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jeudi 22 avril 2010

La dernière Croisade… Le livre made in Facebook. Par Nicolas Grondin, éditeur


La dernière Croisade
Véronique Anger
L'Arganier 2009. 15 €

"Une création intellectuelle tangible, dans l’économie réelle, réalisée en direct sur le virtuel de leur mur.". Nicolas Grondin, éditeur.


Pari réussi(1) ! Le buzz sur la blogosphère et les réseaux sociaux sont beaucoup plus efficaces que les services de presse croulant sous les nouveautés, qui ne s'intéressent qu'aux "grosses machines" à vendre des livres... Nous avons appliqué cette maxime d'André Schiffrin : "Notre rôle est d'être contre-cyclique. C'est précisément quand tout le monde est d'accord qu'il faut commencer à se poser des questions" (Le contrôle de la parole. La Fabrique, 1999) et le public a suivi...


Article reproduit avec l'aimable autorisation de Nicolas Grondin. Source : site web des éditions L’Arganier, Un arbre au seuil du désert.



"Je ne sais pas si c’est une première, si c’est LE premier livre strictement issu d’une relation Facebook. Peut-être. Mais au fond, je m’en tamponne, cela a été une expérience édifiante à de nombreux égards et oui, tout s’est construit sur ce réseau.

Partons du début.
Je ne suis pas un geek, loin s’en faut. Un poil ours, passéiste et rétrograde, même. Ce n’est que tardivement que je me suis intéressé personnellement aux réseaux sociaux du Web. Jusqu’au début de 2009, ça représentait pour moi un bizarre phénomène réservé aux drogués de l’écran, potentiellement dangereux pour mon intimité, vu l’espionnite aiguë de nos sociétés mercantiles.
Et puis, deux amis auteurs m’ont convaincu qu’il y avait quelque intérêt à faire sa «page» sur un réseau comme Facebook. Autant prendre le plus célèbre, n’est-ce pas ? Après tout, je passe déjà mes journées devant un écran pour des raisons professionnelles ; et ce que l’on va savoir de moi ne sera que ce que j’y livrerai. Bon… Je me suis fendu, à tâtons, d’un «mur» en remplissant les «infos» puis… enfin, vous connaissez le processus, puisque vous lisez ce texte.
Comme tout le monde, une fois connecté aux deux amis en question, j’ai cherché d’autres contacts avec une vague idée : constituer un petit réseau de gens intéressés de près ou de loin par le Livre, son actualité, ses soubresauts, éventuellement mon actualité éditoriale, etc. Donc, je cherchais des auteurs, des collègues, des lecteurs, des illustrateurs, des libraires… De clic en clic, ma foi, la chose s’est un peu étoffée. Je découvrais que le Livre était bel et bien présent, tant en qualité qu’en quantité, sur le réseau francophone au moins.

Nous sommes en septembre 2009, je dois être connecté depuis deux mois environ. Je tombe un jour dans la liste d’amis d’un ami — comme nous le faisons tous, sans doute —, sur Patrick de Friberg, que je ne connais que de nom pour l’avoir vu en librairie sur quelques couvertures. Je fais ma demande gentiment, comme pour les autres, sans le moindre dessein. Je découvre qu’il réside au Canada : ah ! ivresse de l’abolition des distances et de la communication instantanée par-delà les océans… Lisant sur son mur quelques interventions pertinentes d’une certaine Véronique Anger-de Friberg, dont je découvre qu’elle est son épouse, mais surtout un auteur, une éditrice, une Numide — mon mot pour ces nègres littéraires qui font un boulot de Romain. Lors je fais ma demande itou. Au fil des statuts des uns et des autres, je découvre avec intérêt quelques articles de Véronique sur ce qu’elle appelle l’Écolomania. Je ne sais plus exactement comment les choses se sont emmanchées, ni ce que j’ai pu écrire en commentant ceci ou cela : «les paroles s’envolent, les écrits restent», rien n’est moins vrai sur le réseau. Toujours est-il que Patrick, par message personnel FB, m’informe que Véronique met la dernière main à un manuscrit autour de cette question. Le sujet du livre n’étant pas le propos direct de cette histoire, je ne m’étendrai pas.
J’avais supposé évidemment que cette fenêtre sur la toile où je m’affichais en tant qu’éditeur allait m’attirer un certain nombre de propositions de ce type… Normal, et d’ailleurs sain puisque, après tout, c’est en publiant des manuscrits que je gagne ma vie. CQFD.
Je prends donc contact avec Véronique — par message perso FB, toujours — qui me confirme que oui, son travail est quasiment terminé et qu’elle n’est pas contre une publication, si le livre me convient. Alors qu’elle m’envoie son texte, je lui transmet quelques informations sur ma modeste maison et les conditions dans lesquelles elle serait éventuellement imprimée. J’ai l’habitude de ne jamais mentir sur l’état de ma dot avant de passer la bague au doigt. Ma diffusion, notamment, n’est pas la Rolls d’un Albin Michel : nous serons présents en librairie, en FNAC et autres mégastores, mais pas en grandes surfaces, par exemple.

En l’espace de quoi ? une semaine… dix jours peut-être, «l’affaire est dans le sac» comme le filmèrent les frères Prévert.
L'auteur
Le livre est bon, son propos judicieux et bien au centre de la réflexion ambiante (sans jeu de mot), son ton est exactement celui que je veux proposer dans ma collection d’essais, Pertinences. Bien sûr, Véronique ne hurle pas avec les loups, elle va même à contre-courant, mais c’est bien comme ça que je conçois mon rôle d’éditeur. De son côté, Véronique sait avec qui elle s’engage, et elle a quelques exigences. Entre autres que le livre soit en librairie avant la conférence sur le climat de Copenhague ; et qu’il soit disponible en ligne, gratuitement, deux mois après sa parution papier, soit janvier. Aïe, cette volonté-là m’est une violence : j’ai le sentiment que je me coupe l’herbe sous le pied. Cependant Véronique, qui a pas mal réfléchi au livre en ligne, m’assure que cette disponibilité ne devrait pas gêner la vente papier… et puis je veux jouer le jeu numérique jusqu’au bout.
Allez ! Banco, j’envoie un contrat rédigé dans ce sens. Véronique le signe.
Dans ce métier, ni l’un ni l’autre ne sommes tombés de la dernière pluie : nous parlons le même langage, même si nous ne nous sommes jamais vus. C’est une surprise et une première pour moi, instinctif viscéral, qui ai l’habitude de jauger — et d’être jaugé — face à face. À l’exception des échanges d’e-mails nécessaires à l’envoi de documents lourds, et de deux coups de fil, tous nos échanges ont lieu sur Facebook, par message perso, mais aussi sur nos murs respectifs. D’ailleurs, de mon côté, le réseau marche mieux que ma messagerie qui pédale dans le yaourt. Petit à petit, là non plus sans véritable préméditation, nous décidons comme une évidence de ne plus compter que sur le réseau pour la phase déterminante de l’existence d’un livre : sa promotion. Véronique a un lacis serré de plus de trois mille contacts, le mien est beaucoup plus modeste, mais en tout cela fait près de quatre mille.

Alors que je commence la correction et la mise en page, nous allons tester sur nos murs les projets de couvertures. C’est un élément essentiel pour un livre imprimé : sa vitrine, ce qui le distingue des autres sur les tables de librairie. Je vais donc proposer trois ébauches différentes, respectant chacune ma charte graphique, et demander à nos «amis» de donner leur avis, de critiquer, d’éreinter ou d’adhérer à l’une ou à l’autre. Toujours avançant le travail de maquette du texte, je suis les débats, pose des questions, réponds à d’autres. Puisque j’y suis, je teste aussi le texte du verso, premier contact du futur lecteur-acheteur avec le contenu du livre. Les choses s’affinent.
De son côté de l’Atlantique, Véronique entreprend avec quelques amis la réalisation de deux films promotionnels qui seront, eux aussi, mis en ligne et relayés sur nos murs… et celui de nos «amis» qui voudront bien les «partager», selon la terminologie idoine. Un premier est très court, plus une annonce qu’autre chose. Un second est nettement plus élaboré, dans lequel Véronique, face caméra dans leur maison canadienne, avec sa forêt, ses chiens, son bureau, explique son propos.
Le livre est imprimé en offset à 1 200 exemplaires chez Horizon à Gémenos (13), et il arrive comme prévu en librairie dans la semaine du 24, soit dix jours en moyenne avant la conférence de Copenhague qui envahit peu à peu nos médias, à coup de pages spéciales, de reportages «en situation» et autres billevesées complaisantes, Nicolas Hulot sort sur les écrans son pensum culpabilisant, après que Yann Artus-Bertrand ait notablement alourdi son bilan carbone… Bref, l’actualité est au consensus mou sur ces questions, et le livre de Véronique va faire tâche, mais alors tâche de bolognaise sur la chemise immaculée d’un présentateur de JT.

Les débuts sont foutrement difficiles. Le diffuseur est 40% au-dessous des chiffres annoncés, les services de presse — constitués essentiellement à partir du réseau Facebook de Véronique — ne donnent rien, sinon des reprises éhontées des affirmations et démonstrations du livre, non sourcées bien sûr. Éric Zemmour — qui n’est pas encore dans la tourmente de son dérapage à Canal +— cite Véronique quasiment dans le texte sur France2 et RTL, sans faire la moindre mention au livre que je lui ai envoyé et que visiblement il a lu. D’autres journalistes, dont certains «en vue», joignent Véronique pour lui dire qu’ils goûtent fort ce son de cloche différent dans le mièvre concert unanime, mais… qu’ils ne se sentent pas «libres» d’en parler.Chacun en tirera la conclusion qu’il voudra.
L'éditeur
Mais sur Facebook, où le livre est présenté, où le film est mis en lien… le débat est rageur : Véronique se fait insulter, je perds quelques «amis»… Beaucoup néanmoins sont curieux, cherchent le titre, présent en librairie, mais à quelques quatre cent cinquante exemplaires sur l’ensemble du territoire français. Quinze jours encore pour qu’enfin il arrive en Belgique, en Suisse. Quant au Canada, il faudra attendre… mai2010 ! Certes, ce n’est pas vraiment un livre cadeau et bien peu ont dû se retrouver sous le sapin. Là aussi, les manquements de la diffusion, et des libraires qui ne veulent pas commander en pleine période des fêtes, sont pointés sur Facebook par nos nombreux correspondants. L’occasion de lancer quelques débats sur la diffusion dans ce pays.

Puis, Copenhague prend fin. La montagne a accouché d’une souris, aussitôt boulottée par le gras matou de la Real politic… Le ton médiatique commence à changer : certains se demandent si les arcs de triomphe bâtis à la va-vite autour des climato-alarmistes n’étaient un peu prématurés. Comme sur Facebook plus tôt, les positions se radicalisent dans les colonnes et sur les antennes. Le GIEC, hier encore Vatican écolomaniaque, se fissure un peu partout. On donne la parole à des gens qui, hier encore, passaient au mieux pour de doux dingues ; Claude Allègre sort «L’Imposture climatique», chez Plon, en mars2010. Il cite au moins trois fois le livre de Véronique, et indique «La dernière Croisade» dans sa bibliographie.
Nous avons pris la décision, sur proposition de Véronique, de reporter au 15mars la mise en ligne du livre. On ne sait jamais…
Et les ventes décollent doucement. Oh, pas de quoi pavoiser, mais les libraires semblent découvrir qu’ils ont eu en rayon un titre qui donnait, un peu avant la grand-messe danoise, un autre son de cloche. Aujourd’hui «La dernière Croisade» est en ligne, lisible gratuitement et les ventes ne tarderont pas à atteindre les mille exemplaires réels, ce qui, dans le contexte de l’édition française, est loin d’être ridicule.
Et surtout, le discours a changé sur cette question : la foi du charbonnier n’est plus de mise sur la question des bouleversements climatiques. Je ne vais pas jusqu’à avoir la prétention d’y être pour quelque chose. Quoique… Véronique, elle, est persuadée que si ! Néanmoins, cette petite pierre aura enrichi le débat, suscité la polémique et la remise en cause dans le Landernau de nos réseaux. Petite pierre qui a du tomber dans la chaussure de quelques-uns car, puisque début février ma première page Facebook disparaît dans les limbes, «dispersée façon puzzle», comme disait l’autre.

Je considère surtout que j’ai fait le travail pour lequel j’ai choisi ce métier : permettre à une opinion non consensuelle d’être entendue sur l’agora.
Enfin ce texte-ci, en donnant à tous ceux qui ont participé à cette expérience de près ou de loin — par des avis, des commentaires, des conseils, des saillies, des colères, des adhésions — clos en quelque sorte le cycle d’une création intellectuelle tangible, dans l’économie réelle, réalisée en direct sur le virtuel de leur mur.".

Nicolas Grondin, éditeur. L’Arganier, Un arbre au seuil du désert



(1) A titre d'information, le nombre moyen des ventes de la catégorie "essais" est de 153 exemplaires... (Source : Rapport 2008 des chiffres de la culture en France. Télécharger le document PDF du Ministère de la Culture). Lire aussi cet article stupéfiant sur la réalité des chiffres de l'édition : "Flops en stock" (Bibliobs). Lire aussi "Le jeu de l'oie du web éditeur...


Nicolas Grondin s’engage dans les métiers du livre en rachetant, à 26 ans, la Librairie des Arcades à Pont l’Abbé (Finistère) qui fut l’une des librairies associées au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo. Huit ans et une belle réussite plus tard, il développe avec succès la Librairie L’Atelier (Paris, XX°). Après un passage chez Vilo, Nicolas Grondin prend, en 2001, prend la direction éditoriale des Éditions Carnot, puis en 2004 celle de L’Arganier. Entre 1998 et 2006, il écrit une vingtaine d’ouvrages pour divers éditeurs dont deux polars édités chez Fleuve Noir.


Véronique Anger s’intéresse aux théories sur le réchauffement climatique au début des années 2000 et a écrit une trentaine d'articles (dont « Claude Allègre, hérétique ? » en 2006) sur la montée de ce qui ressemble de plus en plus à une nouvelle intolérance d'ordre religieux. Dans son dernier essai La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques ! elle tente de décrypter l'écolomania sous l'angle religieux. N'étant pas scientifique, son propos n'est pas un plaidoyer pour ou contre les thèses sur le réchauffement climatique de nature anthropique, mais les questions principales sont : Doit-on accepter sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? A qui profite l'écolomania ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Tout savoir sur La dernière Croisade. Présentation vidéo par l’auteur.

mardi 20 avril 2010

5.587 sources citées par le GIEC ne sont pas scientifiques

Reproduction de l'article publié dans ContrePoints, webzine libertaire, le mardi 20 avril 2010.

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Sur 18.531 références

5.587 sources citées par le GIEC ne sont pas scientifiques


Malgré le fait que Rajendra Pachauri, président du GIEC, assure que la Bible de l’alarmisme climatique n’utilise que des sources « peer-reviewed », plus de cinq mille sources citées dans le rapport font référence à des textes qui ne remplissent pas ce critère.

Ce sont quelques 43 volontaires à travers 12 pays, recrutées par le site Internet Noconsensus.org, qui ont analysé le rapport du GIEC afin de classifier les sources, séparant celles qui se réfèrent à des articles scientifiques de celles qui ont été obtenues à partir de la « littérature grise », c’est-à-dire issues de revues d’alpinisme ou de travaux d’étudiants, de rapports d’organisations écologistes ou même de manuel de nettoyage de bottes. Chaque chapitre du rapport a été étudié par trois volontaires différents et chaque fois que des différences dans les résultats sont apparues – toujours moins de 5% –, c’est l’option la plus favorable au GIEC qui a été choisie,

Les résultats sont sans appel : 30% des sources ne font pas référence à des articles publiés dans des revues scientifiques – qui exigent une révision des pairs pour garantir un minimum de qualité –, mais dans d’autres types de publications. Pour noter les chapitres du rapport du GIEC, l’étude emploie le système utilisé dans l’enseignement américain, attribuant un échec (F) à 21 d’entre eux, un satisfaisant (D) à 4, un bien (C) à 6, une distinction (B) à 5 et une grande distinction (A) à 8.

Des trois groupes de travail qui forment le GIEC, c’est le premier – celui qui étudie les bases scientifiques de la théorie du réchauffement climatique – qui s’en sort le mieux, « avec seulement » 7% de références à de la littérature grise. Le second groupe – qui rend compte de la vulnérabilité des systèmes naturels et socio-économiques – arrive, en revanche, à 35% de références. Tandis que le dernier groupe – chargé d’étudier les options pour réduire les émissions – atteint un total stupéfiant de 57% de sources qui ne font pas référence à de la littérature scientifique « peer-reviewed ».

mercredi 31 mars 2010

TESLA : les belles sportives "climatologiquement correctes"...


Enfin de belles (vraies) sportives électriques ! En mai 2009, j'annonçais l'arrivée de cette "familiale" dans mon article, "Autos vertes, c'est déjà demain !" alors que je présentais sa "petite soeur", le petit roadster fabriqué dans la Silicon Valley.

Un petit air de Maserati pour cette ultra sportive de Tesla (5 portes, 7 places, autonomie de 250 à 480 kms et un temps de charge de 45 mn sur 120/240 ou 480 V, pour environ 50.000€). Disponible à partir de 2012 en Amérique du Nord, le Model S, transformable en break de chasse, est une électrique climatologiquement correct (100% électrique, 0 émission de CO2).

Et oui, tout se perd... si les climato-alarmistes ne peuvent même plus attaquer les fanas de bagnoles de sport (oups, je viens de dire un gros mot !) où va-t-on ? Que ces chantres de la décroissance économique se consolent, ils pourront toujours s'en prendre aux classes favorisées (qui s'engraissent forcément sur le dos de la planète...) qui peuvent se l'offrir !

Une question, cruciale il faut bien le souligner, demeure : mais est-ce que le moteur fait encore du bruit ?!



lundi 15 mars 2010

Serge Galam : Le réchauffement n'est pas scientifiquement prouvé

« S'opposer aux conclusions du GIEC ne veut pas dire, loin de là, soutenir la pollution et les gros bénéfices des sociétés polluantes. ». Serge Galam in « Pas de certitude scientifique sur le climat ».


Complémentaire aux interventions de Vincent Courtillot ou de Claude Allègre, une vidéo du scientifique Serge Galam, physicien, directeur de recherche au CNRS, chercheur au CREA (école polytechnique), théoricien du désordre, fondateur de la "sociophysique". L’auteur du livre Les scientifiques ont perdu le Nord (Plon, 2008) explique au journaliste de Rue 89 que le réchauffement climatique n'est pas scientifiquement prouvé.


Si je me fais régulièrement l'écho des interventions de MM. Courtillot ou Allègre, particulièrement médiatisés donc emblématiques de la lutte contre les thèses climato-alarmistes, je profite de votre attention pour rappeler que Jean-Louis Le Mouël, physicien émérite à l'institut de physique du globe de Paris (IPGP) qu'il a présidé, spécialiste reconnu du géomagnétisme, membre de l'Académie des sciences, Christian Gérondeau, auteur de CO2, un mythe planétaire (éditions du Toucan, novembre 2009), Benoît Rittaud qui signe Le mythe climatique (Le Seuil, février 2010), Martine Tabeaud, géographe, professeur de climatologie à Paris I-Panthéon-Sorbonne, auteur de Le changement en environnement(publications de la Sorbonne, 2009) et bien d’autres scientifiques, réputés mais peu connus du grand public, font partie de ces personnalités courageuses qui ont parfois risqué leur carrière (les sanctions professionnelles existent) et souvent leur réputation (les lynchages médiatiques aussi…) pour défendre le droit au doute et faire respecter la vérité scientifique.


Une mention spéciale pour M. Marcel Leroux, professeur émérite de climatologie de l'Université Jean Moulin (Lyon III), directeur du LCRE (Laboratoire de climatologie, risques et environnement) du CNRS, membre de l'American Meteorological Society et de la Société Météorologique de France, auteur de La dynamique du temps et du climat (Dunod, 2004) et surtout de Global Warming - Myth or reality ? (Springer Verlag, 2005), décédé en août 2008.


Serge Galam : "le réchauffement climatique n'est pas prouvé"
envoyé par rue89. - L'info internationale video





jeudi 14 mai 2009

La Terre vue de la Terre, par Coline Serreau

Un documentaire de Coline Serreau produit par Cinema O en partenariat avec Colibris (mouvement pour la Terre et l'Humanisme) avec la participation d’André Bourguignon (ingénieur agronome, docteur ès microbiologie des sols) :

Les agriculteurs bio, dont on parle si peu ou comme un argument marketing, sont pourtant un début de solution! Il faudrait les soutenir avec des vidéos comme celle-ci pour que la paysannerie de demain retrouve tout son sens et que les consommateurs sachent que d'autres choix sont possibles.

Un petit film comme je les aime, intelligent, efficace, qui ne joue pas sur la culpabilité mais incite avant tout les spectateurs à se poser cette question fondamentale : comment "restaurer" (sans mauvais jeu de mots) l'agriculture et l’élevage intensifs d’aujourd’hui pour en faire demain un modèle de respect : de l’environnement, des animaux et des êtres humains ?

http://www.youtube.com/watch?v=KojXyk_4iLg
(vidéo ci-contre)

jeudi 30 avril 2009

QUI VEUT LA PEAU DE L’AUTO 100% ELECTRIQUE ?



Signe d’un changement d’époque ou d’une réelle prise de conscience, la propulsion électrique et les énergies alternatives auront été les vedettes des salons de l’automobile 2009 de Paris, Detroit ou Genève. Les grandes marques automobiles semblent enfin avoir compris que le marché des véhicules propres est un marché à fort potentiel.

Tous les constructeurs automobiles ont décidé de miser sur le « vert » et les autos non polluantes deviennent un enjeu prioritaire, en particulier pour une industrie automobile américaine moribonde. Une industrie automobile qui n’a pas vu venir le virage écologique et a perdu des années à produire des autos inefficaces et énergivores. Des autos d’un autre âge, dont les consommateurs ne veulent plus... Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que Chrysler vient de se placer sous la Loi sur les faillites afin d’assurer sa survie…

Un projet tué dans l’oeuf...
Pour être tout à fait exact, General Motors (GM) aurait pu prendre le virage de l’auto « verte » dès la fin des années 1990. Mais elle a préféré tuer son projet dans l’œuf. La EV1 de GM, première auto électrique de série (disponible sous contrat de location
[1] uniquement) 100% non polluante a connu un succès fulgurant en Californie et en Arizona à la fin des années 1990. Pourtant, les 800 véhicules loués ont été repris pas le constructeur à l’échéance du contrat de location, après trois ans de bons et loyaux services.
Lancée en 1997, cette auto « zéro émission » devait répondre aux exigences des nouvelles lois californiennes sur les véhicules ZEV (Zero Emission Vehicle) du début des années 1990. Mais GM abandonna ce programme en 2001 en dépit du succès de l’expérience auprès des locataires et d’une liste d’attente de plusieurs milliers de clients désireux de tenter eux aussi l’aventure de l’auto garantie « zéro pollution ». Le documentaire
[2] de Chris Paine « Qui a tué la voiture électrique ? » (« Who killed the electric car ? » USA. 2006) retrace toute cette épopée et donne une explication plutôt crédible des motivations de ce véritable sabordage : les lobbies pétroliers et automobiles, alliés à l’administration Bush, voulaient la peau de l’auto électrique car les profits à court terme n’étaient pas satisfaisants.
En effet, contrairement au moteur à combustion, le moteur électrique ne nécessite aucun entretien et ne consomme pas une goutte d’essence puisque l’auto est rechargeable sur une prise de courant chez soi, au bureau ou dans n’importe quel endroit pourvu d’une prise électrique. Une catastrophe pour les concessionnaires, garagistes et pétroliers, qui avaient réussi à maintenir l’addiction des consommateurs jusqu’à l’arrivée du 100% électrique.

Scier la branche…
A l’époque, le gouvernement américain n’a jamais osé pas s’en prendre aux compagnies pétrolières et automobiles. La politique fédérale américaine avait le pouvoir de mettre en place des mesures incitatives pour développer l’auto électrique, mais Washington (l’administration Bush) et les lobbies automobiles et pétroliers ont engagé des poursuites contre l’Etat de Californie pour abroger le mandat des autos électriques dans cet Etat. Ils craignaient que cette expérience ne soit étendue au reste du pays ! Après des mois de palabre, les constructeurs automobiles ont passé un accord avec l’Etat. Ils se sont engagés à construire des véhicules « hybrides » contre l’arrêt de la législation sur les économies d’énergie. Mais il s’agissait d’un compromis politique et non d’une avancée technologique puisque la preuve a bien été faite, par le passé, que la technologie existe et fonctionne de manière satisfaisante.
Elle a d’ailleurs énormément progressé. Aujourd’hui, on sait parfaitement fabriquer des modèles dont l’autonomie dépasse les 480 kms tout en étant capable de rouler à plus de 110 kms à l’heure (si vous avez déjà conduit une voiture de sport (dont le petit réservoir est généralement inversement proportionnel à sa grosse consommation...) sur l’autoroute, vous avez dû remarquer qu’il fallait vous arrêter pour faire le plein tous les... 200 kms).
L’un des meilleurs exemples des batteries électriques de pointe est la Teslamotors
[3], qui a tout d’une « vraie » sportive. De 0 à 100 km/heure en 4 misérables secondes… mieux qu’une Porsche 911 turbo ! Ces nouvelles batteries auraient pu être adaptées sur les EV1 de GM si tant est qu’une volonté politique forte avait soutenu sans faillir le programme électrique lancé dans à la fin des années 1990.
L’engagement des constructeurs américains à fournir des autos hybrides aura peu ou pas été respecté et, alors qu’ils abandonnaient leurs recherches sur la technologie hybride
[4] au profit de la pile à combustible (permettant de produire de l’électricité à partir de l’hydrogène) Toyota et Honda s’engouffraient dans cette voie car ils craignaient de se faire devancer par les USA. Bien leur en a pris ! En quelques années, grâce à l’hybride, Toyota est devenu le leader du marché. Et oui, la nature a horreur du vide... Ainsi, après des années de mauvais calcul, les anciens fleurons de l’industrie automobile américaine ont aujourd’hui besoin des subventions de l’Etat pour ne pas sombrer totalement. C’est ce qui s’appelle scier la branche…

A qui profite la pile à hydrogène ?
A la lueur de cette mésaventure, ill est légitime de se demander si la pile à combustible (ou pile à hydrogène) n’est pas une nouvelle tentative de manipuler des consommateurs déjà désinformés. De grands espoirs reposent sur cette technologie et on peut imaginer que le gouvernement a commencé à se soucier de l’environnement. Mais on peut aussi y voir un procédé habile pour donner l’illusion que cette solution est meilleure que celle des batteries électriques alors que l’électrique a fait ses preuves à plusieurs occasions par le passé. L’hydrogène, en revanche, pose toujours de sérieux problèmes, d’entreposage et de coûts notamment (prix élevé du carburant, mise en place coûteuse d’un réseau de distribution,...).
Pourtant, en 2001, sous la pression des lobbies pétroliers et automobiles, qui espéraient ainsi contrer le projet de l’auto électrique, le président Bush débloquait 1,2 milliards de dollars pour encourager un programme de recherche sur la pile à hydrogène. Mais qui est donc le mieux positionné pour fournir des infrastructures de distribution d’hydrogène ? Voyons voir... les compagnies pétrolières ? Gagné ! Les pétroliers disposent déjà de tout un réseau de distribution ; ce serait dommage de ne pas en tirer profit...
Après avoir réussi à retarder la propagation de l’auto 100% électrique, il semblerait assez logique que les lobbies pétroliers continuent à faire pression sur l’industrie automobile et les gouvernements afin que les autos à hydrogène de série ne soient pas commercialisées avant épuisement total des réserves d’or noir. Mais je fais sûrement du mauvais esprit… et l’avenir nous dira si ce pari était judicieux.
Cela dit, dans la mesure où il reste du pétrole pour un siècle au moins, on risque bien de connaître l’avènement d’un pétrole plus propre
d’ici à ce que la pile à hydrogène ou le moteur 100% électrique aient définitivement remplacé les moteurs à combustion…

Nota :
J’aborde ce sujet dans mon prochain essai "La dernière Croisade. Polémiques sur l’écolomania" (à paraître en octobre prochain).

[1] Fait étonnant, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, il est impossible de devenir propriétaire de la carte grise d’une auto électrique et on ne trouve aucun modèle électrique sur le marché de l’occasion… Pourquoi ?
[2] Le documentaire de Chris Paine est diffusé en version intégrale sur Dailymotion : http://fr.cars.yahoo.com/16102007/321/qui-a-tue-la-voiture-electrique-0.html

[3] La TeslaMotors 100% électrique : http://www.ddmagazine.com/La-voitur... et http://www.teslamotors.com/eu/ (Europe).
[4] La technologie hybride en 2009, c’est un gros moteur à essence associé à un petit moteur électrique. Demain, ce sera l’inverse.
[5]