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mercredi 31 mars 2010
TESLA : les belles sportives "climatologiquement correctes"...

Enfin de belles (vraies) sportives électriques ! En mai 2009, j'annonçais l'arrivée de cette "familiale" dans mon article, "Autos vertes, c'est déjà demain !" alors que je présentais sa "petite soeur", le petit roadster fabriqué dans la Silicon Valley.
Un petit air de Maserati pour cette ultra sportive de Tesla (5 portes, 7 places, autonomie de 250 à 480 kms et un temps de charge de 45 mn sur 120/240 ou 480 V, pour environ 50.000€). Disponible à partir de 2012 en Amérique du Nord, le Model S, transformable en break de chasse, est une électrique climatologiquement correct (100% électrique, 0 émission de CO2).
Et oui, tout se perd... si les climato-alarmistes ne peuvent même plus attaquer les fanas de bagnoles de sport (oups, je viens de dire un gros mot !) où va-t-on ? Que ces chantres de la décroissance économique se consolent, ils pourront toujours s'en prendre aux classes favorisées (qui s'engraissent forcément sur le dos de la planète...) qui peuvent se l'offrir !
Une question, cruciale il faut bien le souligner, demeure : mais est-ce que le moteur fait encore du bruit ?!
jeudi 17 septembre 2009
DU PETROLE, MAIS PAS BEAUCOUP D'IDEES

Si les simples citoyens sont prêts à changer leurs comportements et à abandonner les énergies fossiles pour des carburants propres, les lobbies pétroliers eux n’y ont évidemment aucun intérêt. Ils n’y renonceront vraisemblablement pas avant d’avoir vendu jusqu’à la dernière goutte de leur or noir dont la perspective de pénurie et les coûts de prospection et d’extraction pouvaient, jusqu’à ce que le prix du baril chute de manière vertigineuse(1), justifier la flambée des prix.
Quand y'en a plus...
Or, ces vingt dernières années, les réserves mondiales d’hydrocarbures ont triplé. Coup de théâtre, les sols, au lieu d’être épuisés comme on nous l’assure régulièrement, regorgeraient de nappes de pétroles pour un siècle au moins ! On peut lire dans le rapport Infocomm (Information de marché dans le secteur des produits de base, diffusée sous logo CNUCED) sur la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement(2) que les réserves de pétrole évoluent sans cesse.
Ainsi, on a récemment découvert des gisements gigantesques au Canada, dans la région Nord de l’Alberta (les fameux sables bitumineux(3)) devenue la deuxième plus grande source de production de pétrole brut de synthèse au monde (estimée à 80.000 km2, soit plus de 174 milliards de barils) et dans la zone d’Anticosti (sous le golfe du Saint-Laurent jusqu’à Terre-Neuve) ; au large de la Côte d’Ivoire, au Nigéria, au Congo, au Gabon, au Tchad et au Soudan ; en Alaska et tout récemment au Brésil. Bref, quand il n’y a plus de pétrole, il y en a encore… En revanche, ce sont les idées qui, cette fois, semblent manquer ! Comme le disait Richard Buckminster Fuller(4) , créateur de la fameuse « Biosphère » de Montréal : « Il n'y a pas de crise de l'Energie, mais simplement une crise d'Ignorance ».
Ce rapport étant accessible librement sur le Net, je me permets d’en publier ici des extraits traitant de la problématique des réserves : « Ainsi, contrairement à ce qu'on pourrait penser les réserves identifiées (ou prouvées) n'ont jamais été aussi importantes qu'à l'heure actuelle. Les estimations varient entre 140 Gt (giga tonnes ou milliards de tonnes, équivalent à 1050 Gb ou giga barils) d'après le Oil and Gas Journal (OGJ) et 160 Gt (1200 Gb) d'après l'US Geological Survey (USGS). En se fondant sur la consommation actuelle de pétrole, ces chiffres nous mèneraient entre 53 et 63 ans de production.(…) La consommation totale cumulée de pétrole jusqu'au début de ce millénaire atteint 110 Gt (825 Gb), soit moins que les réserves prouvées.(…) Bien qu'une grande majorité du sous-sol terrestre ait été explorée, il est encore aujourd'hui très difficile de savoir s'il reste beaucoup de pétrole à découvrir ou pas. Les gisements aujourd'hui à maturité contiennent potentiellement beaucoup de pétrole qu'on ne sait pas encore extraire. En effet les taux d'extraction actuels sont d'environ 30%, et chaque point gagné au-delà est équivalent à environ trois ans de production, en considérant un stock mondial récupérable de 266Gt (1995,5 Gb).(…) En termes de réserves, une distinction est faite entre le pétrole conventionnel (celui exploité actuellement) et le pétrole non conventionnel (un pétrole qui pourrait être exploité dans le futur sous réserve de posséder les technologies adéquates et sous réserve d'un coût de production rentable).(…) En 2002 les coûts de développement des bruts conventionnels se situent entre 2 et 15 dollars américains le baril et ces coûts diminuent en moyenne de 1 dollar américain par an.(…) Dans le passé, l'exploitation off shore était considérée comme beaucoup trop chère et presque impossible, alors qu'aujourd'hui plus personne ne remet en cause la rentabilité de ces explorations et pour autant le prix du brut en terme réel ne s'est pas envolé.(…)
Les emplois ou l'environnement ?
Les sables asphaltiques constitueraient le plus grand gisement mondial de pétrole potentiellement exploitable avec une estimation à 40 Gt (300 Gb). Actuellement ces sables sont en partie exploités et représentent 34% de la production totale de pétrole au Canada. D'après l'entreprise Suncor qui exploite un gisement, le coût du baril de pétrole revient à 12,5 dollars américains. La quantité actuelle de réserves prouvées exploitables pourrait être sujette à modification non pas grâce à la découverte de nouveaux gisements mais grâce à l'amélioration du rendement d'extraction. Actuellement ce rendement se situe autour de 30%, chiffre qui, selon certains, pourrait atteindre 50 à 60% du fait des progrès technologiques ; ce qui entrainerait la réouverture de gisements considérés aujourd'hui comme épuisés.(…) L'Agence internationale de l'énergie (AIE) considère que la production de pétrole n'atteindra pas un maximum pour ensuite décroître dans les vingt prochaines années. Ces prévisions sont fonction de l'investissement de l'industrie pétrolière dans la recherche technologique. Toujours selon l'AIE, il serait nécessaire d'injecter 1000 milliards de dollars entre 2000 et 2010 afin de maintenir la production de pétrole avec la croissance de la consommation. ».
Un bémol toutefois, à l’heure où ce rapport a été rédigé, personne n’avait prévu l’effondrement des cours du pétrole en 2008 et 2009(5). L’extraction du bitume pourrait devenir de moins en moins rentable et refroidir l’enthousiasme des grandes compagnies… et sauver ainsi quelques milliers d’hectares de forêts canadiennes, mais pas les milliers d’emplois qui vivent du pétrole en Alberta… Cruel dilemme ! Faut-il sauver les emplois ou l’environnement ? Comment faire, en effet, pour que l’un ne soit pas la tombe de l’autre ?
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Nota :
- Le Rapport Infocomm (CNUCED/ONU) sur le pétrole : http://r0.unctad.org/infocomm/francais/petrole/descript.htm
Notes de bas de page :
(4) Architecte américain (1895-1983). Son « dôme géodisique » était exposée par le pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de 1967 à Montréal (Québec).
(5) En raison de la récession mondiale, le département américain de l’Energie prévoit une baisse de la demande de pétrole pour la première fois en un quart de siècle et estime que le cours du brut oscillera entre 30 et 40$ le baril (env. 160 litres) en 2009. Selon les dernières prévisions, la demande va baisser de 1 à 1,5 million de barils par jour.
Nota :
- Le Rapport Infocomm (CNUCED/ONU) sur le pétrole : http://r0.unctad.org/infoc
Notes de bas de page :
(1) Les cours du brut se sont effondrés en quelques mois : de 147,50 $ en juillet 2008, le prix du baril est passé au-dessous de la barre des 34 $ à New York à la mi décembre (le baril était déjà tombé à 39,50$ le 5 décembre à Londres).
(2) Créée en 1964, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement est la principale institution du système des Nations Unies pour le traitement intégré du commerce et du développement et des questions connexes concernant le financement, la technologie, l'investissement et le développement durable. Son objectif principal est d’intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale de façon à favoriser leur essor. Elle compte actuellement 192 membres. (Source : fiche CNUCED du Haut Conseil de la coopération internationale. Service du Premier ministre français.).
(3) On dit aussi sables bitumeux, ou asphaltiques.(4) Architecte américain (1895-1983). Son « dôme géodisique » était exposée par le pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de 1967 à Montréal (Québec).
(5) En raison de la récession mondiale, le département américain de l’Energie prévoit une baisse de la demande de pétrole pour la première fois en un quart de siècle et estime que le cours du brut oscillera entre 30 et 40$ le baril (env. 160 litres) en 2009. Selon les dernières prévisions, la demande va baisser de 1 à 1,5 million de barils par jour.
Mon essai La dernière Croisade. Des Ecolos aux Ecolomaniaques ! est édité aux éditions L’Arganier(sortie : novembre 2009).
mardi 15 septembre 2009
TAXE CARBONE : UNE USINE A GAZ ?

Toujours plus fort… l’invention d’une fiscalité écologique, « la taxe carbone » encore appelée (doux euphémisme) « contribution climat-énergie ». Rappel des faits : le 20 août 2009, le Premier ministre français François Fillon annonce avec fierté une mesure fiscale censée permettre de faire « d’énormes économies d’énergies » et donc, de lutter efficacement contre les émissions de carbone.
On doit cette idée géniale de « taxe carbone » à la commission de la contribution climat-énergie (CCE) présidée par Michel Rocard, actuel député du Parti socialiste européen et ancien Premier ministre sous François Mitterrand. Dans le rapport qu’elle a remis le 28 juillet 2009 au gouvernement français, la CCE préconisait une taxe de 32 euros par tonne de CO2. Dans le contexte de crise actuel, ce montant a été jugé trop élevé pour les ménages français. A compter du 1er janvier 2010, la taxe « verte » sera donc fixée à 17 euros (pour commencer…) soit une augmentation d’environ 4 centimes par litre d’essence à la pompe et de 4,5 centimes par litre de fioul et de gasoil. Elle devrait monter en puissance pour tripler entre 2010 et 2030 si cette proposition de la CCE est adoptée. De quoi effrayer les couches de la population les plus modestes!
Encore une fausse bonne idée donc… qui prévoit de faire payer aux riches, mais aussi aux plus pauvres (qui n’ont d’autre solution que d’utiliser leur auto pour aller travailler ou de se chauffer au fioul) un impôt supplémentaire sur leur consommation d’énergie. On parle bien d’énergie sans distinction puisqu’il est fortement question d’intégrer aussi l’électricité (à 80% d’origine nucléaire en France) dans le champ de la contribution. Mais tous les politiques ne s’entendent pas sur ce point.
Si l’on considère que les familles françaises assumeront à elles seules 51% du montant de la fiscalité écologique, les entreprises 40% et les administrations 9%, on peut s’interroger sur l’équité d’une telle mesure. Certes, l’Etat dans sa grande générosité devrait compenser cet « effort significatif » (pour citer M. Fillon) par une réduction de l’impôt sur le revenu et la redistribution de « chèques verts » aux ménages non imposables. Mais depuis quand oblige-t-on les pauvres à avancer de l’argent qu’ils n’ont pas à l’Etat ?!
Cette fois encore, posons-nous cette incontournable question : à qui profite le crime ? Pourquoi créer une nouvelle taxe maintenant ? Est-ce une conséquence du Pacte écologique signé par tous les grands partis candidats à l’élection présidentielle de 2007 ? Une preuve de la bonne volonté d’un gouvernement soucieux de respecter les engagements de la loi Grenelle Environnement ? Ou bien, n’est-ce pas plutôt une astuce de plus (l’introduction du péage sur les autoroutes et l’ancienne vignette automobile ayant déjà fait leurs preuves…) pour trouver de nouveaux financements à un système capitaliste en ruine ? On peut s’interroger sur le fait qu’aucune force politique n’ait trouvé de consensus autour d’une taxation possible des transferts financiers, ainsi que l’avait proposé le prix Nobel d’économie, l’économiste américain James Tobin , alors que cette ruine du système capitaliste a été causée par ceux-là mêmes qui continent de s’enrichir en toute liberté alors que le petit peuple, lui, ne cesse de s’appauvrir.
Pour les couches moyennes de la société, obnubilées par la préservation de leur pouvoir d’achat, cette taxe carbone -qui plus est, mal expliquée donc mal comprise- est perçue comme discriminatoire. « Injuste et insupportable » pour reprendre les mots employés par Ségolène Royal à ce propos. Impopulaire chez les citoyens de droite comme de gauche, cette nouvelle contribution socialement pénalisante risque bien d’être la goutte d’eau qui fera déborder le vase...
Notas :
La taxe Tobin proposée par James Tobin en 1972 visait à taxer les transactions monétaires internationales de 0,05 à 1%. Cette taxe, soutenue par un autre célèbre économiste américain, Joseph E. Stiglitz, a connu un certain succès au début des années 1990, mais l'idée semble être tombée dans l'oubli.
Photo empruntée au site : http://www.greenzer.fr/blog/8767-taxe-carbone.html
mardi 14 juillet 2009
ECOLOGIE ET GEOINGENIERIE : DES REMEDES PIRES QUE LE MAL ?

Selon l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), il existerait une centaine de programmes de modification du temps dans le monde. Depuis 2000, l'administration météorologique chinoise possède son propre Bureau de modification du temps. En prévision des JO de Pékin 2008, elle a travaillé pendant des mois sur un projet censé garantir un ciel sans nuage tout au long des Jeux. Chacun a pu juger sur pièce de l’efficacité du dispositif…
La géoingénierie, une baguette magique ?
Des chercheurs renommés travaillent sur des solutions de « dernier recours », comme aiment à les présenter les spécialistes de la question. Ceux qui ne jurent que par elle prétendent que la géoingénierie(1) permettrait aux scientifiques de contrôler le climat de la Terre tout entière. Selon John Schellnhuber, responsable du principal groupe de scientifiques du climat britannique, « La politique actuelle sur le climat semble ne pas fonctionner. Nous ne disons pas que nous avons la baguette magique, mais c'est une situation désespérée et les gens devraient commencer à penser à des moyens non conventionnels. Des projets préventifs à grande échelle sont nécessaires. » (The Guardian du 11 janvier 2004). Le rêve prométhéen selon lequel l’Homme serait fait pour conquérir le monde et le maîtriser a encore de beaux jours devant lui !
Une situation « désespérée » comme le soulignait encore l’économiste indien Rajendra Pauchauri, président du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat et prix Nobel de la Paix 2007 (qu’il partage notamment avec Al Gore) en septembre 2008 : « Il nous reste sept ans pour inverser la courbe des émissions de CO2 ». Pourquoi 7 et pas 10 ? tout simplement parce que le chiffre 7 est magique et fait appel à l’inconscient culturel et au religieux ?
Vers la manipulation climatique…
Parmi ces « projets préventifs à grande échelle » encore au stade préliminaire heureusement, certaines techniques de « manipulation climatique » planétaire sont dignes d’une superproduction de Georges Lucas. Ainsi, des chercheurs prévoient d’injecter (en se servant de ballons ou de fusées) des millions de particules réfléchissantes (des tonnes de soufre ou d’aluminium) dans la stratosphère pour limiter le rayonnement solaire et ainsi ralentir le réchauffement terrestre. Cette idée est née de l’observation des éruptions volcaniques. Les particules de dioxyde de soufre rejetées dans l'atmosphère par les volcans font chuter la température terrestre d’environ un demi-degré pendant quelques semaines, quelques mois ou même plusieurs années.
Réduire la température de manière significative est aussi l’objectif des scientifiques, qui tentent de réussir artificiellement un mécanisme obtenu naturellement par les volcans. Certains scientifiques imaginent l’humanité vivant sous une bulle climatisée géante filtrant les rayons solaires à l’aide d’un gigantesque voile ! Pour la bagatelle d’à peine un milliard de dollars par an, le projet Manhattan pour la planète d’Edward Teller prévoit ainsi l’installation d’un écran solaire géant autour de la Terre pour en détourner les rayons solaires.
Réduire la température de manière significative est aussi l’objectif des scientifiques, qui tentent de réussir artificiellement un mécanisme obtenu naturellement par les volcans. Certains scientifiques imaginent l’humanité vivant sous une bulle climatisée géante filtrant les rayons solaires à l’aide d’un gigantesque voile ! Pour la bagatelle d’à peine un milliard de dollars par an, le projet Manhattan pour la planète d’Edward Teller prévoit ainsi l’installation d’un écran solaire géant autour de la Terre pour en détourner les rayons solaires.
Des apprentis sorciers
Dans la famille « apprentis sorciers » signalons également John Latham du très sérieux Centre de recherche atmosphérique (USA) et son idée ahurissante de réaliser des milliers de turbines géantes qui augmenteraient le réfléchissement terrestre. Ces turbines seraient déployées sur les océans afin de blanchir les nuages en pulvérisant de l’eau salée dans les strato-cumulus et pourraient accroître la quantité de gouttelettes contenues dans les nuages. Avis aux généreux donateurs, M. Latham est toujours en quête de sponsors… La géoingénierie, qui ne semble pas beaucoup intéresser les médias, est une technologie improbable, susceptible de (dé)stabiliser le climat, et la perspective de dommages collatéraux risquant de découler de ces diverses expériences aurait franchement de quoi inquiéter le plus confiant des écocitoyens…
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(1) Dans les années cinquante, les officines privées de modification artificielle du temps ont testé la géoingénierie sur le secteur agricole, notamment pour déclencher des précipitations localement.
Ces questions de géoingeniérie sont abordées dans mon essai "La dernière Croisade. Polémiques sur l'écolomania" à paraître en octobre prochain.
jeudi 30 avril 2009
QUI VEUT LA PEAU DE L’AUTO 100% ELECTRIQUE ?

Signe d’un changement d’époque ou d’une réelle prise de conscience, la propulsion électrique et les énergies alternatives auront été les vedettes des salons de l’automobile 2009 de Paris, Detroit ou Genève. Les grandes marques automobiles semblent enfin avoir compris que le marché des véhicules propres est un marché à fort potentiel.
Tous les constructeurs automobiles ont décidé de miser sur le « vert » et les autos non polluantes deviennent un enjeu prioritaire, en particulier pour une industrie automobile américaine moribonde. Une industrie automobile qui n’a pas vu venir le virage écologique et a perdu des années à produire des autos inefficaces et énergivores. Des autos d’un autre âge, dont les consommateurs ne veulent plus... Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que Chrysler vient de se placer sous la Loi sur les faillites afin d’assurer sa survie…
Un projet tué dans l’oeuf...
Pour être tout à fait exact, General Motors (GM) aurait pu prendre le virage de l’auto « verte » dès la fin des années 1990. Mais elle a préféré tuer son projet dans l’œuf. La EV1 de GM, première auto électrique de série (disponible sous contrat de location[1] uniquement) 100% non polluante a connu un succès fulgurant en Californie et en Arizona à la fin des années 1990. Pourtant, les 800 véhicules loués ont été repris pas le constructeur à l’échéance du contrat de location, après trois ans de bons et loyaux services.
Lancée en 1997, cette auto « zéro émission » devait répondre aux exigences des nouvelles lois californiennes sur les véhicules ZEV (Zero Emission Vehicle) du début des années 1990. Mais GM abandonna ce programme en 2001 en dépit du succès de l’expérience auprès des locataires et d’une liste d’attente de plusieurs milliers de clients désireux de tenter eux aussi l’aventure de l’auto garantie « zéro pollution ». Le documentaire[2] de Chris Paine « Qui a tué la voiture électrique ? » (« Who killed the electric car ? » USA. 2006) retrace toute cette épopée et donne une explication plutôt crédible des motivations de ce véritable sabordage : les lobbies pétroliers et automobiles, alliés à l’administration Bush, voulaient la peau de l’auto électrique car les profits à court terme n’étaient pas satisfaisants.
En effet, contrairement au moteur à combustion, le moteur électrique ne nécessite aucun entretien et ne consomme pas une goutte d’essence puisque l’auto est rechargeable sur une prise de courant chez soi, au bureau ou dans n’importe quel endroit pourvu d’une prise électrique. Une catastrophe pour les concessionnaires, garagistes et pétroliers, qui avaient réussi à maintenir l’addiction des consommateurs jusqu’à l’arrivée du 100% électrique.
Scier la branche…
A l’époque, le gouvernement américain n’a jamais osé pas s’en prendre aux compagnies pétrolières et automobiles. La politique fédérale américaine avait le pouvoir de mettre en place des mesures incitatives pour développer l’auto électrique, mais Washington (l’administration Bush) et les lobbies automobiles et pétroliers ont engagé des poursuites contre l’Etat de Californie pour abroger le mandat des autos électriques dans cet Etat. Ils craignaient que cette expérience ne soit étendue au reste du pays ! Après des mois de palabre, les constructeurs automobiles ont passé un accord avec l’Etat. Ils se sont engagés à construire des véhicules « hybrides » contre l’arrêt de la législation sur les économies d’énergie. Mais il s’agissait d’un compromis politique et non d’une avancée technologique puisque la preuve a bien été faite, par le passé, que la technologie existe et fonctionne de manière satisfaisante.
Elle a d’ailleurs énormément progressé. Aujourd’hui, on sait parfaitement fabriquer des modèles dont l’autonomie dépasse les 480 kms tout en étant capable de rouler à plus de 110 kms à l’heure (si vous avez déjà conduit une voiture de sport (dont le petit réservoir est généralement inversement proportionnel à sa grosse consommation...) sur l’autoroute, vous avez dû remarquer qu’il fallait vous arrêter pour faire le plein tous les... 200 kms).
L’un des meilleurs exemples des batteries électriques de pointe est la Teslamotors[3], qui a tout d’une « vraie » sportive. De 0 à 100 km/heure en 4 misérables secondes… mieux qu’une Porsche 911 turbo ! Ces nouvelles batteries auraient pu être adaptées sur les EV1 de GM si tant est qu’une volonté politique forte avait soutenu sans faillir le programme électrique lancé dans à la fin des années 1990.
L’engagement des constructeurs américains à fournir des autos hybrides aura peu ou pas été respecté et, alors qu’ils abandonnaient leurs recherches sur la technologie hybride[4] au profit de la pile à combustible (permettant de produire de l’électricité à partir de l’hydrogène) Toyota et Honda s’engouffraient dans cette voie car ils craignaient de se faire devancer par les USA. Bien leur en a pris ! En quelques années, grâce à l’hybride, Toyota est devenu le leader du marché. Et oui, la nature a horreur du vide... Ainsi, après des années de mauvais calcul, les anciens fleurons de l’industrie automobile américaine ont aujourd’hui besoin des subventions de l’Etat pour ne pas sombrer totalement. C’est ce qui s’appelle scier la branche…
A qui profite la pile à hydrogène ?
A la lueur de cette mésaventure, ill est légitime de se demander si la pile à combustible (ou pile à hydrogène) n’est pas une nouvelle tentative de manipuler des consommateurs déjà désinformés. De grands espoirs reposent sur cette technologie et on peut imaginer que le gouvernement a commencé à se soucier de l’environnement. Mais on peut aussi y voir un procédé habile pour donner l’illusion que cette solution est meilleure que celle des batteries électriques alors que l’électrique a fait ses preuves à plusieurs occasions par le passé. L’hydrogène, en revanche, pose toujours de sérieux problèmes, d’entreposage et de coûts notamment (prix élevé du carburant, mise en place coûteuse d’un réseau de distribution,...).
Pourtant, en 2001, sous la pression des lobbies pétroliers et automobiles, qui espéraient ainsi contrer le projet de l’auto électrique, le président Bush débloquait 1,2 milliards de dollars pour encourager un programme de recherche sur la pile à hydrogène. Mais qui est donc le mieux positionné pour fournir des infrastructures de distribution d’hydrogène ? Voyons voir... les compagnies pétrolières ? Gagné ! Les pétroliers disposent déjà de tout un réseau de distribution ; ce serait dommage de ne pas en tirer profit...
Après avoir réussi à retarder la propagation de l’auto 100% électrique, il semblerait assez logique que les lobbies pétroliers continuent à faire pression sur l’industrie automobile et les gouvernements afin que les autos à hydrogène de série ne soient pas commercialisées avant épuisement total des réserves d’or noir. Mais je fais sûrement du mauvais esprit… et l’avenir nous dira si ce pari était judicieux.
Cela dit, dans la mesure où il reste du pétrole pour un siècle au moins, on risque bien de connaître l’avènement d’un pétrole plus propre d’ici à ce que la pile à hydrogène ou le moteur 100% électrique aient définitivement remplacé les moteurs à combustion…
Nota :
J’aborde ce sujet dans mon prochain essai "La dernière Croisade. Polémiques sur l’écolomania" (à paraître en octobre prochain).
[1] Fait étonnant, que ce soit en France ou aux Etats-Unis, il est impossible de devenir propriétaire de la carte grise d’une auto électrique et on ne trouve aucun modèle électrique sur le marché de l’occasion… Pourquoi ?
[2] Le documentaire de Chris Paine est diffusé en version intégrale sur Dailymotion : http://fr.cars.yahoo.com/16102007/321/qui-a-tue-la-voiture-electrique-0.html
[3] La TeslaMotors 100% électrique : http://www.ddmagazine.com/La-voitur... et http://www.teslamotors.com/eu/ (Europe).
[4] La technologie hybride en 2009, c’est un gros moteur à essence associé à un petit moteur électrique. Demain, ce sera l’inverse.
[5]
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