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vendredi 27 novembre 2009
LA TENTATION TOTALITAIRE ?
Les grands journaux radio, télé et papier se disent "d’information" alors qu’ils ne sont que des journaux d’opinion. Sinon, comment expliquer qu’ils relaient, sans mener d’investigation sérieuse, les grands mensonges de ce début de XXIème siècle : gros mensonge qui a "justifié" la guerre en Irak, gros mensonge de la pandémie de grippe A (H1N1), gros mensonge du GIEC sur le réchauffement. Au mépris de la quête de vérité, la course à l’audience ? Pire, le soutien à une cause idéologique.
C’est ce que j’appelle la tentation totalitaire... Quand l’idéologie remplace, dans les grands médias, l’information et la quête de vérité, on glisse insidieusement vers le totalitarisme. Mais la blogosphère veille ! Vous savez, « l’armée d’oisifs qui, chaque jour sur Internet, s’empare d’une nouvelle affaire Dreyfus » pour citer Solé (dans son billet « Sortez couverts ! » du 24/11/09 : http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1107315,0.html). Et, que cela plaise ou non aux grands médias, il faudra bien compter avec elle !
Quand le quotidien dit "de référence", Le Monde, allume un contre-feu...
Les plus fervents relais du dogme écolomaniaque allument un contre-feu en réaction au Climategate : au moins une demi douzaine d'articles pro-réchauffement dans le journal Le Monde en moins de 48H :
- "Le réchauffement climatique pourrait atteindre 7 degrés en 2100" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/24/le-rechauffement-climatique-pourrait-atteindre-7-degres-en-2100_1271491_3244.html#ens_id=1271506
- "Yves Cochet : Pour le climat, "il faut réduire les allocations familiales à partir du troisième enfant" : http://www.lemonde.fr/planete/chat/2009/11/20/faut-il-faire-moins-d-enfants-pour-sauver-la-planete_1270074_3244.html#ens_id=1271028. (on voit carrément une proposition d'un retour au malthusianisme ! Du pur totalitarisme intellectuel qui ravira les Français moyens qui ont voté en masse pour les Verts aux Européennes...).
- "La fonte des glaces pourrait coûter jusqu'à dix crises financières" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/l-augmentation-du-niveau-de-la-mer-pourrait-couter-10-crises-financieres_1271072_3244.html#ens_id=1271021
- "Climat : "Les négateurs du réchauffement ignorent les faits établis". Une interview de Thomas Stocker, coprésident du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/climat-les-negateurs-du-rechauffement-ignorent-les-faits-etablis_1270788_3244.html#ens_id=1234881
- "Les courriels de climatologues divulgués pour les discréditer" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/les-courriels-de-climatologues-divulgues-pour-les-discrediter_1270700_3244.html#ens_id=1271020
- "La Terre de plus en plus mise à mal" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/24/la-terre-de-plus-en-plus-mise-a-mal_1271127_3244.html
- Un "tchat": Climat : comment sensibiliser les citoyens ?" : http://www.lemonde.fr/planete/chat/2009/11/23/climat-comment-sensibiliser-les-citoyens_1270729_3244.html#ens_id=1271066
Une réaction disproportionnée qui me semble pour le moins suspecte. De là à se demander si certains journalistes ne seraient pas un peu trop "impliqués" dans les manoeuvres du CRU pour être tout à fait impartiaux, il n'y a qu'un pas... Sinon, comment expliquer ce déluge de textes "pro-réchauffistes" dans un journal qui fait référence dans le monde entier pour ses analyses sérieuses et fondées sur des sources fiables ?
Il serait temps que la direction du Monde se reprenne et commande une véritable enquête sur cette affaire. Je rappelle que les scientifiques français qui doutent de la véracité du réchauffement comme Vincent Courtillot ou Claude Allègre (ah... j'ai cité le diable et son ange maudit ? Tant pis... je n'ai pas d'idées arrêtées sur l'authenticité ou non du réchauffement et j'aime avoir tous les sons de cloche !) n'ont toujours pas reçu de réponse à leur demande de se faire communiquer la base de données brutes exploitée par le CRU pour démontre leur thèse d'un réchauffement global. D'ailleurs, cette base aurait été détruite si l'on se fie aux révélations nées ces derniers jours, avec le Climategate...
- Vous voulez des explications claires et pédagogiques sur la question du réchauffement ?
lundi 23 novembre 2009
QUI VEUT LA PEAU DU SOMMET DE COPENHAGUE ?

Rappel des faits : jeudi 19 novembre 2009, la BBC annonce qu’un hacker a piraté le serveur courriels du CRU (Climate Research Unit) l'un des centres d’études climatiques de référence du GIEC. L’information est confirmée dans la foulée par Phil Jones qui dirige le CRU. Le pirate a aussitôt livré son butin, à la vue de tous, sur internet. Parmi les 1.073 mels reproduits par de nombreux sites et blogs, certaines révélations sont fracassantes : des personnalités influentes auraient supprimé des preuves, maquillé des résultats (données de température mais pas seulement), bref, manipuler de l’information scientifique dans le but d’étayer la thèse du réchauffement climatique.
L’ombre du financier-philanthrope Soros
George Soros, financier à la fortune aussi fulgurante que controversée, connu pour son ultra libéralisme et ses paris sur les devises -son attaque contre la livre sterling en 1990 a fait trembler les Britanniques- figure au nombre de ces personnalités influentes. On découvre, dans un courriel daté du 16 novembre dernier qu’il distribuerait ses ordres à ses troupes, tel un général. Le CRU, dans son communiqué confirmant l’authenticité* des courriels « piratés », indique curieusement que George Soros n’est aucunement impliqué dans le financement de ses recherches. Que peut-on alors déduire de ce courriel s’il est vraiment authentique ? Doit-on comprendre que des financiers seraient impliqués dans un financement « occulte » ? Sinon pourquoi le CRU se fendrait-il d’une justification que personne ne lui demande ? A la lecture de cet étrange tableur* Excel disponible sur le Net, c’est la question qui s’impose. L’enquête suit son cours…
A qui profite le crime ?
A qui profite le crime ? A qui profite l’écolomania ? A qui profite la religion du IIIème millénaire ? J’aborde ces questions dans mon livre « La dernière Croisade. Des Ecolos… aux Ecolomaniaques ! »(1) qui, par un heureux hasard, sort en librairie mardi 24 novembre, en plein « Climategate », pour reprendre le mot de la BBC, et à quelques jours de l’ouverture du Sommet de Copenhague(2).
Avec ce scandale, le monde entier va-til comprendre que ceux qui ont eu l’idée géniale du « réchauffement global » se fichent pas mal de l’écologie, de notre bien-être et de celui des « générations futures » ? Qu’ils ne servent qu’une seule cause, la leur, leur intérêt personnel (financier, pouvoir, notoriété, ambitions de carrière,…) ?
Surfent hardiment sur cette vague, les scientifiques qui se livrent une lutte acharnée pour obtenir les meilleurs budgets de recherche. De même que les entreprises, qui mettent les « écolabels » à toutes les sauces. En effet, le marché du « vert » est colossal, mais il ne doit pas pour autant ruiner les profiteurs des énergies fossiles (pétroliers, filière automobile,…) qui commencent à investir dans les énergies renouvelables, notamment la pile à combustible, pour un jour exploiter ce bon filon… mais pas trop tôt. Seulement quand les réserves de pétrole seront épuisées !
Sans surprise, les politiques eux aussi se sont engouffrés dans la brèche. Les gouvernements utilisent l’épouvantail du réchauffement comme une arme de contrôle et de « manipulation massive » (diviser pour mieux régner…). Ils profitent également de la peur collective pour créer une nouvelle taxe… pour la bonne cause, bien sûr. Par exemple, cette taxe carbone à laquelle n’échapperont même pas les plus pauvres.
Réalité ou tartufferie, la croisade menée par les « climat-alarmistes », relayée à grands renforts de médias, camoufle les vrais problèmes écologiques (impacts de la pollution à moyen et long terme, accès à l’eau potable, développement des énergies alternatives, pauvreté, famines, maladies,…) dont on pourrait pourtant venir à bout si une vraie volonté politique existait.
Pourquoi maintenant ?
Une question importante demeure pour l’instant sans réponse : pourquoi un hacker s’attaque-t-il au CRU à la veille du Sommet de Copenhague ? Le hacker est-il manipulé et, si oui, par qui ? Si certains courriels ont été trafiqués, c’est d’autant plus intriguant. Une falsification semble pourtant peu probable puisque M. Jones du CRU a confirmé la véracité des courriels tout en précisant qu’ils, hors de leur contexte, n’avaient pas le même sens. Qui a intérêt à dénigrer une opération qui semblait pourtant vouée au succès ? Les lobbies automobiles ? Les lobies pétroliers ? Certains scientifiques climat-sceptiques ? Les pouvoirs politiques qui ne peuvent pas tenir leurs promesses et considèrent que la petite blague est allée trop loin ? Les pays non signataires de l’accord sur le CO2 : les gros pollueurs comme les Chinois, les Etats-Unis ou l’Inde, qui refusent de s’engager sur une baisse de leurs émissions de gaz à effet de serre ?
Souhaitons au moins que cet emballement écolomaniaque, qui dure depuis 2002(3) et risque bien d’exploser en vol… permettra de poser les bonnes questions, en particulier de repenser notre rapport aux autres, à la nature et à nous-mêmes. Il serait dommage que tout ce travail de « sensibilisation » à l’écologie se termine en queue de poisson parce que des prédicateurs du dogme « vert » auraient abusé les braves gens. Si la manipulation des données scientifiques était démontrée, toutes ces bonnes volontés qui commençaient à adopter un mode de vie plus écologique et les « jeunes générations » au nom desquelles les bonimenteurs agissent, risquent bien de rejeter l’écologie en bloc.
Des bonimenteurs qui risquent aussi de servir d’exutoire au peuple. Exaspéré d’être culpabilisé en permanence et taxé en temps de crise économique, il ne demandera qu’à se défouler. « Tel le dompteur de bêtes sauvages, le maître du rite déchaîne les monstres qui le dévoreront s’il n’en triomphe pas par des prouesses perpétuellement renouvelées(4). ». Il est peu probable que les « maîtres du rite », désormais attaqués de toute part, parviennent à s’en sortir par une simple pirouette.
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(1) Editions L’Arganier. Sortie en librairie le 24 novembre 2009. Plus d’infos sur : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=185&Itemid=188
(2) Les dirigeants de 190 pays se rencontreront à Copenhague au Danemark du 7 au 18 décembre 2009 pour essayer de se mettre d’accord sur une convention mondiale pour remplacer le protocole de Kyoto.
(3) Le 2 septembre 2002, Jacques Chirac donne le coup d’envoi avec son discours, inspiré par Nicolas Hulot, « La maison brûle et nous regardons ailleurs… » au Sommet mondial du développement durable de Johannesburg.
(4) Le Bouc Emissaire. René Girard. (Grasset, 1982).
*Notas :
- Le "vrai-faux?" courriel émis par George Soros : http://coeruleus.blogspot.com/2009/11/fridays-sciencee-news-commentary.html
- Le tableur : http://spreadsheets.google.com/ccc?key=0Ah4XLQCleuUYdFIxMnhMNnlXb2JQcDZUendjUXpWWUE&hl=en
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Pour information :
- “The CRU hack” : http://www.realclimate.org/index.php/archives/2009/11/the-cru-hack/
- “Hacked: Hadley CRU OI2009 Files” : http://motls.blogspot.com/2009/11/hacked-hadley-cru-foi2009-files.html
- « Hackers target leading climate research unit ». BBC, nov. 20, 2009 : http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8370282.stm
- « Explosion d’une bombe dans le landernau réchauffiste. Vers un ClimateGate ? ». javascript:void(0)Par Vincent Bernard de l’Institut Turgot, 21 novembre 2009 : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-bombe-dans-le-65413
- "Climategate : nouvelles révélations spectaculaires" par Vincent Bernard, AgoraVox 24/11/09 : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/climategate-2-nouvelles-65542
- Global warming petition : 31.000 Scientifiques declarent que le réchauffement climatique est un mensonge sans fondement scientifique (OISM) : http://www.oism.org/pproject/
- 4 000 Scientifiques signent L'appel de Heidelberg (Science & Environmental Policy Project) : http://sepp.org/policy%20declarations/heidelberg_appeal.html
Vous voulez des explications claires ?
Plus d'infos sur mon livre, La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !
dimanche 27 septembre 2009
CHARITE BIEN ORDONNEE COMMENCE PAR SOI-MEME...
« Dans mon livre, je pose des questions simples et j’essaie d’y répondre. Doit-on accepter, sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? Doit-on dénoncer les excès d’une religion qui cherche à imposer « sa » vérité coûte que coûte ou l’accepter sans discuter ? A qui profite le crime, autrement dit, à qui profite l’écolomania ? ». Ces propos* sont ceux de Véronique Anger, auteur de La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !.
Michel Lavergne : Tu es française… tu vis à Québec, qui es-tu Véronique Anger-de Friberg ?
Véronique Anger : Je suis journaliste et auteur. Il suffit de taper mon nom dans Google pour trouver des infos sur moi sur internet, sur mes sites. Je rédige une publication en ligne, Les Di@logues Stratégiques, depuis 2000.
Je suis aussi très active sur Facebook, qui est une « annexe » dynamique de mon blog. C’est d’ailleurs grâce à Facebook que j’ai rencontré mon éditeur, Nicolas Grondin des éditions L’Arganier, qui publie mon livre, La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !, le 24 novembre prochain dans la collection « Pertinences ».
Je vis depuis quelques années au Québec, avec mon écrivain de mari Patrick de Friberg… et mes 2 chiens, au milieu de la nature. Sur les falaises et dans la montagne vivent des animaux sauvages : des orignaux, des ours, des loups, des gros chats, des coyotes,… On a parfois la chance de recevoir la visite d’un cerf de Virginie et de sa compagne. Un renard a élu domicile dans le jardin, de même que des marmottes, des ratons laveurs, des castors, des écureuils, un tas de petites bêtes qui cohabitent avec mes 2 chasseurs… L’été, on remonte la rivière jusqu’aux chutes et on se baigne avec les castors et les truites ! Pour qui aime la nature sauvage, c’est un endroit magique. Tu connais le Québec mieux que moi… tu vois ces couleurs qui démarrent. C’est splendide ! Si on a de la chance, tu filmeras peut-être une formation d’oies en route vers le sud… Cet instant où les oies survolent le fleuve au printemps et à l’automne, c’est un instant magique et émouvant. Si je devais quitter le Québec et ne retenir qu’une image, ce serait celle-là.
ML : Pourquoi ce livre ? Quel a été l’élément déclencheur ?
VA : Je citerais 3 éléments déclencheurs. Tout d’abord, le célèbre discours prononcé par le président Chirac au Sommet de la Terre à Johannesburg, « La maison brûle et nous regardons ailleurs », en septembre 2002. J’ai compris qu’on entrait dans une nouvelle dimension… Ensuite, le lynchage médiatique du scientifique Claude Allègre, en réaction à son article publié dans L’Express en octobre 2006 et dans lequel il osait émettre des doutes sur les causes profondes du réchauffement climatique. Enfin, les remarques angoissées de mon neveu Tristan et de ses camarades d’école (12 ans en 2007) qui se demandaient comment ils pourraient survivre jusqu’à 50 ans dans un monde aussi pollué. L’un d’eux a même menacé de se suicider si les gens ne se décidaient pas à faire plus d’efforts pour sauver la planète! On ne cesse de leur asséner que la planète est en surchauffe et promise à la destruction. Là, j’ai dit « stop ! » et j’ai décidé de réagir en commettant ce pamphlet.
Je refuse de m’associer à cette « mise en scène de la peur » pour reprendre l’expression du philosophe Michel Serres . La peur fait vendre. La peur de manquer, de souffrir, de mourir, la peur d’avoir peur... L’instrumentalisation de la peur reste une arme de choix et, comme le disait Machiavel, « qui contrôle la peur contrôle les âmes »… Je dénonce le messianisme à la Al Gore, repris en France par Yann Arthus Bertrand notamment, devenu le grand messie de la cause climatique avec son film Home auquel je consacre d’ailleurs un long passage critique dans mon livre.
Je mets aussi en garde contre les dangers du dogmatisme et j’établis un parallèle entre le discours religieux et le discours écologiste alarmiste. Je démontre que le vocabulaire religieux, les références aux croyances et aux peurs millénaristes, la crainte du châtiment divin (la fin de l’humanité qui a péché reste une valeur sûre…), la nature sacrée de Mère-nature, les rituels sociaux, la volonté d’imposer une définition du bien et du mal, la pensée magique, la désignation de boucs émissaires,… sont autant de signes qui évoquent l’émergence d’une nouvelle religion intolérante. Vous avez trop joui de la vie, trop bouffé, trop fumé, trop consommé, trop pollué,… ? Vous irez en enfer !
Si la religion constitue un lien social, elle peut aussi conduire à la désagrégation d’une société fragilisée en temps de crise. Et le monde est en crise. Il cherche des responsables à tous ses maux. Quand des leaders charismatiques parviennent à convaincre une majorité d’individus angoissés qu’un groupe bien identifié (de préférence la minorité qui doute ou pose des questions dérangeantes) nuit à la communauté tout entière, cela ne peut conduire que vers une seule issue : la violence collective et le sacrifice de boucs émissaires. La foi obligatoire ou le châtiment ; la foi fervente ou le bûcher… Le climatologiquement correct, c’est la croisade des Temps modernes. C’est la religion du IIIème millénaire.
ML : Tu veux dire que tu n’es pas d’accord avec les théories scientifiques des écolo-alarmistes ?
VA : Je ne suis pas une scientifique, encore moins une spécialiste du climat. Je te dirais, qu’à la limite, je me contrefiche de savoir qui a raison ou tort... Je suis consciente, comme la plupart des populations des pays riches, qu’il faut modifier nos comportements et nos modes de consommation, arrêter de gaspiller les ressources naturelles, se montrer plus respectueux vis-à-vis de ceux qui manquent de tout et mieux répartir les richesses. Cela ne se discute même pas pour moi.
Je pose un regard de citoyen. Un citoyen qui s’estime légitime pour s’exprimer librement sur le dérèglement climatique. En tant que professionnelle habituée à décrypter les phénomènes sociaux, il m’a également paru intéressant d’apporter un regard novateur et de partager une analyse très documentée sur un phénomène unique en son genre par son caractère universel et admis comme incontestable par la plupart des gouvernements de la planète.
Ce que je dénonce, ce ne sont pas les thèses plus ou moins fumeuses sur le réchauffement, ou le fait que nous en serions ou non responsables. C’est qu’il est devenu impossible dans la France d’aujourd’hui de débattre sans s’écharper, sans se haïr. Il est interdit de s’opposer aux discours dominants (cela n’est pas propre à la religion écolomaniaque, c’est vrai aussi en politique où le sectarisme est devenu la norme). On est pour ou contre, on ne voit plus qu’un allié ou un ennemi et non un adversaire ou un défi à relever, celui de convaincre avec des arguments pesés et fondés sur des sources fiables. On est celle ou celui qu’il faut soutenir ou abattre. De plus en plus, le débat donne l’impression d’un combat à mort… La liberté de penser autrement existe de moins en moins. Quand un système privilégie la culpabilité qui inhibe à la responsabilité qui rend libre, je m’inquiète, et je pose des questions simples auxquelles je tente de répondre : Doit-on accepter, sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? Doit-on dénoncer les excès d’une religion qui cherche à imposer « sa » vérité coûte que coûte ou l’accepter sans discuter ? A qui profite le crime, autrement dit, à qui profite l’écolomania ?
ML : … et alors, à qui profite le crime ?
VA : Et bien, pour le savoir, il faudra lire le livre… Mais, ce qui est sûr, c’est que le « vert » est dans le fuit… Plus sérieusement… pendant que la foule crie au loup, on ne s’occupe pas des urgences. Au nom des générations futures, on est en train de sacrifier les nécessiteux sur l’autel du développement durable. En dépit des beaux discours, on ne parvient pas à gérer à la fois nos urgences et les leurs. Des êtres humains, dont le seul tort est d’être loin de nos yeux donc loin de nos cœurs, sont martyrisés ou meurent de faim dans une indifférence quasi générale. On ne peut résoudre plusieurs problèmes à la fois, alors on fait le choix –conscient ou non- d’ignorer ces millions de gens en espérant que leur sacrifice permettra au moins de sauver le reste de l’humanité.
En 2008, 119 millions de personnes de plus se sont retrouvées dans une situation de famine et, au total, ce sont 967 millions qui souffrent de malnutrition selon le dernier rapport Oxfam. Pourtant, contrairement aux promesses faites par les pays développés en avril 2008 (suite aux « émeutes de la faim ») la mobilisation internationale ne s’est pas ou peu concrétisée. Les pays riches sont trop occupés à gérer la crise des subprimes...
Dans une discussion, si vous osez faire remarquer que l’importance de la cause climatique l’emporte sur l’urgence de sauver ceux qui meurent aujourd’hui, vous trouverez toujours un donneur de leçons pour vous affirmer que l’un ne va pas sans l’autre évidemment. Si c’était vrai, où sont donc les dons, promis la main sur le cœur, pour lutter contre la faim ? Il semblerait bien que, en dépit des beaux discours, charité bien ordonnée commence par soi-même…
*Propos recueillis par courriel par Michel Lavergne, le 25 septembre 2009. Véronique Anger vivait alors au Canada.
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Notas :
- La VIDEO de présentation de "La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !" par l'auteur : http://www.youtube.com/user/angerdefriberg
- Lire le "PITCH" et le SOMMAIRE du livre : http://www.lesdialoguesstr
Pré-commander le livre sur Amazon : http://www.amazon.fr/gp/product/2912728967?ie=UTF8&tag=axiopole-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2912728967
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Variations sur le même thème :
- Taxe carbone, une usine à gaz ? : http://www.agoravox.fr/tri
- Du pétrole, mais pas beaucoup d'idées... : http://www.facebook.com/ve
- Juste le temps de construire un monde (« Notes de voyage en écosocialisme ») : http://www.lesdialoguesstr
- Ecologie et lutte contre la pauvreté, c’est possible ! http://www.lesdialoguesstr
- Ne confondons pas émotion et compassion : http://www.lesdialoguesstr
- « Home de Yann Arthus Bertrand : La grande pandémie de l’écolomania »: http://www.lesdialoguesstr
- « Energies propres : combien ça coûte ? » : http://blog.veroniqueanger
- « Qui veut la peau de l’auto 100% électrique ? » : http://www.lesdialoguesstr
- « Autos vertes, c’est déjà demain ! » : http://www.agoravox.fr/tri
- « Claude Allègre, hérétique ? » : http://www.lesdialoguesstr
A LIRE AUSSI : "VERS UN CLIMATE GATE ?" de Vincent Bernard de l'Institut Turgot : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-bombe-dans-le-65413?debut_forums=200#forum2318573
jeudi 17 septembre 2009
DU PETROLE, MAIS PAS BEAUCOUP D'IDEES

Si les simples citoyens sont prêts à changer leurs comportements et à abandonner les énergies fossiles pour des carburants propres, les lobbies pétroliers eux n’y ont évidemment aucun intérêt. Ils n’y renonceront vraisemblablement pas avant d’avoir vendu jusqu’à la dernière goutte de leur or noir dont la perspective de pénurie et les coûts de prospection et d’extraction pouvaient, jusqu’à ce que le prix du baril chute de manière vertigineuse(1), justifier la flambée des prix.
Quand y'en a plus...
Or, ces vingt dernières années, les réserves mondiales d’hydrocarbures ont triplé. Coup de théâtre, les sols, au lieu d’être épuisés comme on nous l’assure régulièrement, regorgeraient de nappes de pétroles pour un siècle au moins ! On peut lire dans le rapport Infocomm (Information de marché dans le secteur des produits de base, diffusée sous logo CNUCED) sur la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement(2) que les réserves de pétrole évoluent sans cesse.
Ainsi, on a récemment découvert des gisements gigantesques au Canada, dans la région Nord de l’Alberta (les fameux sables bitumineux(3)) devenue la deuxième plus grande source de production de pétrole brut de synthèse au monde (estimée à 80.000 km2, soit plus de 174 milliards de barils) et dans la zone d’Anticosti (sous le golfe du Saint-Laurent jusqu’à Terre-Neuve) ; au large de la Côte d’Ivoire, au Nigéria, au Congo, au Gabon, au Tchad et au Soudan ; en Alaska et tout récemment au Brésil. Bref, quand il n’y a plus de pétrole, il y en a encore… En revanche, ce sont les idées qui, cette fois, semblent manquer ! Comme le disait Richard Buckminster Fuller(4) , créateur de la fameuse « Biosphère » de Montréal : « Il n'y a pas de crise de l'Energie, mais simplement une crise d'Ignorance ».
Ce rapport étant accessible librement sur le Net, je me permets d’en publier ici des extraits traitant de la problématique des réserves : « Ainsi, contrairement à ce qu'on pourrait penser les réserves identifiées (ou prouvées) n'ont jamais été aussi importantes qu'à l'heure actuelle. Les estimations varient entre 140 Gt (giga tonnes ou milliards de tonnes, équivalent à 1050 Gb ou giga barils) d'après le Oil and Gas Journal (OGJ) et 160 Gt (1200 Gb) d'après l'US Geological Survey (USGS). En se fondant sur la consommation actuelle de pétrole, ces chiffres nous mèneraient entre 53 et 63 ans de production.(…) La consommation totale cumulée de pétrole jusqu'au début de ce millénaire atteint 110 Gt (825 Gb), soit moins que les réserves prouvées.(…) Bien qu'une grande majorité du sous-sol terrestre ait été explorée, il est encore aujourd'hui très difficile de savoir s'il reste beaucoup de pétrole à découvrir ou pas. Les gisements aujourd'hui à maturité contiennent potentiellement beaucoup de pétrole qu'on ne sait pas encore extraire. En effet les taux d'extraction actuels sont d'environ 30%, et chaque point gagné au-delà est équivalent à environ trois ans de production, en considérant un stock mondial récupérable de 266Gt (1995,5 Gb).(…) En termes de réserves, une distinction est faite entre le pétrole conventionnel (celui exploité actuellement) et le pétrole non conventionnel (un pétrole qui pourrait être exploité dans le futur sous réserve de posséder les technologies adéquates et sous réserve d'un coût de production rentable).(…) En 2002 les coûts de développement des bruts conventionnels se situent entre 2 et 15 dollars américains le baril et ces coûts diminuent en moyenne de 1 dollar américain par an.(…) Dans le passé, l'exploitation off shore était considérée comme beaucoup trop chère et presque impossible, alors qu'aujourd'hui plus personne ne remet en cause la rentabilité de ces explorations et pour autant le prix du brut en terme réel ne s'est pas envolé.(…)
Les emplois ou l'environnement ?
Les sables asphaltiques constitueraient le plus grand gisement mondial de pétrole potentiellement exploitable avec une estimation à 40 Gt (300 Gb). Actuellement ces sables sont en partie exploités et représentent 34% de la production totale de pétrole au Canada. D'après l'entreprise Suncor qui exploite un gisement, le coût du baril de pétrole revient à 12,5 dollars américains. La quantité actuelle de réserves prouvées exploitables pourrait être sujette à modification non pas grâce à la découverte de nouveaux gisements mais grâce à l'amélioration du rendement d'extraction. Actuellement ce rendement se situe autour de 30%, chiffre qui, selon certains, pourrait atteindre 50 à 60% du fait des progrès technologiques ; ce qui entrainerait la réouverture de gisements considérés aujourd'hui comme épuisés.(…) L'Agence internationale de l'énergie (AIE) considère que la production de pétrole n'atteindra pas un maximum pour ensuite décroître dans les vingt prochaines années. Ces prévisions sont fonction de l'investissement de l'industrie pétrolière dans la recherche technologique. Toujours selon l'AIE, il serait nécessaire d'injecter 1000 milliards de dollars entre 2000 et 2010 afin de maintenir la production de pétrole avec la croissance de la consommation. ».
Un bémol toutefois, à l’heure où ce rapport a été rédigé, personne n’avait prévu l’effondrement des cours du pétrole en 2008 et 2009(5). L’extraction du bitume pourrait devenir de moins en moins rentable et refroidir l’enthousiasme des grandes compagnies… et sauver ainsi quelques milliers d’hectares de forêts canadiennes, mais pas les milliers d’emplois qui vivent du pétrole en Alberta… Cruel dilemme ! Faut-il sauver les emplois ou l’environnement ? Comment faire, en effet, pour que l’un ne soit pas la tombe de l’autre ?
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Nota :
- Le Rapport Infocomm (CNUCED/ONU) sur le pétrole : http://r0.unctad.org/infocomm/francais/petrole/descript.htm
Notes de bas de page :
(4) Architecte américain (1895-1983). Son « dôme géodisique » était exposée par le pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de 1967 à Montréal (Québec).
(5) En raison de la récession mondiale, le département américain de l’Energie prévoit une baisse de la demande de pétrole pour la première fois en un quart de siècle et estime que le cours du brut oscillera entre 30 et 40$ le baril (env. 160 litres) en 2009. Selon les dernières prévisions, la demande va baisser de 1 à 1,5 million de barils par jour.
Nota :
- Le Rapport Infocomm (CNUCED/ONU) sur le pétrole : http://r0.unctad.org/infoc
Notes de bas de page :
(1) Les cours du brut se sont effondrés en quelques mois : de 147,50 $ en juillet 2008, le prix du baril est passé au-dessous de la barre des 34 $ à New York à la mi décembre (le baril était déjà tombé à 39,50$ le 5 décembre à Londres).
(2) Créée en 1964, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement est la principale institution du système des Nations Unies pour le traitement intégré du commerce et du développement et des questions connexes concernant le financement, la technologie, l'investissement et le développement durable. Son objectif principal est d’intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale de façon à favoriser leur essor. Elle compte actuellement 192 membres. (Source : fiche CNUCED du Haut Conseil de la coopération internationale. Service du Premier ministre français.).
(3) On dit aussi sables bitumeux, ou asphaltiques.(4) Architecte américain (1895-1983). Son « dôme géodisique » était exposée par le pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de 1967 à Montréal (Québec).
(5) En raison de la récession mondiale, le département américain de l’Energie prévoit une baisse de la demande de pétrole pour la première fois en un quart de siècle et estime que le cours du brut oscillera entre 30 et 40$ le baril (env. 160 litres) en 2009. Selon les dernières prévisions, la demande va baisser de 1 à 1,5 million de barils par jour.
Mon essai La dernière Croisade. Des Ecolos aux Ecolomaniaques ! est édité aux éditions L’Arganier(sortie : novembre 2009).
mardi 15 septembre 2009
TAXE CARBONE : UNE USINE A GAZ ?

Toujours plus fort… l’invention d’une fiscalité écologique, « la taxe carbone » encore appelée (doux euphémisme) « contribution climat-énergie ». Rappel des faits : le 20 août 2009, le Premier ministre français François Fillon annonce avec fierté une mesure fiscale censée permettre de faire « d’énormes économies d’énergies » et donc, de lutter efficacement contre les émissions de carbone.
On doit cette idée géniale de « taxe carbone » à la commission de la contribution climat-énergie (CCE) présidée par Michel Rocard, actuel député du Parti socialiste européen et ancien Premier ministre sous François Mitterrand. Dans le rapport qu’elle a remis le 28 juillet 2009 au gouvernement français, la CCE préconisait une taxe de 32 euros par tonne de CO2. Dans le contexte de crise actuel, ce montant a été jugé trop élevé pour les ménages français. A compter du 1er janvier 2010, la taxe « verte » sera donc fixée à 17 euros (pour commencer…) soit une augmentation d’environ 4 centimes par litre d’essence à la pompe et de 4,5 centimes par litre de fioul et de gasoil. Elle devrait monter en puissance pour tripler entre 2010 et 2030 si cette proposition de la CCE est adoptée. De quoi effrayer les couches de la population les plus modestes!
Encore une fausse bonne idée donc… qui prévoit de faire payer aux riches, mais aussi aux plus pauvres (qui n’ont d’autre solution que d’utiliser leur auto pour aller travailler ou de se chauffer au fioul) un impôt supplémentaire sur leur consommation d’énergie. On parle bien d’énergie sans distinction puisqu’il est fortement question d’intégrer aussi l’électricité (à 80% d’origine nucléaire en France) dans le champ de la contribution. Mais tous les politiques ne s’entendent pas sur ce point.
Si l’on considère que les familles françaises assumeront à elles seules 51% du montant de la fiscalité écologique, les entreprises 40% et les administrations 9%, on peut s’interroger sur l’équité d’une telle mesure. Certes, l’Etat dans sa grande générosité devrait compenser cet « effort significatif » (pour citer M. Fillon) par une réduction de l’impôt sur le revenu et la redistribution de « chèques verts » aux ménages non imposables. Mais depuis quand oblige-t-on les pauvres à avancer de l’argent qu’ils n’ont pas à l’Etat ?!
Cette fois encore, posons-nous cette incontournable question : à qui profite le crime ? Pourquoi créer une nouvelle taxe maintenant ? Est-ce une conséquence du Pacte écologique signé par tous les grands partis candidats à l’élection présidentielle de 2007 ? Une preuve de la bonne volonté d’un gouvernement soucieux de respecter les engagements de la loi Grenelle Environnement ? Ou bien, n’est-ce pas plutôt une astuce de plus (l’introduction du péage sur les autoroutes et l’ancienne vignette automobile ayant déjà fait leurs preuves…) pour trouver de nouveaux financements à un système capitaliste en ruine ? On peut s’interroger sur le fait qu’aucune force politique n’ait trouvé de consensus autour d’une taxation possible des transferts financiers, ainsi que l’avait proposé le prix Nobel d’économie, l’économiste américain James Tobin , alors que cette ruine du système capitaliste a été causée par ceux-là mêmes qui continent de s’enrichir en toute liberté alors que le petit peuple, lui, ne cesse de s’appauvrir.
Pour les couches moyennes de la société, obnubilées par la préservation de leur pouvoir d’achat, cette taxe carbone -qui plus est, mal expliquée donc mal comprise- est perçue comme discriminatoire. « Injuste et insupportable » pour reprendre les mots employés par Ségolène Royal à ce propos. Impopulaire chez les citoyens de droite comme de gauche, cette nouvelle contribution socialement pénalisante risque bien d’être la goutte d’eau qui fera déborder le vase...
Notas :
La taxe Tobin proposée par James Tobin en 1972 visait à taxer les transactions monétaires internationales de 0,05 à 1%. Cette taxe, soutenue par un autre célèbre économiste américain, Joseph E. Stiglitz, a connu un certain succès au début des années 1990, mais l'idée semble être tombée dans l'oubli.
Photo empruntée au site : http://www.greenzer.fr/blog/8767-taxe-carbone.html
mardi 14 juillet 2009
ECOLOGIE ET GEOINGENIERIE : DES REMEDES PIRES QUE LE MAL ?

Selon l'Organisation Météorologique Mondiale (OMM), il existerait une centaine de programmes de modification du temps dans le monde. Depuis 2000, l'administration météorologique chinoise possède son propre Bureau de modification du temps. En prévision des JO de Pékin 2008, elle a travaillé pendant des mois sur un projet censé garantir un ciel sans nuage tout au long des Jeux. Chacun a pu juger sur pièce de l’efficacité du dispositif…
La géoingénierie, une baguette magique ?
Des chercheurs renommés travaillent sur des solutions de « dernier recours », comme aiment à les présenter les spécialistes de la question. Ceux qui ne jurent que par elle prétendent que la géoingénierie(1) permettrait aux scientifiques de contrôler le climat de la Terre tout entière. Selon John Schellnhuber, responsable du principal groupe de scientifiques du climat britannique, « La politique actuelle sur le climat semble ne pas fonctionner. Nous ne disons pas que nous avons la baguette magique, mais c'est une situation désespérée et les gens devraient commencer à penser à des moyens non conventionnels. Des projets préventifs à grande échelle sont nécessaires. » (The Guardian du 11 janvier 2004). Le rêve prométhéen selon lequel l’Homme serait fait pour conquérir le monde et le maîtriser a encore de beaux jours devant lui !
Une situation « désespérée » comme le soulignait encore l’économiste indien Rajendra Pauchauri, président du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat et prix Nobel de la Paix 2007 (qu’il partage notamment avec Al Gore) en septembre 2008 : « Il nous reste sept ans pour inverser la courbe des émissions de CO2 ». Pourquoi 7 et pas 10 ? tout simplement parce que le chiffre 7 est magique et fait appel à l’inconscient culturel et au religieux ?
Vers la manipulation climatique…
Parmi ces « projets préventifs à grande échelle » encore au stade préliminaire heureusement, certaines techniques de « manipulation climatique » planétaire sont dignes d’une superproduction de Georges Lucas. Ainsi, des chercheurs prévoient d’injecter (en se servant de ballons ou de fusées) des millions de particules réfléchissantes (des tonnes de soufre ou d’aluminium) dans la stratosphère pour limiter le rayonnement solaire et ainsi ralentir le réchauffement terrestre. Cette idée est née de l’observation des éruptions volcaniques. Les particules de dioxyde de soufre rejetées dans l'atmosphère par les volcans font chuter la température terrestre d’environ un demi-degré pendant quelques semaines, quelques mois ou même plusieurs années.
Réduire la température de manière significative est aussi l’objectif des scientifiques, qui tentent de réussir artificiellement un mécanisme obtenu naturellement par les volcans. Certains scientifiques imaginent l’humanité vivant sous une bulle climatisée géante filtrant les rayons solaires à l’aide d’un gigantesque voile ! Pour la bagatelle d’à peine un milliard de dollars par an, le projet Manhattan pour la planète d’Edward Teller prévoit ainsi l’installation d’un écran solaire géant autour de la Terre pour en détourner les rayons solaires.
Réduire la température de manière significative est aussi l’objectif des scientifiques, qui tentent de réussir artificiellement un mécanisme obtenu naturellement par les volcans. Certains scientifiques imaginent l’humanité vivant sous une bulle climatisée géante filtrant les rayons solaires à l’aide d’un gigantesque voile ! Pour la bagatelle d’à peine un milliard de dollars par an, le projet Manhattan pour la planète d’Edward Teller prévoit ainsi l’installation d’un écran solaire géant autour de la Terre pour en détourner les rayons solaires.
Des apprentis sorciers
Dans la famille « apprentis sorciers » signalons également John Latham du très sérieux Centre de recherche atmosphérique (USA) et son idée ahurissante de réaliser des milliers de turbines géantes qui augmenteraient le réfléchissement terrestre. Ces turbines seraient déployées sur les océans afin de blanchir les nuages en pulvérisant de l’eau salée dans les strato-cumulus et pourraient accroître la quantité de gouttelettes contenues dans les nuages. Avis aux généreux donateurs, M. Latham est toujours en quête de sponsors… La géoingénierie, qui ne semble pas beaucoup intéresser les médias, est une technologie improbable, susceptible de (dé)stabiliser le climat, et la perspective de dommages collatéraux risquant de découler de ces diverses expériences aurait franchement de quoi inquiéter le plus confiant des écocitoyens…
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(1) Dans les années cinquante, les officines privées de modification artificielle du temps ont testé la géoingénierie sur le secteur agricole, notamment pour déclencher des précipitations localement.
Ces questions de géoingeniérie sont abordées dans mon essai "La dernière Croisade. Polémiques sur l'écolomania" à paraître en octobre prochain.
vendredi 5 juin 2009
NE CONFONDONS PAS EMOTION ET COMPASSION

J’aimerais tant que l’émotion soit utilisée pour s’imaginer « à la place de… ». A la place de ceux qui n’ont que faire de nos messages alarmistes quand leurs enfants dépérissent sous leurs yeux. J’aimerais qu’on enseigne aux plus jeunes la compassion et l’empathie. Oui, nos émotions sont exacerbées. Mais ces émotions-là, ce n’est que du plaisir. On se fait plaisir. Cette émotion-là est vide de toute compassion, d’empathie, de générosité.
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Je viens de regarder « Home », le docu-film de Yann Arthus Bertrand en intégral sur Youtube. J'ignore combien a coûté ce film (et le livre), je sais seulement que « Home » a été financé à hauteur de 12 millions d'euros par M. François-Henri Pinault et qu'il est l'aboutissement de 3 ans de recherche et de travail. Le résultat esthétique est à la hauteur de nos espérances. Comment résister à de telles images ?
Yann Arthus Bertrand a parcouru 130 pays à la recherche de toutes ces beautés réunies dans une 1H34 de film. Comme Ulysse, Arthus a fait un long voyage… Il est vrai que, lorsqu’on sort de chez soi, ce ne sont pas ces images d’une planète magnifique et fragile qui sautent à la figure, mais plutôt celles de cités grises et de mines tout aussi grises des gens pressés et bien peu avenants.
L'émotion, la valeur sûre de ce début de 3ème millénaire...
Je viens de regarder « Home », le docu-film de Yann Arthus Bertrand en intégral sur Youtube. J'ignore combien a coûté ce film (et le livre), je sais seulement que « Home » a été financé à hauteur de 12 millions d'euros par M. François-Henri Pinault et qu'il est l'aboutissement de 3 ans de recherche et de travail. Le résultat esthétique est à la hauteur de nos espérances. Comment résister à de telles images ?
Yann Arthus Bertrand a parcouru 130 pays à la recherche de toutes ces beautés réunies dans une 1H34 de film. Comme Ulysse, Arthus a fait un long voyage… Il est vrai que, lorsqu’on sort de chez soi, ce ne sont pas ces images d’une planète magnifique et fragile qui sautent à la figure, mais plutôt celles de cités grises et de mines tout aussi grises des gens pressés et bien peu avenants.
L'émotion, la valeur sûre de ce début de 3ème millénaire...
J’ai aimé ce film. Forcément. Comment aurait-il pu en être autrement ? Tant de beauté vous tire des larmes d’émotion. C'est « irrésistible ». Je pense que ce film fait appel aux mêmes « ressorts » que les peintures sublimes des artistes de la Renaissance symbolisant des madones à l'enfant Jésus ou des scènes de la vie religieuse. La « promotion » d’une religion à travers l’art et la beauté. Personne ne peut résister à cela. Pas même moi… Ni les libre-penseurs des siècles passés qui ne pouvaient contenir leur émotion lorsqu’ils contemplaient les chefs d’œuvre de Leonard de Vinci ou s’abandonnaient aux voix cristallines donnant vie à des chants sacrés.
Assurément, « Home » fait appel à l’émotion. L’é-mo-tion, la valeur sûre du 3ème millénaire. L’émotion, ce sentiment qui a remplacé la raison dans nos sociétés dominées par le paraître plutôt que par l’être. Société de l’image et du zapping où la réflexion « tête froide » n’a plus sa place. Il faut « vibrer », réagir à chaud, laisser parler ses émotions… L’analyse, l’esprit critique, le doute,… ne sont plus à la mode. Ils sont pourtant indispensables pour se poser les bonnes questions et prendre les bonnes décisions. Or, j’entends ou je lis peu de réactions critiques, « pesées », documentées, peu de discours rappelant les vraies priorités, les urgences éminemment « urgentes ». Je constate que le populisme et la démagogie gangrènent nos sociétés ultra modernes, incarnés par des maîtres à penser au-dessus de tout soupçon et portés par des messages pédagogiques aussi beaux que culpabilisants.
Une émotion vide de compassion
J’aimerais tant que cette émotion soit utilisée pour s’imaginer « à la place de… ». A la place de ceux qui n’ont que faire de nos messages alarmistes quand leurs enfants dépérissent sous leurs yeux. J’aimerais qu’on enseigne aux plus jeunes la compassion et l’empathie. Oui, nos émotions sont exacerbées. Mais ces émotions-là, ce n’est que du plaisir. On se fait plaisir. Cette émotion-là est vide de toute compassion, d’empathie, de générosité. En effet, où est la compassion pour ceux qui meurent là-bas, si loin de nous ? Je sais que je vais encore faire grincer des dents, mais ainsi que je l’ai déjà maintes fois dénoncé dans mes articles et mon ouvrage à paraître en octobre prochain, où est-elle cette compassion qui devrait mobiliser notre énergie autour d’une plus grande cause encore, une cause urgentissime, à savoir : sauver les vies de nos frères humains qui peuvent encore être sauvées, maintenant, pas dans 50 ans ?
Ce film est sublime, oui. Et je le regarderai à nouveau parce que, comme vous, je ne peux résister à la beauté de ce « miracle de la nature » qu’est la vie sur Terre. Mais je refuse que cette beauté qui me submerge de tant d’émotion m’aveugle au point de me faire oublier que la compassion reste le plus beau témoignage d’amour que l’on puisse offrir à son prochain. Alors, oui, je regarderai ce film, encore et encore, mais sans le son, sans ces messages alarmistes qui effraient nos jeunes en prétendant que, si on ne fait rien maintenant : dans 10 ans il sera trop tard pour sauver la planète... Non, je ne veux pas penser uniquement aux générations futures, je veux penser aussi -et avant tout- à tous les « morts-vivants » d’aujourd’hui qui suscitent bien peu de compassion et d’empathie. Toutes ces pauvres âmes que les beaux discours sur l’environnement ont oubliées.
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