office ? » (V. Anger, AgoraVox du 30 mars 2010) ; « 400 climatologues en colère : 2 versions pour une même pétition ! » V. Anger, AgoraVox du 2 avril 2010) ; Vincent Courtillot : Le GIEC n’est pas le garant de la vérité scientifique (interview de Marc Mennessier dans Le Figaro du 2 avril 2010) ; Lettre ouverte aux signataires de l’appel Ethique scientifique et sciences du climat (Benoît Rittaud, Le Mythe climatique du 2 avril 2010) ; Des scientifiques demandent une « police » de la science (Serge Galam, Causeur.fr le 3 avril 2010) ; Contre le clan de la pensée unique (Jean-Louis Le Mouël, Le Télégramme.com du 6 avril 2010) ; La pétition contre les climato-sceptiques est infantile (Pr Axel Kahn, Marianne du 9 avril 2010) ; « Climat : la « pétition des 600 ruine la crédibilité du Giec » (Rémy Prud’homme, L’Expansion du 15 avril 2010) ; « Pétition des 600 : qui sont les climatologues en colère ? (Rémy Prud’homme, Le Post du 26 avril 2010).

(4) Economiser la planète (Fayard, 1990) ou Ecologie des villes, écologie des champs (Fayard, 1993) notamment.

(5) L’affaire Lyssenko ou la plus grande aberration de tous les temps : Soutenu par Staline et l’appareil du parti communiste, Trofime Lyssenko (1898-1976), ingénieur agronome, a réussi à faire de la science une religion d’Etat pendant plusieurs décennies, et à imposer une théorie génétique non scientifique à toute l’Union soviétique. Ses thèses ont dominé la recherche biologique jusqu’à ce que celles-ci soient définitivement discréditées au milieu des années 1960. Le biologiste français Jacques Monod, prix Nobel de médecine en 1965, qualifiera cette affaire de « régression unique dans les annales de la science contemporaine. ».

(6) A propos de la deep ecology (écologie profonde) lire : « Le nouvel Ordre écologique » de Luc Ferry avait 20 ans d’avance… » (V. Anger. Le Post du 3 avril 2010).

(7) Lire l’article de Richard Lindzen, « Climat de peur » (Wall Street Journal, 12 avril 2006. Traduction française de Frédéric Wauters). A signaler : Rajandra Pachauri, président du GIEC, a déclaré à un journal danois en Avril 2004 : « Quelle différence y-a-t-il entre la vision de l’humanité de Lomborg et celle de Hitler ? », ce qui en dit long sur l’esprit tolérant du GIEC…

(8) Voir la vidéo : Le secret des nuages.

(9) Vincent Courtillot a démontré de graves erreurs commises par les scientifiques du GIEC dans le cadre des Journées scientifiques de l'université de Nantes (septembre 2009) en s'appuyant sur les résultats des travaux menés depuis 4 ans par son équipe de recherches sur le climat. Voir son exposé, « Sur le réchauffement climatique ».


Lire aussi :

- « Claude Allègre, hérétique ? » (V. Anger, AgoraVox et Les Di@logues Stratégiques du 5 octobre 2006)

- La dernière Croisade. Des Ecolos… aux Ecolomaniaques ! (en intégral sur Calaméo. Véronique Anger. Ed. L’Arganier, novembre 2009) et Variations sur le thème de l’écolomania

lundi 26 avril 2010

Pétition des 600 : qui sont les climatologues en colère ? Par Rémy Prud’homme, professeur (émérite) des universités


« Au total le nombre des chercheurs confirmés ne dépasse pas 20% des signataires. Si la pétition développait une argumentation, seule compterait la force des arguments et la qualité des signataires importerait peu. Mais elle ne contient guère que des jugements et repose sur la crédibilité des juges. ». Je remercie Rémy Prud’homme, qui m’autorise à reproduire ses conclusions dans ces colonnes.

« Comme l’on sait, 400 « climatologues en colère » (devenus 600) ont écrit une lettre à la ministre de la Recherche pour lui demander de condamner MM. Allègre et Courtillot, nommément visés dans leur pétition. Qui sont les signataires ? Pour le savoir, on a fait dans la liste des 400 un sondage aléatoire au 1/5, et cherché sur internet le statut et l’affiliation de nos censeurs.

La première conclusion est que les chercheurs universitaires sont très minoritaires : 16%. Bien plus nombreux sont les chercheurs du CNRS (27%) et les chercheurs des grands organismes de recherche (40%) comme le CEA, l’IRD (anciennement l’ORSTOM), Meteo-France, ou l’IFREMER. Dans un groupe résiduel (16%), on trouve un fonctionnaire de la Commission européenne, un directeur d’association, des doctorants, quelques étudiants en post-doc, et des chercheurs sans statut bien défini (peut-être des chercheurs sur contrat).


Une exception française…

Le dualisme Université - CNRS et grands organismes assimilés que l’on retrouve ici est une exception française. On connaît deux grands types d’organisation de la recherche : le modèle soviétique ou elle est confiée à des organismes politiquement contrôlés appelés académies, et le modèle américain où elle est le fait des professeurs d’université, comme en témoigne le fait qu’à peu près tous les prix Nobel scientifiques américains sont des professeurs. Le système français offre depuis la dernière guerre une juxtaposition de ces deux modèles, même si en pratique universités et CNRS coopèrent souvent. Depuis une vingtaine d’années, la politique affichée est de rapprocher la France du modèle américain, qui est le modèle dominant dans le monde, c’est-à-dire au profit des universités et au détriment des organismes de recherche. Claude Allègre, lorsqu’il était ministre, et Vincent Courtillot, lorsqu’il était directeur de l’enseignement supérieur, ont œuvré dans ce sens.

Ces observations éclairent peut-être la pétition, d’une double façon. Pour régler un différent scientifique des chercheurs du CNRS et de grands organismes publics - dont les patrons sont nommés en conseil des ministres – ont le réflexe d’en référer à leur ministre. Des universitaires indépendants, en France comme dans le reste du monde, trouvent cela moins convenable. D’autre part, il n’est pas interdit de penser que certains des signataires règlent ici un vieux contentieux, et en veulent autant à MM. Allègre et Courtillot pour leurs critiques de l’organisation de la recherche française que pour leurs critiques des thèses carbocentrées.


Une faible tolérance à la contradiction…

La deuxième conclusion de l’analyse des signataires est qu’on semble y trouver davantage de chercheurs juniors que seniors. Les chercheurs confirmés sont les professeurs titulaires des universités et les directeurs de recherche du CNRS. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de chercheurs brillants, féconds ou prometteurs parmi les maîtres de conférences des universités et les chargés de recherche du CNRS (les premiers grades de ces institutions). Mais ils n’ont pas, ou pas encore, fait leurs preuves. Parmi les signataires de notre échantillon, il y seulement 11% de professeurs et directeur de recherches du CNRS. Les 27% de signataires identifiés comme CNRS sont principalement des chargés ou des ingénieurs de recherches. Un certain nombre des chercheurs du CEA ou de l’IRD pétitionnaires ont un niveau et un statut de directeur de recherche, que la consultation d’internet ne fait pas apparaître. On peut tenir pour certain qu’aucun des 16% de divers, dont certains viennent tout juste de soutenir leur thèse, n’a ce statut. Au total le nombre des chercheurs confirmés ne dépasse pas 20% des signataires. Si la pétition développait une argumentation, seule compterait la force des arguments et la qualité des signataires importerait peu. Mais elle ne contient guère que des jugements et repose sur la crédibilité des juges.

Une troisième observation est que les signataires semblent davantage des institutions que des individus. Ce sont apparemment des laboratoires entiers du CNRS, du CEA ou de l’IRD qui ont pétitionné, du directeur à l’ingénieur de recherche. La tolérance à la contradiction semble faible chez les climatologues, à l’intérieur d’un laboratoire donné comme à l’égard des intrus. La contradiction est pourtant ce qui fait le sel de la recherche. ». Rémy Prud’homme, avril 2010


Professeur (émérite) des universités, Rémy Prud’homme a souvent enseigné au MIT comme professeur en visite. Plus d’infos. Les papiers récents de Rémy Prud’homme en ligne sur son site. Lire notamment son article « Climat : la « pétition des 600 » ruine la crédibilité du Giec » dans L’Expansion du 15 avril 2010.

A lire également : Variations sur le thème de l’écolomania.

Illustration extraite du livre « L'imposture climatique ou la fausse écologie » (Plon, février 2010) de Claude Allègre.

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Nota :

J’ai consacré deux articles à la pétition(1) des climatologues alarmistes et, pour conclure sur ce sujet, je me permets une dernière observation. Il est consternant -sur le plan de l’éthique dont se réclament les initiateurs de la pétition- de ne trouver précisé nulle part sur le texte définitif, qui a signé la version 1 (avec sa profession de foi sur le CO2 et les attaques virulentes contre Claude Allègre et Vincent Courtillot) et qui a signé la version 2. Version revue en catastrophe, et légèrement édulcorée. Sachant que la version 2 a été publiée à 3H12 du matin (heure de Paris… je précise aux lecteurs qui l’ignoreraient que je réside au Canada) et que la version 1 comptabilisait 277 signatures avant modifications, il existe donc 2 groupes de signataires différents. Nulle mention de ce point pourtant essentiel. Ce qui me sidère plus encore, c’est qu’aucun journaliste des grands médias n’ait relevé cette « anomalie »… pour ne pas dire ce manquement à l’éthique ! Véronique Anger-de Friberg, auteur de La dernière Croisade. Des Ecolos… aux Ecolomaniaques ! (L’Arganier, novembre 2009).

(1) « Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-office ? » et « 400 climatologues en colère : 2 versions pour une même pétition ! ».

jeudi 22 avril 2010

La dernière Croisade… Le livre made in Facebook. Par Nicolas Grondin, éditeur


La dernière Croisade
Véronique Anger
L'Arganier 2009. 15 €

"Une création intellectuelle tangible, dans l’économie réelle, réalisée en direct sur le virtuel de leur mur.". Nicolas Grondin, éditeur.


Pari réussi(1) ! Le buzz sur la blogosphère et les réseaux sociaux sont beaucoup plus efficaces que les services de presse croulant sous les nouveautés, qui ne s'intéressent qu'aux "grosses machines" à vendre des livres... Nous avons appliqué cette maxime d'André Schiffrin : "Notre rôle est d'être contre-cyclique. C'est précisément quand tout le monde est d'accord qu'il faut commencer à se poser des questions" (Le contrôle de la parole. La Fabrique, 1999) et le public a suivi...


Article reproduit avec l'aimable autorisation de Nicolas Grondin. Source : site web des éditions L’Arganier, Un arbre au seuil du désert.



"Je ne sais pas si c’est une première, si c’est LE premier livre strictement issu d’une relation Facebook. Peut-être. Mais au fond, je m’en tamponne, cela a été une expérience édifiante à de nombreux égards et oui, tout s’est construit sur ce réseau.

Partons du début.
Je ne suis pas un geek, loin s’en faut. Un poil ours, passéiste et rétrograde, même. Ce n’est que tardivement que je me suis intéressé personnellement aux réseaux sociaux du Web. Jusqu’au début de 2009, ça représentait pour moi un bizarre phénomène réservé aux drogués de l’écran, potentiellement dangereux pour mon intimité, vu l’espionnite aiguë de nos sociétés mercantiles.
Et puis, deux amis auteurs m’ont convaincu qu’il y avait quelque intérêt à faire sa «page» sur un réseau comme Facebook. Autant prendre le plus célèbre, n’est-ce pas ? Après tout, je passe déjà mes journées devant un écran pour des raisons professionnelles ; et ce que l’on va savoir de moi ne sera que ce que j’y livrerai. Bon… Je me suis fendu, à tâtons, d’un «mur» en remplissant les «infos» puis… enfin, vous connaissez le processus, puisque vous lisez ce texte.
Comme tout le monde, une fois connecté aux deux amis en question, j’ai cherché d’autres contacts avec une vague idée : constituer un petit réseau de gens intéressés de près ou de loin par le Livre, son actualité, ses soubresauts, éventuellement mon actualité éditoriale, etc. Donc, je cherchais des auteurs, des collègues, des lecteurs, des illustrateurs, des libraires… De clic en clic, ma foi, la chose s’est un peu étoffée. Je découvrais que le Livre était bel et bien présent, tant en qualité qu’en quantité, sur le réseau francophone au moins.

Nous sommes en septembre 2009, je dois être connecté depuis deux mois environ. Je tombe un jour dans la liste d’amis d’un ami — comme nous le faisons tous, sans doute —, sur Patrick de Friberg, que je ne connais que de nom pour l’avoir vu en librairie sur quelques couvertures. Je fais ma demande gentiment, comme pour les autres, sans le moindre dessein. Je découvre qu’il réside au Canada : ah ! ivresse de l’abolition des distances et de la communication instantanée par-delà les océans… Lisant sur son mur quelques interventions pertinentes d’une certaine Véronique Anger-de Friberg, dont je découvre qu’elle est son épouse, mais surtout un auteur, une éditrice, une Numide — mon mot pour ces nègres littéraires qui font un boulot de Romain. Lors je fais ma demande itou. Au fil des statuts des uns et des autres, je découvre avec intérêt quelques articles de Véronique sur ce qu’elle appelle l’Écolomania. Je ne sais plus exactement comment les choses se sont emmanchées, ni ce que j’ai pu écrire en commentant ceci ou cela : «les paroles s’envolent, les écrits restent», rien n’est moins vrai sur le réseau. Toujours est-il que Patrick, par message personnel FB, m’informe que Véronique met la dernière main à un manuscrit autour de cette question. Le sujet du livre n’étant pas le propos direct de cette histoire, je ne m’étendrai pas.
J’avais supposé évidemment que cette fenêtre sur la toile où je m’affichais en tant qu’éditeur allait m’attirer un certain nombre de propositions de ce type… Normal, et d’ailleurs sain puisque, après tout, c’est en publiant des manuscrits que je gagne ma vie. CQFD.
Je prends donc contact avec Véronique — par message perso FB, toujours — qui me confirme que oui, son travail est quasiment terminé et qu’elle n’est pas contre une publication, si le livre me convient. Alors qu’elle m’envoie son texte, je lui transmet quelques informations sur ma modeste maison et les conditions dans lesquelles elle serait éventuellement imprimée. J’ai l’habitude de ne jamais mentir sur l’état de ma dot avant de passer la bague au doigt. Ma diffusion, notamment, n’est pas la Rolls d’un Albin Michel : nous serons présents en librairie, en FNAC et autres mégastores, mais pas en grandes surfaces, par exemple.

En l’espace de quoi ? une semaine… dix jours peut-être, «l’affaire est dans le sac» comme le filmèrent les frères Prévert.
L'auteur
Le livre est bon, son propos judicieux et bien au centre de la réflexion ambiante (sans jeu de mot), son ton est exactement celui que je veux proposer dans ma collection d’essais, Pertinences. Bien sûr, Véronique ne hurle pas avec les loups, elle va même à contre-courant, mais c’est bien comme ça que je conçois mon rôle d’éditeur. De son côté, Véronique sait avec qui elle s’engage, et elle a quelques exigences. Entre autres que le livre soit en librairie avant la conférence sur le climat de Copenhague ; et qu’il soit disponible en ligne, gratuitement, deux mois après sa parution papier, soit janvier. Aïe, cette volonté-là m’est une violence : j’ai le sentiment que je me coupe l’herbe sous le pied. Cependant Véronique, qui a pas mal réfléchi au livre en ligne, m’assure que cette disponibilité ne devrait pas gêner la vente papier… et puis je veux jouer le jeu numérique jusqu’au bout.
Allez ! Banco, j’envoie un contrat rédigé dans ce sens. Véronique le signe.
Dans ce métier, ni l’un ni l’autre ne sommes tombés de la dernière pluie : nous parlons le même langage, même si nous ne nous sommes jamais vus. C’est une surprise et une première pour moi, instinctif viscéral, qui ai l’habitude de jauger — et d’être jaugé — face à face. À l’exception des échanges d’e-mails nécessaires à l’envoi de documents lourds, et de deux coups de fil, tous nos échanges ont lieu sur Facebook, par message perso, mais aussi sur nos murs respectifs. D’ailleurs, de mon côté, le réseau marche mieux que ma messagerie qui pédale dans le yaourt. Petit à petit, là non plus sans véritable préméditation, nous décidons comme une évidence de ne plus compter que sur le réseau pour la phase déterminante de l’existence d’un livre : sa promotion. Véronique a un lacis serré de plus de trois mille contacts, le mien est beaucoup plus modeste, mais en tout cela fait près de quatre mille.

Alors que je commence la correction et la mise en page, nous allons tester sur nos murs les projets de couvertures. C’est un élément essentiel pour un livre imprimé : sa vitrine, ce qui le distingue des autres sur les tables de librairie. Je vais donc proposer trois ébauches différentes, respectant chacune ma charte graphique, et demander à nos «amis» de donner leur avis, de critiquer, d’éreinter ou d’adhérer à l’une ou à l’autre. Toujours avançant le travail de maquette du texte, je suis les débats, pose des questions, réponds à d’autres. Puisque j’y suis, je teste aussi le texte du verso, premier contact du futur lecteur-acheteur avec le contenu du livre. Les choses s’affinent.
De son côté de l’Atlantique, Véronique entreprend avec quelques amis la réalisation de deux films promotionnels qui seront, eux aussi, mis en ligne et relayés sur nos murs… et celui de nos «amis» qui voudront bien les «partager», selon la terminologie idoine. Un premier est très court, plus une annonce qu’autre chose. Un second est nettement plus élaboré, dans lequel Véronique, face caméra dans leur maison canadienne, avec sa forêt, ses chiens, son bureau, explique son propos.
Le livre est imprimé en offset à 1 200 exemplaires chez Horizon à Gémenos (13), et il arrive comme prévu en librairie dans la semaine du 24, soit dix jours en moyenne avant la conférence de Copenhague qui envahit peu à peu nos médias, à coup de pages spéciales, de reportages «en situation» et autres billevesées complaisantes, Nicolas Hulot sort sur les écrans son pensum culpabilisant, après que Yann Artus-Bertrand ait notablement alourdi son bilan carbone… Bref, l’actualité est au consensus mou sur ces questions, et le livre de Véronique va faire tâche, mais alors tâche de bolognaise sur la chemise immaculée d’un présentateur de JT.

Les débuts sont foutrement difficiles. Le diffuseur est 40% au-dessous des chiffres annoncés, les services de presse — constitués essentiellement à partir du réseau Facebook de Véronique — ne donnent rien, sinon des reprises éhontées des affirmations et démonstrations du livre, non sourcées bien sûr. Éric Zemmour — qui n’est pas encore dans la tourmente de son dérapage à Canal +— cite Véronique quasiment dans le texte sur France2 et RTL, sans faire la moindre mention au livre que je lui ai envoyé et que visiblement il a lu. D’autres journalistes, dont certains «en vue», joignent Véronique pour lui dire qu’ils goûtent fort ce son de cloche différent dans le mièvre concert unanime, mais… qu’ils ne se sentent pas «libres» d’en parler.Chacun en tirera la conclusion qu’il voudra.
L'éditeur
Mais sur Facebook, où le livre est présenté, où le film est mis en lien… le débat est rageur : Véronique se fait insulter, je perds quelques «amis»… Beaucoup néanmoins sont curieux, cherchent le titre, présent en librairie, mais à quelques quatre cent cinquante exemplaires sur l’ensemble du territoire français. Quinze jours encore pour qu’enfin il arrive en Belgique, en Suisse. Quant au Canada, il faudra attendre… mai2010 ! Certes, ce n’est pas vraiment un livre cadeau et bien peu ont dû se retrouver sous le sapin. Là aussi, les manquements de la diffusion, et des libraires qui ne veulent pas commander en pleine période des fêtes, sont pointés sur Facebook par nos nombreux correspondants. L’occasion de lancer quelques débats sur la diffusion dans ce pays.

Puis, Copenhague prend fin. La montagne a accouché d’une souris, aussitôt boulottée par le gras matou de la Real politic… Le ton médiatique commence à changer : certains se demandent si les arcs de triomphe bâtis à la va-vite autour des climato-alarmistes n’étaient un peu prématurés. Comme sur Facebook plus tôt, les positions se radicalisent dans les colonnes et sur les antennes. Le GIEC, hier encore Vatican écolomaniaque, se fissure un peu partout. On donne la parole à des gens qui, hier encore, passaient au mieux pour de doux dingues ; Claude Allègre sort «L’Imposture climatique», chez Plon, en mars2010. Il cite au moins trois fois le livre de Véronique, et indique «La dernière Croisade» dans sa bibliographie.
Nous avons pris la décision, sur proposition de Véronique, de reporter au 15mars la mise en ligne du livre. On ne sait jamais…
Et les ventes décollent doucement. Oh, pas de quoi pavoiser, mais les libraires semblent découvrir qu’ils ont eu en rayon un titre qui donnait, un peu avant la grand-messe danoise, un autre son de cloche. Aujourd’hui «La dernière Croisade» est en ligne, lisible gratuitement et les ventes ne tarderont pas à atteindre les mille exemplaires réels, ce qui, dans le contexte de l’édition française, est loin d’être ridicule.
Et surtout, le discours a changé sur cette question : la foi du charbonnier n’est plus de mise sur la question des bouleversements climatiques. Je ne vais pas jusqu’à avoir la prétention d’y être pour quelque chose. Quoique… Véronique, elle, est persuadée que si ! Néanmoins, cette petite pierre aura enrichi le débat, suscité la polémique et la remise en cause dans le Landernau de nos réseaux. Petite pierre qui a du tomber dans la chaussure de quelques-uns car, puisque début février ma première page Facebook disparaît dans les limbes, «dispersée façon puzzle», comme disait l’autre.

Je considère surtout que j’ai fait le travail pour lequel j’ai choisi ce métier : permettre à une opinion non consensuelle d’être entendue sur l’agora.
Enfin ce texte-ci, en donnant à tous ceux qui ont participé à cette expérience de près ou de loin — par des avis, des commentaires, des conseils, des saillies, des colères, des adhésions — clos en quelque sorte le cycle d’une création intellectuelle tangible, dans l’économie réelle, réalisée en direct sur le virtuel de leur mur.".

Nicolas Grondin, éditeur. L’Arganier, Un arbre au seuil du désert



(1) A titre d'information, le nombre moyen des ventes de la catégorie "essais" est de 153 exemplaires... (Source : Rapport 2008 des chiffres de la culture en France. Télécharger le document PDF du Ministère de la Culture). Lire aussi cet article stupéfiant sur la réalité des chiffres de l'édition : "Flops en stock" (Bibliobs). Lire aussi "Le jeu de l'oie du web éditeur...


Nicolas Grondin s’engage dans les métiers du livre en rachetant, à 26 ans, la Librairie des Arcades à Pont l’Abbé (Finistère) qui fut l’une des librairies associées au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Huit ans et une belle réussite plus tard, il développe avec succès la Librairie L’Atelier (Paris, XX°). Après un passage chez Vilo, Nicolas Grondin prend, en 2001, prend la direction éditoriale des Éditions Carnot, puis en 2004 celle de L’Arganier. Entre 1998 et 2006, il écrit une vingtaine d’ouvrages pour divers éditeurs dont deux polars édités chez Fleuve Noir.


Véronique Anger s’intéresse aux théories sur le réchauffement climatique au début des années 2000 et a écrit une trentaine d'articles (dont « Claude Allègre, hérétique ? » en 2006) sur la montée de ce qui ressemble de plus en plus à une nouvelle intolérance d'ordre religieux. Dans son dernier essai La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! elle tente de décrypter l'écolomania sous l'angle religieux. N'étant pas scientifique, son propos n'est pas un plaidoyer pour ou contre les thèses sur le réchauffement climatique de nature anthropique, mais les questions principales sont : Doit-on accepter sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? A qui profite l'écolomania ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Tout savoir sur La dernière Croisade. Présentation vidéo par l’auteur.