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samedi 3 avril 2010

Serge Galam : "Des scientifiques demandent une “police” de la science"


L'article original, que je me permets de reproduire ici, est en ligne sur le site de Causeur (publié le 3 avril 2010).

Des scientifiques demandent une "police" de la science : Allègre met le GIEC en surchauffe.

Lorsque j’ai eu connaissance, le 24 mars, de la première version de cette pétition qui était encore plus délirante que celle qui a été publiée, le contenu m’a semblé tellement grotesque , la démarche si hallucinante, que j’ai cru à un canular. Dans ce climat religieux, cette atmosphère d’inquisition, je n’arrive toujours pas à me défaire de l’idée que cette pétition était un poisson d’avril !

Ce n’était pas une blague. Le 1er avril, Libération a publié en “une” un appel de quatre cents scientifiques qui demandent aux plus hautes autorités scientifiques du pays de remettre de l’ordre dans la pratique de la science en France. Il leur est entre autres suggéré de réaffirmer leur confiance dans les travaux des signataires et de rétablir leur dignité, qui selon eux, aurait été bafouée dans les médias par une petite poignée de climato-sceptiques citant Claude Allègre et Vincent Courtillot. Tout cela au nom de l’éthique scientifique et d’un supposé pacte moral entre les chercheurs et la société.

Ce n’est pas le fond de la controverse scientifique qui est là en jeu. C’est la démarche qui est sidérante. En effet, si les signataires s’estiment victimes d’affirmations mensongères ou calomnieuses, cela relève de la loi. C’est donc à la justice, pas aux institutions scientifiques qu’ils doivent faire appel. Demander à celles-ci de trancher en désignant les bons et les mauvais est proprement effrayant quand on en envisage toutes les conséquences. Les signataires ont-ils réfléchi au précédent qu’ils ont créé ?

“Combien de divisions ?” Les climato-alarmistes se prévalent sans cesse de cet argument stalinien. Ainsi l’unanimité des 2500 scientifiques du GIEC (chiffre contestable d’ailleurs) aurait force de preuve, de même que le fait d’aligner 400 signatures démontrerait la validité scientifique des affirmations des pétitionnaires. Ce serait presque le contraire. Une avancée scientifique est toujours le fait que d’une ou quelques personnes. Comme je l’ai rappelé à maintes reprises, la science est amorale, elle ne se décide pas, ni au consensus, ni à la majorité, ni à l’unanimité. Elle se démontre, et c’est tout. Peu importe par qui et pourquoi. Et surtout, on ne tranche pas un débat scientifique, on le fait progresser.

Cette pétition n’a rien à voir avec la science, elle a à voir avec la police de la science. Des scientifiques – que l’on croyait fort sourcilleux sur leur liberté académique – demandent à leurs tutelles d’intervenir pour les défendre au nom de ce qu’ils appellent l’éthique scientifique. Ils accusent ceux qui ne sont pas d’accord avec eux d’oublier “les principes de base de l’éthique scientifique, rompant le pacte moral qui lie chaque scientifique avec la société”. Et dire que Galilée fut à l’honneur l’année dernière… Cela me rappelle cette phrase de Schumpeter sur le marxisme : “La qualité religieuse du marxisme explique également une attitude caractéristique du marxiste orthodoxe à l’égard de ses contradicteurs. À ses yeux, comme aux yeux de tout croyant en une foi, l’opposant ne commet pas seulement une erreur, mais aussi un péché. Toute dissidence est condamnée, non seulement du point de vue intellectuel, mais encore du point de vue moral.” Malheureusement, cette vision limpide énoncée dès 1942 n’a eu aucune influence concrète sur les nombreuses dérives du marxisme à travers le monde pendant plusieurs décennies, ce qui ne porte pas spécialement à l’optimisme.

Tout citoyen, et encore plus tout responsable devrait avoir à cœur d’œuvrer pour maintenir une stricte séparation, entre science et la religion bien sûr, mais aussi entre vérité et croyance scientifique. S’il est légitime que des scientifiques croient en leur modèle, cela n’en fait pas une vérité. La confusion des genres serait in fine néfaste pour toutes, et en plus ferait monter la “température humaine” de bien plus de deux degrés.

Lorsque j’ai eu connaissance, le 24 mars, de la première version de cette pétition qui était encore plus délirante que celle qui a été publiée, le contenu m’a semblé tellement grotesque , la démarche si hallucinante, que j’ai cru à un canular. Dans ce climat religieux, cette atmosphère d’inquisition, je n’arrive toujours pas à me défaire de l’idée que cette pétition était un poisson d’avril !.

Serge Galam

Serge Galam est physicien et inventeur du concept de sociophysique, auteur de "Les scientifiques ont perdu le Nord" (Plon, 2008).

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Ecouter aussi la réaction "à chaud de Vincent Courtillot interviewé par Virginie Garin sur RTL. Non, les climato-sceptiques ne sont pas seuls. Le lien direct vers le podcast.


vendredi 2 avril 2010

Vincent Courtillot répond à la pétition des climatologues



"Jusqu'à nouvel ordre, il n'y a pas de censure idéologique en sciences… La meilleure manière de critiquer nos résultats scientifiques n'est pas d'envoyer une pétition à des «tutelles» mais de soumettre par les mêmes voies des articles pour publication.".

Un extrait de l'interview publiée par Marc Mennessier dans Le Figaro du 2 avril 2010 : « Le Giec n'est pas le garant de la vérité scientifique ». Légitime mise au point du géophysicien et directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP), Vincent Courtillot (en médaillon) qui répond à la pétition des 400 chercheurs-climatologues(1).


Je vous recommande également la lettre adressée par le chercheur Benoît RITTAUD (auteur du livre Le Mythe Climatique. Ed. du Seuil) aux hautes instances scientifiques, en réponse à la pétition des 400 climatologues.
Extrait : "En dévoyant le sens du processus de relecture par les pairs, aussi bien qu’en soumettant votre travail à l’imprimatur de structures politiques, vous ne réalisez sans doute pas la portée de votre geste. Votre assaut dérisoire se fait au prix d’un précédent extrêmement dangereux, qui fragilise la science dans son ensemble et va contribuer à affaiblir plus particulièrement la climatologie. Nous touchons là à des idées qui vont bien au-delà du seul débat sur le climat : la place de la science, la liberté d’opinion.".


Ecouter aussi la mise au point de Serge GALAM, physicien, directeur de recherches au CNRS, auteur de "Les scientifiques ont perdu le Nord" (Plon, 2008)

invité de "C à dire", la quotidienne de Thierry Guerrier sur France 5.





A ce sujet, il est tout de même extraordinaire qu’aucun des journalistes (notamment Foucart, Huet, Haski,…) ayant reçu par courriel -et pour information le 30 mars- mon article publié le 29 mars sur mon blog et daté du 30 mars sur AgoraVox : « Climato-scepticisme : Galilée convoqué devant le Saint-Office ? » (avecplus de 250 réactions en une journée) n’ait eu la correction de citer cette source pourtant largement relayée par de nombreux réseaux… Un texte qui a mis le feu aux poudres en dévoilant l’existence de la pétition des chercheurs-climatologues (289 signataires à ce moment-là) ou plutôt une tentative de cabale éventée, qui a conduit les initiateurs à retravailler leur copie à la hâte et dans un esprit moins agressif. Lire mon article d’aujourd’hui sur AgoraVox : "400 climatologues en colère : 2 versions pour une même pétition !. La comparaison entre les 2 versions, à 2 jours d’intervalle, est assez stupéfiante… mais personne, à part moi, ne le remarquera bien sûr !

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«Le Giec n'est pas le garant de la vérité scientifique»

Source : Le Figaro.fr du 2 avril 2010

Par Marc Mennessier
02/04/2010 | Mise à jour : 19:21
Réactions (216)

INTERVIEW - Le géophysicien Vincent Courtillot répond à la pétition des climatologues.

Dans un courrier adressé jeudi à la ministre de la Recherche, Valérie Pécresse, 400 chercheurs spécialistes du climat se sont plaints des «accusations mensongères» portées contre eux par les climatosceptiques (voir nos éditions d'hier). L'un de leurs chefs de file, le professeur Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de physique du globe à Paris, nommément mis en cause, a accepté de répondre en exclusivité aux questions du Figaro.

LE FIGARO. Comment réagissez-vous à cette pétition?

Vincent COURTILLOT. J'y suis attaqué de manière profondément fausse et choquante. Je partage cet honneur avec Claude Allègre. Celui-ci n'a pas besoin de moi pour défendre son point de vue. Certes, une partie de nos conclusions sur la question de l'origine du réchauffement climatique sont proches, mais il a ses arguments et ses méthodes et moi les miens. Je me bornerai donc à répondre aux accusations explicitement portées contre moi.

Comme celle de porter des «accusations mensongères» à l'encontre de la «communauté» des climatologues…

Il faudrait d'abord définir les contours de cette communauté dont il est permis de se demander si elle ne s'est pas autodécrétée comme telle. Si deux de ses principaux leaders, Jean Jouzel et Hervé Le Treut, sont respectivement spécialistes de géochimie et de modélisation numérique, mes collègues et moi-même avons une grande expertise du traitement des longues séries de mesures en observatoire. Toutes ces approches ont quelque chose à apporter à la climatologie, science jeune et faite surtout de l'addition de nombreuses disciplines très diverses. Les pétitionnaires confondent (volontairement?) leur communauté avec le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). C'est lui dont je critique le mécanisme. Je maintiens que même avec les scientifiques les plus nombreux, un système de ce type ne garantit en rien de dire, à un moment donné, la «vérité scientifique». Celle-ci ne peut pas être le résultat d'un vote démocratique… Un seul avis contraire peut se révéler in fine exact. Le XXe siècle en regorge d'exemples: ainsi, dans mon domaine, celui de la dérive des continents, un Giec n'aurait su dire la vérité qu'avec soixante ans de retard!

Les signataires vous reprochent de douter de leur «intégrité»…

C'est faux. Je critique simplement les interprétations de certains d'entre eux. Est-ce désormais interdit en sciences? En outre, c'est oublier le fait que les «carbocentristes», comme les «climatosceptiques» d'ailleurs, ne parlent et ne pensent heureusement pas tous d'une seule voix. On gomme trop souvent les divergences utiles qui les opposent.

Avez-vous publié les résultats de vos travaux dans des revues scientifiques?

Le texte de la pétition me reproche en effet de n'être pas «passé par le filtre standard des publications scientifiques». Mais c'est encore une fois absolument faux! Six articles ont été publiés en cinq ans dans des revues internationales de haut niveau: Earth and Planetary Science Letters (EPSL), Comptes rendus de l'Académie des sciences et la dernière dans Journal of Atmospheric and Solar-Terrestrial Physics . Deux autres sont soumis à l'évaluation de nos pairs anonymes. Aucun n'a pour l'instant fait l'objet de critiques scientifiques, à l'exception d'un article dans EPSL il y a deux ans . Mais nous avons répondu, mes collègues et moi, point par point, dans la revue. J'ajoute que toutes nos études ultérieures n'ont fait que renforcer nos premières conclusions. C'est seulement après tout ce travail, effectué «dans l'ombre», que j'ai publié cet automne, dans le livre (1) visé par la pétition, le résumé de ces recherches.

Vous allez donc continuer...

Jusqu'à nouvel ordre, il n'y a pas de censure idéologique en sciences… La meilleure manière de critiquer nos résultats scientifiques n'est pas d'envoyer une pétition à des «tutelles» mais de soumettre par les mêmes voies des articles pour publication. Comme l'écrit mon collègue physicien Jean-Marc Lévy-Leblond, «que les signataires jugent nécessaire de faire appel aux pouvoirs politiques et administratifs pour étayer leurs positions revient à reconnaître le manque d'indépendance qui leur est reproché par leurs adversaires, et qui obère la fiabilité des travaux du Giec». Je n'oublie donc en rien «les principes de base de l'éthique scientifique», comme cela m'est reproché. Mes collègues et moi avons simplement contribué à ouvrir un débat qu'il était auparavant très difficile d'avoir.

(1) «Nouveau Voyage au centre de la Terre», Odile Jacob, septembre 2009.

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Lettre ouverte aux signataires de l’appel « Éthique scientifique et sciences du climat »

Benoît Rittaud
(Source : Le mythe climatique, le blog de Benoît Rittaud, le 1er avril 2010)

Messieurs les Académiciens,
Mesdames et messieurs les directeurs de centres de recherches,
Chers collègues,

Vous êtes à présent environ cinq cents à avoir signé cette pétition dont l’objet est d’obtenir une mise à l’index des livres de Claude Allègre et Vincent Courtillot de la part de vos ministres et organismes de tutelle. Vous invoquez pour cela le « pacte moral » qui lie les scientifiques à la société, et vous vous indignez d’accusations d’impostures, qui constituent pour vous une insulte à votre intégrité.

Le débat qui nous agite autour du climat est un débat fondamental, car de la manière dont la société décidera de le trancher pourrait découler une modification profonde de notre organisation sociale. La rigueur scientifique y est donc plus que jamais indispensable, et vous avez raison de parler de pacte moral entre la science et la société. L’un des éléments les plus essentiels de ce pacte est la stricte séparation entre le travail scientifique et la parole politique. Comme l’histoire des sciences le montre aisément, et comme l’avait déjà compris Max Weber, le mélange entre science et politique conduit immanquablement à un affaiblissement de la première. Personne parmi vous, sans doute, ne souhaite voir se répéter les errements auxquels a parfois conduit un tel mélange.
C’est pourtant à cela que, de manière sûrement involontaire, votre initiative conduit inévitablement. Votre pétition, en effet, demande expressément une réaction des structures référentes de la recherche publique. Qui donc, parmi vous, pense que l’honneur des scientifiques repose dans une prise de position que pourrait prendre un ministre sur la théorie scientifique que vous défendez ? À l’évidence, tout appui que vous pourriez recevoir sera logiquement interprété comme étant de nature partisane, ne faisant que refléter la réalité de jeux de pouvoir qui vous échappent. Où est donc la science dans tout cela ?

La forme de votre initiative est donc une double méprise. La première méprise consiste à demander au pouvoir politique de prendre parti contre des personnes ayant publié des livres. Cela s’apparente fort à une tentative d’entrave à la liberté d’expression. Plus grave encore, cette velléité de censure qui ne dit pas son nom s’appuie sur une invocation du « filtre standard des publications scientifiques », rapprochant ainsi de façon coupable les procédés de revue par les pairs d’une censure légale.
Comment a-t-il pu vous échapper que les éditions Plon, qui publient le livre de Claude Allègre, aussi bien que les éditions Odile Jacob, qui publient celui de Vincent Courtillot, ne sont pas, n’ont jamais été, et n’ont pas à être soumis au processus de revue par les pairs ? Ces deux éditeurs ont leur propre politique éditoriale, qu’ils délimitent de la manière qu’ils veulent. Ils n’ont en aucune manière à rendre des comptes au CNRS, au ministère de la Recherche, ou à n’importe quelle autre structure institutionnelle. Ces dernières n’ont pas davantage à donner leur avis dessus, sollicité ou non.
Bien sûr, la liberté d’expression n’est pas absolue, et un cadre existe pour en délimiter les contours. C’est cela qui amène à votre seconde méprise : avoir ignoré le rôle de la justice. Celui qui estime être l’objet d’une diffamation peut demander réparation à la justice, seule habilitée à trancher ce type de litige. Si celle-ci n’a certes pas pour rôle de trancher un débat scientifique, elle a en revanche celui de déterminer si telle ou telle déclaration a un caractère infamant. Il existe des cadres pour régler certains différents ou infractions à la loi, des espaces pour débattre (les médias) mais il n’existe heureusement plus un quelconque « droit divin » en vertu duquel on pourrait sanctionner pour délit d’opinion.

En dévoyant le sens du processus de relecture par les pairs, aussi bien qu’en soumettant votre travail à l’imprimatur de structures politiques, vous ne réalisez sans doute pas la portée de votre geste. Votre assaut dérisoire se fait au prix d’un précédent extrêmement dangereux, qui fragilise la science dans son ensemble et va contribuer à affaiblir plus particulièrement la climatologie. Nous touchons là à des idées qui vont bien au-delà du seul débat sur le climat : la place de la science, la liberté d’opinion.
Ainsi, vous avez fait un pas de trop. S’il est parfaitement légitime de votre part de vouloir défendre la justesse de votre cause et la rigueur de vos travaux, en aucun cas tout cela ne peut justifier un appel à la censure et à l’arbitraire. Il n’y a pas de science officielle dans ce pays, fut-elle publique. En invoquer une ne peut qu’accroître le doute et la confusion. La légitimité des travaux menés en climatologie passe par d’autres voies que la désignation à la vindicte de boucs émissaires, et il nous revient à tous de faire en sorte que ne s’éteigne pas une certaine idée de la science.

Benoît Rittaud.


vendredi 27 novembre 2009

La dernière Croisade ? - AgoraVox le média citoyen

La dernière Croisade ? - AgoraVox le média citoyen

LA TENTATION TOTALITAIRE ?

Les grands journaux radio, télé et papier se disent "d’information" alors qu’ils ne sont que des journaux d’opinion. Sinon, comment expliquer qu’ils relaient, sans mener d’investigation sérieuse, les grands mensonges de ce début de XXIème siècle : gros mensonge qui a "justifié" la guerre en Irak, gros mensonge de la pandémie de grippe A (H1N1), gros mensonge du GIEC sur le réchauffement. Au mépris de la quête de vérité, la course à l’audience ? Pire, le soutien à une cause idéologique.

C’est ce que j’appelle la tentation totalitaire... Quand l’idéologie remplace, dans les grands médias, l’information et la quête de vérité, on glisse insidieusement vers le totalitarisme. Mais la blogosphère veille ! Vous savez, « l’armée d’oisifs qui, chaque jour sur Internet, s’empare d’une nouvelle affaire Dreyfus » pour citer Solé (dans son billet « Sortez couverts ! » du 24/11/09 : http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-1107315,0.html). Et, que cela plaise ou non aux grands médias, il faudra bien compter avec elle !

Quand le quotidien dit "de référence", Le Monde, allume un contre-feu...

Les plus fervents relais du dogme écolomaniaque allument un contre-feu en réaction au Climategate : au moins une demi douzaine d'articles pro-réchauffement dans le journal Le Monde en moins de 48H :

- "Le réchauffement climatique pourrait atteindre 7 degrés en 2100" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/24/le-rechauffement-climatique-pourrait-atteindre-7-degres-en-2100_1271491_3244.html#ens_id=1271506

- "Yves Cochet : Pour le climat, "il faut réduire les allocations familiales à partir du troisième enfant" : http://www.lemonde.fr/planete/chat/2009/11/20/faut-il-faire-moins-d-enfants-pour-sauver-la-planete_1270074_3244.html#ens_id=1271028. (on voit carrément une proposition d'un retour au malthusianisme ! Du pur totalitarisme intellectuel qui ravira les Français moyens qui ont voté en masse pour les Verts aux Européennes...).

- "La fonte des glaces pourrait coûter jusqu'à dix crises financières" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/l-augmentation-du-niveau-de-la-mer-pourrait-couter-10-crises-financieres_1271072_3244.html#ens_id=1271021

- "Climat : "Les négateurs du réchauffement ignorent les faits établis". Une interview de Thomas Stocker, coprésident du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/climat-les-negateurs-du-rechauffement-ignorent-les-faits-etablis_1270788_3244.html#ens_id=1234881

- "Les courriels de climatologues divulgués pour les discréditer" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/23/les-courriels-de-climatologues-divulgues-pour-les-discrediter_1270700_3244.html#ens_id=1271020

- "La Terre de plus en plus mise à mal" : http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/11/24/la-terre-de-plus-en-plus-mise-a-mal_1271127_3244.html

- Un "tchat": Climat : comment sensibiliser les citoyens ?" : http://www.lemonde.fr/planete/chat/2009/11/23/climat-comment-sensibiliser-les-citoyens_1270729_3244.html#ens_id=1271066

Une réaction disproportionnée qui me semble pour le moins suspecte. De là à se demander si certains journalistes ne seraient pas un peu trop "impliqués" dans les manoeuvres du CRU pour être tout à fait impartiaux, il n'y a qu'un pas... Sinon, comment expliquer ce déluge de textes "pro-réchauffistes" dans un journal qui fait référence dans le monde entier pour ses analyses sérieuses et fondées sur des sources fiables ?

Il serait temps que la direction du Monde se reprenne et commande une véritable enquête sur cette affaire. Je rappelle que les scientifiques français qui doutent de la véracité du réchauffement comme Vincent Courtillot ou Claude Allègre (ah... j'ai cité le diable et son ange maudit ? Tant pis... je n'ai pas d'idées arrêtées sur l'authenticité ou non du réchauffement et j'aime avoir tous les sons de cloche !) n'ont toujours pas reçu de réponse à leur demande de se faire communiquer la base de données brutes exploitée par le CRU pour démontre leur thèse d'un réchauffement global. D'ailleurs, cette base aurait été détruite si l'on se fie aux révélations nées ces derniers jours, avec le Climategate...


- Vous voulez des explications claires et pédagogiques sur la question du réchauffement ?




lundi 23 novembre 2009

QUI VEUT LA PEAU DU SOMMET DE COPENHAGUE ?


Rappel des faits : jeudi 19 novembre 2009, la BBC annonce qu’un hacker a piraté le serveur courriels du CRU (Climate Research Unit) l'un des centres d’études climatiques de référence du GIEC. L’information est confirmée dans la foulée par Phil Jones qui dirige le CRU. Le pirate a aussitôt livré son butin, à la vue de tous, sur internet. Parmi les 1.073 mels reproduits par de nombreux sites et blogs, certaines révélations sont fracassantes : des personnalités influentes auraient supprimé des preuves, maquillé des résultats (données de température mais pas seulement), bref, manipuler de l’information scientifique dans le but d’étayer la thèse du réchauffement climatique.

L’ombre du financier-philanthrope Soros
George Soros, financier à la fortune aussi fulgurante que controversée, connu pour son ultra libéralisme et ses paris sur les devises -son attaque contre la livre sterling en 1990 a fait trembler les Britanniques- figure au nombre de ces personnalités influentes. On découvre, dans un courriel daté du 16 novembre dernier qu’il distribuerait ses ordres à ses troupes, tel un général. Le CRU, dans son communiqué confirmant l’authenticité* des courriels « piratés », indique curieusement que George Soros n’est aucunement impliqué dans le financement de ses recherches. Que peut-on alors déduire de ce courriel s’il est vraiment authentique ? Doit-on comprendre que des financiers seraient impliqués dans un financement « occulte » ? Sinon pourquoi le CRU se fendrait-il d’une justification que personne ne lui demande ? A la lecture de cet étrange tableur* Excel disponible sur le Net, c’est la question qui s’impose. L’enquête suit son cours…

A qui profite le crime ?
A qui profite le crime ? A qui profite l’écolomania ? A qui profite la religion du IIIème millénaire ? J’aborde ces questions dans mon livre « La dernière Croisade. Des Ecolos… aux Ecolomaniaques ! »(1) qui, par un heureux hasard, sort en librairie mardi 24 novembre, en plein « Climategate », pour reprendre le mot de la BBC, et à quelques jours de l’ouverture du Sommet de Copenhague(2).
Avec ce scandale, le monde entier va-til comprendre que ceux qui ont eu l’idée géniale du « réchauffement global » se fichent pas mal de l’écologie, de notre bien-être et de celui des « générations futures » ? Qu’ils ne servent qu’une seule cause, la leur, leur intérêt personnel (financier, pouvoir, notoriété, ambitions de carrière,…) ?
Surfent hardiment sur cette vague, les scientifiques qui se livrent une lutte acharnée pour obtenir les meilleurs budgets de recherche. De même que les entreprises, qui mettent les « écolabels » à toutes les sauces. En effet, le marché du « vert » est colossal, mais il ne doit pas pour autant ruiner les profiteurs des énergies fossiles (pétroliers, filière automobile,…) qui commencent à investir dans les énergies renouvelables, notamment la pile à combustible, pour un jour exploiter ce bon filon… mais pas trop tôt. Seulement quand les réserves de pétrole seront épuisées !
Sans surprise, les politiques eux aussi se sont engouffrés dans la brèche. Les gouvernements utilisent l’épouvantail du réchauffement comme une arme de contrôle et de « manipulation massive » (diviser pour mieux régner…). Ils profitent également de la peur collective pour créer une nouvelle taxe… pour la bonne cause, bien sûr. Par exemple, cette taxe carbone à laquelle n’échapperont même pas les plus pauvres.
Réalité ou tartufferie, la croisade menée par les « climat-alarmistes », relayée à grands renforts de médias, camoufle les vrais problèmes écologiques (impacts de la pollution à moyen et long terme, accès à l’eau potable, développement des énergies alternatives, pauvreté, famines, maladies,…) dont on pourrait pourtant venir à bout si une vraie volonté politique existait.

Pourquoi maintenant ?
Une question importante demeure pour l’instant sans réponse : pourquoi un hacker s’attaque-t-il au CRU à la veille du Sommet de Copenhague ? Le hacker est-il manipulé et, si oui, par qui ? Si certains courriels ont été trafiqués, c’est d’autant plus intriguant. Une falsification semble pourtant peu probable puisque M. Jones du CRU a confirmé la véracité des courriels tout en précisant qu’ils, hors de leur contexte, n’avaient pas le même sens. Qui a intérêt à dénigrer une opération qui semblait pourtant vouée au succès ? Les lobbies automobiles ? Les lobies pétroliers ? Certains scientifiques climat-sceptiques ? Les pouvoirs politiques qui ne peuvent pas tenir leurs promesses et considèrent que la petite blague est allée trop loin ? Les pays non signataires de l’accord sur le CO2 : les gros pollueurs comme les Chinois, les Etats-Unis ou l’Inde, qui refusent de s’engager sur une baisse de leurs émissions de gaz à effet de serre ?
Souhaitons au moins que cet emballement écolomaniaque, qui dure depuis 2002(3) et risque bien d’exploser en vol… permettra de poser les bonnes questions, en particulier de repenser notre rapport aux autres, à la nature et à nous-mêmes. Il serait dommage que tout ce travail de « sensibilisation » à l’écologie se termine en queue de poisson parce que des prédicateurs du dogme « vert » auraient abusé les braves gens. Si la manipulation des données scientifiques était démontrée, toutes ces bonnes volontés qui commençaient à adopter un mode de vie plus écologique et les « jeunes générations » au nom desquelles les bonimenteurs agissent, risquent bien de rejeter l’écologie en bloc.
Des bonimenteurs qui risquent aussi de servir d’exutoire au peuple. Exaspéré d’être culpabilisé en permanence et taxé en temps de crise économique, il ne demandera qu’à se défouler. « Tel le dompteur de bêtes sauvages, le maître du rite déchaîne les monstres qui le dévoreront s’il n’en triomphe pas par des prouesses perpétuellement renouvelées(4). ». Il est peu probable que les « maîtres du rite », désormais attaqués de toute part, parviennent à s’en sortir par une simple pirouette.

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(1) Editions L’Arganier. Sortie en librairie le 24 novembre 2009. Plus d’infos sur : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=185&Itemid=188
(2) Les dirigeants de 190 pays se rencontreront à Copenhague au Danemark du 7 au 18 décembre 2009 pour essayer de se mettre d’accord sur une convention mondiale pour remplacer le protocole de Kyoto.
(3) Le 2 septembre 2002, Jacques Chirac donne le coup d’envoi avec son discours, inspiré par Nicolas Hulot, « La maison brûle et nous regardons ailleurs… » au Sommet mondial du développement durable de Johannesburg.
(4) Le Bouc Emissaire. René Girard. (Grasset, 1982).

*Notas :
- Le "vrai-faux?" courriel émis par George Soros : http://coeruleus.blogspot.com/2009/11/fridays-sciencee-news-commentary.html
- Le tableur : http://spreadsheets.google.com/ccc?key=0Ah4XLQCleuUYdFIxMnhMNnlXb2JQcDZUendjUXpWWUE&hl=en

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Pour information :
- “The CRU hack” : http://www.realclimate.org/index.php/archives/2009/11/the-cru-hack/
- “Hacked: Hadley CRU OI2009 Files” : http://motls.blogspot.com/2009/11/hacked-hadley-cru-foi2009-files.html
- « Hackers target leading climate research unit ». BBC, nov. 20, 2009 : http://news.bbc.co.uk/2/hi/science/nature/8370282.stm
- « Explosion d’une bombe dans le landernau réchauffiste. Vers un ClimateGate ? ». javascript:void(0)Par Vincent Bernard de l’Institut Turgot, 21 novembre 2009 : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-bombe-dans-le-65413
- "Climategate : nouvelles révélations spectaculaires" par Vincent Bernard, AgoraVox 24/11/09 : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/climategate-2-nouvelles-65542
- Global warming petition : 31.000 Scientifiques declarent que le réchauffement climatique est un mensonge sans fondement scientifique (OISM) : http://www.oism.org/pproject/
- 4 000 Scientifiques signent L'appel de Heidelberg (Science & Environmental Policy Project) : http://sepp.org/policy%20declarations/heidelberg_appeal.html



Vous voulez des explications claires ?

dimanche 27 septembre 2009

CHARITE BIEN ORDONNEE COMMENCE PAR SOI-MEME...


« Dans mon livre, je pose des questions simples et j’essaie d’y répondre. Doit-on accepter, sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? Doit-on dénoncer les excès d’une religion qui cherche à imposer « sa » vérité coûte que coûte ou l’accepter sans discuter ? A qui profite le crime, autrement dit, à qui profite l’écolomania ? ». Ces propos* sont ceux de Véronique Anger, auteur de La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !.


Michel Lavergne : Tu es française… tu vis à Québec, qui es-tu Véronique Anger-de Friberg ?
Véronique Anger : Je suis journaliste et auteur. Il suffit de taper mon nom dans Google pour trouver des infos sur moi sur internet, sur mes sites. Je rédige une publication en ligne, Les Di@logues Stratégiques, depuis 2000.
Je suis aussi très active sur Facebook, qui est une « annexe » dynamique de mon blog. C’est d’ailleurs grâce à Facebook que j’ai rencontré mon éditeur, Nicolas Grondin des éditions L’Arganier, qui publie mon livre, La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !, le 24 novembre prochain dans la collection « Pertinences ».

Je vis depuis quelques années au Québec, avec mon écrivain de mari Patrick de Friberg… et mes 2 chiens, au milieu de la nature. Sur les falaises et dans la montagne vivent des animaux sauvages : des orignaux, des ours, des loups, des gros chats, des coyotes,… On a parfois la chance de recevoir la visite d’un cerf de Virginie et de sa compagne. Un renard a élu domicile dans le jardin, de même que des marmottes, des ratons laveurs, des castors, des écureuils, un tas de petites bêtes qui cohabitent avec mes 2 chasseurs… L’été, on remonte la rivière jusqu’aux chutes et on se baigne avec les castors et les truites ! Pour qui aime la nature sauvage, c’est un endroit magique. Tu connais le Québec mieux que moi… tu vois ces couleurs qui démarrent. C’est splendide ! Si on a de la chance, tu filmeras peut-être une formation d’oies en route vers le sud… Cet instant où les oies survolent le fleuve au printemps et à l’automne, c’est un instant magique et émouvant. Si je devais quitter le Québec et ne retenir qu’une image, ce serait celle-là.

ML : Pourquoi ce livre ? Quel a été l’élément déclencheur ?
VA : Je citerais 3 éléments déclencheurs. Tout d’abord, le célèbre discours prononcé par le président Chirac au Sommet de la Terre à Johannesburg, « La maison brûle et nous regardons ailleurs », en septembre 2002. J’ai compris qu’on entrait dans une nouvelle dimension… Ensuite, le lynchage médiatique du scientifique Claude Allègre, en réaction à son article publié dans L’Express en octobre 2006 et dans lequel il osait émettre des doutes sur les causes profondes du réchauffement climatique. Enfin, les remarques angoissées de mon neveu Tristan et de ses camarades d’école (12 ans en 2007) qui se demandaient comment ils pourraient survivre jusqu’à 50 ans dans un monde aussi pollué. L’un d’eux a même menacé de se suicider si les gens ne se décidaient pas à faire plus d’efforts pour sauver la planète! On ne cesse de leur asséner que la planète est en surchauffe et promise à la destruction. Là, j’ai dit « stop ! » et j’ai décidé de réagir en commettant ce pamphlet.
Je refuse de m’associer à cette « mise en scène de la peur » pour reprendre l’expression du philosophe Michel Serres . La peur fait vendre. La peur de manquer, de souffrir, de mourir, la peur d’avoir peur... L’instrumentalisation de la peur reste une arme de choix et, comme le disait Machiavel, « qui contrôle la peur contrôle les âmes »… Je dénonce le messianisme à la Al Gore, repris en France par Yann Arthus Bertrand notamment, devenu le grand messie de la cause climatique avec son film Home auquel je consacre d’ailleurs un long passage critique dans mon livre.
Je mets aussi en garde contre les dangers du dogmatisme et j’établis un parallèle entre le discours religieux et le discours écologiste alarmiste. Je démontre que le vocabulaire religieux, les références aux croyances et aux peurs millénaristes, la crainte du châtiment divin (la fin de l’humanité qui a péché reste une valeur sûre…), la nature sacrée de Mère-nature, les rituels sociaux, la volonté d’imposer une définition du bien et du mal, la pensée magique, la désignation de boucs émissaires,… sont autant de signes qui évoquent l’émergence d’une nouvelle religion intolérante. Vous avez trop joui de la vie, trop bouffé, trop fumé, trop consommé, trop pollué,… ? Vous irez en enfer !

Si la religion constitue un lien social, elle peut aussi conduire à la désagrégation d’une société fragilisée en temps de crise. Et le monde est en crise. Il cherche des responsables à tous ses maux. Quand des leaders charismatiques parviennent à convaincre une majorité d’individus angoissés qu’un groupe bien identifié (de préférence la minorité qui doute ou pose des questions dérangeantes) nuit à la communauté tout entière, cela ne peut conduire que vers une seule issue : la violence collective et le sacrifice de boucs émissaires. La foi obligatoire ou le châtiment ; la foi fervente ou le bûcher… Le climatologiquement correct, c’est la croisade des Temps modernes. C’est la religion du IIIème millénaire.

ML : Tu veux dire que tu n’es pas d’accord avec les théories scientifiques des écolo-alarmistes ?
VA : Je ne suis pas une scientifique, encore moins une spécialiste du climat. Je te dirais, qu’à la limite, je me contrefiche de savoir qui a raison ou tort... Je suis consciente, comme la plupart des populations des pays riches, qu’il faut modifier nos comportements et nos modes de consommation, arrêter de gaspiller les ressources naturelles, se montrer plus respectueux vis-à-vis de ceux qui manquent de tout et mieux répartir les richesses. Cela ne se discute même pas pour moi.
Je pose un regard de citoyen. Un citoyen qui s’estime légitime pour s’exprimer librement sur le dérèglement climatique. En tant que professionnelle habituée à décrypter les phénomènes sociaux, il m’a également paru intéressant d’apporter un regard novateur et de partager une analyse très documentée sur un phénomène unique en son genre par son caractère universel et admis comme incontestable par la plupart des gouvernements de la planète.

Ce que je dénonce, ce ne sont pas les thèses plus ou moins fumeuses sur le réchauffement, ou le fait que nous en serions ou non responsables. C’est qu’il est devenu impossible dans la France d’aujourd’hui de débattre sans s’écharper, sans se haïr. Il est interdit de s’opposer aux discours dominants (cela n’est pas propre à la religion écolomaniaque, c’est vrai aussi en politique où le sectarisme est devenu la norme). On est pour ou contre, on ne voit plus qu’un allié ou un ennemi et non un adversaire ou un défi à relever, celui de convaincre avec des arguments pesés et fondés sur des sources fiables. On est celle ou celui qu’il faut soutenir ou abattre. De plus en plus, le débat donne l’impression d’un combat à mort… La liberté de penser autrement existe de moins en moins. Quand un système privilégie la culpabilité qui inhibe à la responsabilité qui rend libre, je m’inquiète, et je pose des questions simples auxquelles je tente de répondre : Doit-on accepter, sous prétexte de bonnes intentions un nouveau dogme religieux ? Doit-on dénoncer les excès d’une religion qui cherche à imposer « sa » vérité coûte que coûte ou l’accepter sans discuter ? A qui profite le crime, autrement dit, à qui profite l’écolomania ?

ML : … et alors, à qui profite le crime ?
VA : Et bien, pour le savoir, il faudra lire le livre… Mais, ce qui est sûr, c’est que le « vert » est dans le fuit… Plus sérieusement… pendant que la foule crie au loup, on ne s’occupe pas des urgences. Au nom des générations futures, on est en train de sacrifier les nécessiteux sur l’autel du développement durable. En dépit des beaux discours, on ne parvient pas à gérer à la fois nos urgences et les leurs. Des êtres humains, dont le seul tort est d’être loin de nos yeux donc loin de nos cœurs, sont martyrisés ou meurent de faim dans une indifférence quasi générale. On ne peut résoudre plusieurs problèmes à la fois, alors on fait le choix –conscient ou non- d’ignorer ces millions de gens en espérant que leur sacrifice permettra au moins de sauver le reste de l’humanité.
En 2008, 119 millions de personnes de plus se sont retrouvées dans une situation de famine et, au total, ce sont 967 millions qui souffrent de malnutrition selon le dernier rapport Oxfam. Pourtant, contrairement aux promesses faites par les pays développés en avril 2008 (suite aux « émeutes de la faim ») la mobilisation internationale ne s’est pas ou peu concrétisée. Les pays riches sont trop occupés à gérer la crise des subprimes...

Dans une discussion, si vous osez faire remarquer que l’importance de la cause climatique l’emporte sur l’urgence de sauver ceux qui meurent aujourd’hui, vous trouverez toujours un donneur de leçons pour vous affirmer que l’un ne va pas sans l’autre évidemment. Si c’était vrai, où sont donc les dons, promis la main sur le cœur, pour lutter contre la faim ? Il semblerait bien que, en dépit des beaux discours, charité bien ordonnée commence par soi-même…

*Propos recueillis par courriel par Michel Lavergne, le 25 septembre 2009. Véronique Anger vivait alors au Canada.


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Notas :

- La VIDEO de présentation de "La dernière Croisade. Des Ecolos... aux Ecolomaniaques !" par l'auteur : http://www.youtube.com/user/angerdefriberg

- Lire le "PITCH" et le SOMMAIRE du livre : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=185&Itemid=188

Pré-commander le livre sur Amazon : http://www.amazon.fr/gp/product/2912728967?ie=UTF8&tag=axiopole-21&linkCode=as2&camp=1642&creative=19458&creativeASIN=2912728967
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Variations sur le même thème :

- Taxe carbone, une usine à gaz ? : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/taxe-carbone-une-usine-a-gaz-61658
- Du pétrole, mais pas beaucoup d'idées... : http://www.facebook.com/veronique.angerdefriberg?ref=name#/note.php?note_id=273557215152&ref=mf ou http://blog.veroniqueanger.org
- Juste le temps de construire un monde (« Notes de voyage en écosocialisme ») : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=179&Itemid=182
- Ecologie et lutte contre la pauvreté, c’est possible ! http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=177&Itemid=180
- Ne confondons pas émotion et compassion : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=178&Itemid=181
- « Home de Yann Arthus Bertrand : La grande pandémie de l’écolomania »: http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=176&Itemid=179
- « Energies propres : combien ça coûte ? » : http://blog.veroniqueanger.org/
- « Qui veut la peau de l’auto 100% électrique ? » : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=174&Itemid=177
- « Autos vertes, c’est déjà demain ! » : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/autos-vertes-c-est-deja-demain-55487
- « Claude Allègre, hérétique ? » : http://www.lesdialoguesstrategiques.com/index.php?option=com_content&task=view&id=2&Itemid=3


A LIRE AUSSI : "VERS UN CLIMATE GATE ?" de Vincent Bernard de l'Institut Turgot : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/explosion-d-une-bombe-dans-le-65413?debut_forums=200#forum2318573

jeudi 17 septembre 2009

DU PETROLE, MAIS PAS BEAUCOUP D'IDEES


Si les simples citoyens sont prêts à changer leurs comportements et à abandonner les énergies fossiles pour des carburants propres, les lobbies pétroliers eux n’y ont évidemment aucun intérêt. Ils n’y renonceront vraisemblablement pas avant d’avoir vendu jusqu’à la dernière goutte de leur or noir dont la perspective de pénurie et les coûts de prospection et d’extraction pouvaient, jusqu’à ce que le prix du baril chute de manière vertigineuse(1), justifier la flambée des prix.


Quand y'en a plus...
Or, ces vingt dernières années, les réserves mondiales d’hydrocarbures ont triplé. Coup de théâtre, les sols, au lieu d’être épuisés comme on nous l’assure régulièrement, regorgeraient de nappes de pétroles pour un siècle au moins ! On peut lire dans le rapport Infocomm (Information de marché dans le secteur des produits de base, diffusée sous logo CNUCED) sur la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement(2) que les réserves de pétrole évoluent sans cesse.

Ainsi, on a récemment découvert des gisements gigantesques au Canada, dans la région Nord de l’Alberta (les fameux sables bitumineux(3)) devenue la deuxième plus grande source de production de pétrole brut de synthèse au monde (estimée à 80.000 km2, soit plus de 174 milliards de barils) et dans la zone d’Anticosti (sous le golfe du Saint-Laurent jusqu’à Terre-Neuve) ; au large de la Côte d’Ivoire, au Nigéria, au Congo, au Gabon, au Tchad et au Soudan ; en Alaska et tout récemment au Brésil. Bref, quand il n’y a plus de pétrole, il y en a encore… En revanche, ce sont les idées qui, cette fois, semblent manquer ! Comme le disait Richard Buckminster Fuller(4) , créateur de la fameuse « Biosphère » de Montréal : « Il n'y a pas de crise de l'Energie, mais simplement une crise d'Ignorance ».

Ce rapport étant accessible librement sur le Net, je me permets d’en publier ici des extraits traitant de la problématique des réserves : « Ainsi, contrairement à ce qu'on pourrait penser les réserves identifiées (ou prouvées) n'ont jamais été aussi importantes qu'à l'heure actuelle. Les estimations varient entre 140 Gt (giga tonnes ou milliards de tonnes, équivalent à 1050 Gb ou giga barils) d'après le Oil and Gas Journal (OGJ) et 160 Gt (1200 Gb) d'après l'US Geological Survey (USGS). En se fondant sur la consommation actuelle de pétrole, ces chiffres nous mèneraient entre 53 et 63 ans de production.(…) La consommation totale cumulée de pétrole jusqu'au début de ce millénaire atteint 110 Gt (825 Gb), soit moins que les réserves prouvées.(…) Bien qu'une grande majorité du sous-sol terrestre ait été explorée, il est encore aujourd'hui très difficile de savoir s'il reste beaucoup de pétrole à découvrir ou pas. Les gisements aujourd'hui à maturité contiennent potentiellement beaucoup de pétrole qu'on ne sait pas encore extraire. En effet les taux d'extraction actuels sont d'environ 30%, et chaque point gagné au-delà est équivalent à environ trois ans de production, en considérant un stock mondial récupérable de 266Gt (1995,5 Gb).(…) En termes de réserves, une distinction est faite entre le pétrole conventionnel (celui exploité actuellement) et le pétrole non conventionnel (un pétrole qui pourrait être exploité dans le futur sous réserve de posséder les technologies adéquates et sous réserve d'un coût de production rentable).(…) En 2002 les coûts de développement des bruts conventionnels se situent entre 2 et 15 dollars américains le baril et ces coûts diminuent en moyenne de 1 dollar américain par an.(…) Dans le passé, l'exploitation off shore était considérée comme beaucoup trop chère et presque impossible, alors qu'aujourd'hui plus personne ne remet en cause la rentabilité de ces explorations et pour autant le prix du brut en terme réel ne s'est pas envolé.(…)

Les emplois ou l'environnement ?
Les sables asphaltiques constitueraient le plus grand gisement mondial de pétrole potentiellement exploitable avec une estimation à 40 Gt (300 Gb). Actuellement ces sables sont en partie exploités et représentent 34% de la production totale de pétrole au Canada. D'après l'entreprise Suncor qui exploite un gisement, le coût du baril de pétrole revient à 12,5 dollars américains. La quantité actuelle de réserves prouvées exploitables pourrait être sujette à modification non pas grâce à la découverte de nouveaux gisements mais grâce à l'amélioration du rendement d'extraction. Actuellement ce rendement se situe autour de 30%, chiffre qui, selon certains, pourrait atteindre 50 à 60% du fait des progrès technologiques ; ce qui entrainerait la réouverture de gisements considérés aujourd'hui comme épuisés.(…) L'Agence internationale de l'énergie (AIE) considère que la production de pétrole n'atteindra pas un maximum pour ensuite décroître dans les vingt prochaines années. Ces prévisions sont fonction de l'investissement de l'industrie pétrolière dans la recherche technologique. Toujours selon l'AIE, il serait nécessaire d'injecter 1000 milliards de dollars entre 2000 et 2010 afin de maintenir la production de pétrole avec la croissance de la consommation. ».

Un bémol toutefois, à l’heure où ce rapport a été rédigé, personne n’avait prévu l’effondrement des cours du pétrole en 2008 et 2009(5). L’extraction du bitume pourrait devenir de moins en moins rentable et refroidir l’enthousiasme des grandes compagnies… et sauver ainsi quelques milliers d’hectares de forêts canadiennes, mais pas les milliers d’emplois qui vivent du pétrole en Alberta… Cruel dilemme ! Faut-il sauver les emplois ou l’environnement ? Comment faire, en effet, pour que l’un ne soit pas la tombe de l’autre ?

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Nota :

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Le Rapport Infocomm (CNUCED/ONU) sur le pétrole : http://r0.unctad.org/infocomm/francais/petrole/descript.htm

Notes de bas de page :
(1) Les cours du brut se sont effondrés en quelques mois : de 147,50 $ en juillet 2008, le prix du baril est passé au-dessous de la barre des 34 $ à New York à la mi décembre (le baril était déjà tombé à 39,50$ le 5 décembre à Londres).
(2) Créée en 1964, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement est la principale institution du système des Nations Unies pour le traitement intégré du commerce et du développement et des questions connexes concernant le financement, la technologie, l'investissement et le développement durable. Son objectif principal est d’intégrer les pays en développement dans l'économie mondiale de façon à favoriser leur essor. Elle compte actuellement 192 membres. (Source : fiche CNUCED du Haut Conseil de la coopération internationale. Service du Premier ministre français.).
(3) On dit aussi sables bitumeux, ou asphaltiques.
(4) Architecte américain (1895-1983). Son « dôme géodisique » était exposée par le pavillon des Etats-Unis à l’exposition universelle de 1967 à Montréal (Québec).
(5) En raison de la récession mondiale, le département américain de l’Energie prévoit une baisse de la demande de pétrole pour la première fois en un quart de siècle et estime que le cours du brut oscillera entre 30 et 40$ le baril (env. 160 litres) en 2009. Selon les dernières prévisions, la demande va baisser de 1 à 1,5 million de barils par jour.

Mon essai La dernière Croisade. Des Ecolos aux Ecolomaniaques ! est édité aux éditions L’Arganier(sortie : novembre 2009).